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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 01:25

Peut-on associer violence et sacré, religion et sagesse, ferveur et exaltation, dogme et fanatisme?
Le débat sur France Culture entre Ali Benmakhlouf ( qui avait eu droit à une émission entière déjà le vendredi précédent ) et Rémi Brague a été savoureux; Adèle Van Reeth en a été prise de panique !
Ali Benmakhlouf se réclame de la philosophie analytique ( mais il a déjà abusé de la logique des propositions « verum sequitur quodlibet » [ « une proposition vraie suit de n’importe quelle proposition »] pour soutenir que « toutes les possibilités sont ouvertes », mais ce n’est vrai que pour le faux! ), de Wittgenstein et de Foucault, oubliant que dans L’usage des plaisirs Michel Foucault fait l’apologie de l’amour des garçons passifs par un homme plus mûr et actif ( chapitre IV, p. 243- 292 ).
Ali Benmakhlouf veut associer la « Voie », « le Chemin » coranique ( la « Chari‘a » [ la « Loi islamique » ]; seule occurrence de ce mot dans la sourate 45, 18 ) à la sagesse philosophique antique et soutenir qu’aucune sagesse ne peut justifier l’appel au meurtre. D’où le problème de la tolérance. Rémi Brague fait remarquer que les sourates de La Mecque sont plus tolérantes que celles de Médine mais que ces dernières abrogent les premières ! Il y a une gradation de plus en plus forte comme dans les prohibitions religieuses sur l’alcool : 1.Ne pas être ivre à la Mosquée; 2. Il serait préférable de ne pas en boire; 3. Interdiction totale. Il signale aussi les contradictions entre les versets. Adèle Van Reeth court au secours d’Ali Benmakhlouf en affirmant que ce n’est pas rédhibitoire. Rémi Brague pointe que le Coran est sensé être la parole de Dieu, éternel, omniscient et qui donc prévoit tout [ c’est même l’idée du « mektoub » ( « c’était écrit » sourate 3, 145, dans « Le Livre de Dieu » sourate 33, 6; « Le Livre de la prédestination » sourate 6, 38 ). Ali Benmakhlouf [ que j’ai entendu, lors d’une conférence, nier le « mektoub » dans le Coran ! ] passe alors au [ troisième ] calife, Othman, qui a constitué le premier « corpus » coranique, en évoquant quelques légendes. Il oublie de dire que ce très gros livre de 80 kilos, 1487 feuillets, n’a ni ponctuation, ni voyelle, et qu’Othman sera assassiné ( tout le monde n’était donc pas d’accord ! ), tout comme Ali, gendre de Mohammed, assassiné lui aussi, qui revendiquait le califat et qui donne une autre organisation du Livre et adjoint de très nombreux « hadiths » [ paroles et gestes attribués par la tradition à Mohammed ].
J’aimerais ajouter, ce que personne n’a dit toute cette semaine ( ni avant ) qu’en 1972, il y a eu l’écroulement du toit de la Grande Mosquée de Sanaa au Yémen où étaient cachés des centaines de fragments de Coran du premier siècle de l’Islam. Ce sont « des squelettes de consonnes » difficiles à lire et à interpréter; il n’y a pas de ponctuation, de titre des sourates qui sont dans des séquences différentes de celles actuelles ; il y a des palimpsestes ( on a effacé et ré-écrit par-dessus mais on voit une écriture en-dessous ); l’orthographe est déficiente; et aussi il n’y a pas que de l’arabe, mais du babylonien et de l’araméen [ langue parlée par Jésus, sorte de dialecte juif employé encore en Syrie ( s’il reste des personnes qui possèdent cet idiome )! ]. Il me semble que ce documentaire diffusé par Arte en 2009 était plus pertinent que la série de fiction américaine « House of cards » qui ne concernait que Le Lévitique directement.
Il y a aussi les photographies qui datent de 1920- 1930 de Gottelf Bergstramer de milliers de pages des premiers Coran, « Corpus Coranicum », avec les problèmes des « transformations » au cours des temps; que l’on croyait détruites en 1944 par les bombardements de l’Académie de Bavière, mais les négatifs avaient été cachés !
On en vient au cœur du problème avec la sourate 9 verset 5 où il s’agit de tuer, capturer, assiéger, piéger…Ali Benmakhlouf admet que c’est « une sourate violente » mais il ajoute qu’il s’agit de nouer la violence et le sacré [ allusion à l’ouvrage de René Girard ? ] et se replie sur « le monothéisme pur » ( « Al-Ihlas » ) de la sourate 112. Ali Benmakhlouf soutient que la prière quotidienne est pacifique. Rémi Brague dit qu’il faut en venir donc à la sourate première [ « Al-Fatiha », « Ouverture » ] que récitent tout le temps les croyants et qui se termine ainsi : « ceux qui ont encouru la colère de Dieu [ les Juifs ] et ceux qui se sont égarés [ les Chrétiens ] ». Et il se trouve que la sourate 9, « violente », reconnue comme telle par tous, est la dernière révélée et qu’elle annule par conséquent toutes les précédentes plus clémentes !
Enfin, Ali Benmakhlouf se réfère à la sourate 2, 256 [ Al-Baqarah ]: « pas de contrainte en matière de religion ». Mais alors Rémi Brague reprend une idée d’Ali Benmakhlouf : tout est une question de langage comme le dit Wittgenstein. Seulement alors cette sourate est-elle le commandement qu’il n’y ait pas de contrainte en matière de croyance religieuse ou faut-il l’interpréter qu’au contraire le croyant est ancré dans sa religion et ne peut alors en changer, ce qui n’est plus un ordre mais une constatation de l’impossibilité de sortir de sa propre croyance : il n’y a pas de contrainte possible en matière de religion. De toute façon, cette sourate 2, 256 est abrogée par la sourate « violente » 9, 5 ! Il lui dit : « Vous êtes coupable d’associationnisme, cher Ali ». Ce qui est terrible puisque précisément la sourate 9, 5 proclame : « Tuez les associationnistes où que vous les trouviez ».
En ce moment, en Irak, à Mossoul, on détruit les « idoles » mésopotamiennes, les sculptures, chefs-d’œuvre du patrimoine mondial, qui associent le divin à des déités, à coup de bulldozer et de masse ( actions que l’on peut voir sur des films de propagande des destructeurs eux-mêmes ! ).
Key Word : la tolérance, la violence, contrainte et religion. Key Names : Bruno Ulmer, Gottelf Bergstramer, René Girard, Ludwig Wittgenstein, Michel Foucault. Key Works : Patrice Tardieu : Religion positiviste, socratique, chrétienne, islamique, juive, bouddhiste, klossowskienne, Philo blog du 26 août 2007 ( et beaucoup d’autres, j’ai publié 68 articles à ce jour sur la religion ). Gottelf Bergstramer : Corpus Coranicum. Bruno Ulmer, Documentaire, 2009, sur Arte. René Girard, La Violence et le Sacré. Wittgenstein, Investigations philosophiques, Michel Foucault, Histoire de la sexualité, 2, IV.
Patrice Tardieu.

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 21:42

Ténèbres, vide, désir; l’Un sans l’Être, Temps, Néant; eau, souffle; Genèse hindouiste, Rikveda.

Il y a une sorte de « Genèse » hindouiste qui commence ainsi: « Il n’y avait pas l’Être, il n’y avait pas le Non-Être en ce temps ». Les concepts les plus importants sont posés: l’Être et le Temps, le Néant, suivis des interrogations suivantes: « Il n’y avait espace ni firmament au-delà. Qu’est-ce qui se mouvait? Où, sous la garde de qui? Y avait-il l’eau profonde, l’eau sans fond? ». La question de l’espace, de « l’accouchement », de l’ontogenèse à partir des eaux, de « thalassa », « la mer », est là aussi. Et peut-être l’absence de Dieu, contrairement au début du Pentateuque. « Ni la mort n’était en ce temps, ni la non-mort ». L’être-à-la-mort n’est pas… « Pas de signe distinguant la nuit du jour ». Les ténèbres donc comme dans la Bible. « L’Un respirait sans souffle mû de soi-même, rien d’autre n’existait au-delà ». On trouve ici la préfiguration du concept de l’Un sans l’Être, le « ei en estin » de la première hypothèse du Parménide de Platon, « l’Un purement un » mais avec cette touche orientale du souffle, le QI, si important dans le Taoïsme chinois. « A l’origine les ténèbres couvraient les ténèbres, tout ce qu’on voit n’était qu’onde indistincte. Enfermé dans le vide, l’Un, accédant à l’Être, prit alors naissance[…] ». On passe à la deuxième hypothèse du Parménide de Platon: « en ei estin », « l’Un, s’il est », l’Être de l’Un. « Il se développa d’abord le Désir, qui fut le premier germe de la pensée, cherchant avec réflexions en leurs âmes, les Sages trouvèrent dans le non-être le lien de l’Être ».Il ne manquait plus à cette réflexion et très beau texte que le lien du Désir et de la Pensée.

Key word

: espace, ontogenèse, mer, mort, non-mort, absence de Dieu.

Key names

: Platon, Aristote, Heidegger, Ferenczi.

Key works

: Rikveda, X, 129. Ancien Testament, Genèse. Platon, Parménide, première et seconde hypothèse; Banquet (naissance d’Éros, du Désir). Aristote, Métaphysique Z (Dieu moteur immobile). Heidegger, Être et Temps. Sandor Ferenczi, Thalassa.

Patrice Tardieu

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 23:00

Théophanie de Krishna excellence de tout ce qui est: l’Himalaya, le Gange, la Vache d’abondance.

Arjuna demande à Krishna de se dévoiler, de retirer donc des yeux des humains le voile d’illusions qui le recouvre, lui l’ultime Demeure, la purification Suprême, la Vérité absolue, l’Etre primordial, originel et absolu. Krishna va révéler sa propre théophanie. Sa gloire se manifeste en ce qu’il est l’excellence de toute chose: le soleil pendant le jour, la lune la nuit, parmi les montagnes l’Himalaya, parmi les fleuves le Gange, parmi les bêtes sauvages le roi des animaux, parmi les êtres humains le monarque, parmi les chefs de guerre le Dieu de la guerre, parmi les vaches la Vache d’abondance, parmi les arbres le figuier, parmi les serpents celui qui s’appelle « Infini »[ « l’Ouroboros » grec]. Mais il est aussi la foudre destructrice, la tempête et l’orage, le gavial [reptile crocodilien de dix mètres aux mâchoires longues et étroites de l’Inde], et le leurre, le trompeur, dans les jeux de hasard (de dés). On voit que « l’excellence » ici est à prendre avec l’extension maximum, comme chez Vilfredo Pareto. Quant au « Dieu de la guerre » rappelons que le pluriel « Tseva ‘ot » ( « des armées ») est en apposition à Yhwh [Yahvé], ‘Elohê ou ‘Adonaï (les trois principaux noms de Dieu), presque trois cent fois dans l’Ancien Testament.

Key word

: le voile d’illusion retiré, théophanie, gloire, excellence.

Key names

: Arjuna, Krishna. Vilfredo Pareto.

Key works

: La Bhagavad-Gîtâ, X, 12-36. Ancien Testament, Isaïe, Jérémie, Zacharie. Vilfredo Pareto, Traité de sociologie générale, les Systèmes Socialistes, Mythes et Idéologies.

Patrice Tardieu

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 22:54

Félicité transcendante suprême; Krishna amant, ami, refuge des existences subjectives. Aurobindo.

Vient alors une longue énumération faite par Krishna de diverses dispositions de l’être humain. On pourrait les ranger en deux catégories selon moi. La première, comme étant des attributs positifs: raison, savoir, certitude, patience, véracité, continence, quiétude, douceur( « ahimsâ », non-nuisance, valeur suprême dans le jaïnisme), équanimité, munificence. La seconde comme étant ambivalente: plaisir et douleur, naissance et mort, intrépidité et crainte, joie et peine, louange et opprobre, que Krishna assume totalement: « Toutes de Moi seul procèdent ». Comme le fait remarquer Shrî Aurobindo, toutes les existences subjectives sont alors des « devenirs du Divin », aussi bien dans l’ombre que dans la lumière. Et il ajoute ce commentaire théologique: nous n’avons pas affaire à un théisme « précautionneux ». Krishna est « leur Amant, leur Ami, leur Refuge ». Mais peut-on dire, avec cette exégèse, qu’Il conduit toutes les créatures vers une félicité transcendante suprême? On sait les terribles réincarnations que provoque le karma.

Key word

: dispositions de l’être humain, attributs positifs, catégorie ambivalente, existences subjectives, lumière et ombre, théisme.

Key names

: Shrî Aurobindo, Krishna.

Key works

: Shrî Aurobindo, Essays on the Gîtâ. La Bhagavad-Gîtâ, X, 4-5.

Patrice Tardieu

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 23:25

Dieu, le Non-Né, rien n’est favorable en ce monde. Rester muet, silencieux, le mystique. Wittgenstein.

Se pose le problème de l’origine de Dieu. « Écoute encore, Ô héros aux bras puissants, mon ami », dit Krishna à Arjuna, et il lui explique que les multitudes de divinités ou dieux ( « devas ») du soleil, des pluies, du feu et les grands « sages » ou « voyants »( « rishis ») ne connaissent pas sa nativité car il est leur source. En fait, il est « non-né » ( « ajam ») et sans commencement. On pourrait penser ici qu’une « mystique au sens propre serait nécessaire, c’est-à-dire au sens étymologique du verbe grec « mueô », rester muet, silencieux; initié à ce mystère du Dieu inconcevable. Pourtant Krishna nous dit qu’il est le Souverain des mondes, et même qu’il est le créateur de Brahmâ et de Shiva. Enfin on sait qu’il a pour mère Devakî, et pour père Vâsudêva et qu’il est venu au monde sous forme de nourrisson. En réalité, il ne faut pas se laisser tromper par l’illusion matérialiste et réussir à arriver au « renoncement » ( « sannyâsa ») des suites de nos actions coupables ou vertueuses pour nos vies futures car rien n’est favorable en ce monde.

Key word

: origine de Dieu, divinités, sages, Dieu inconcevable et pourtant sous forme humaine, rien n’est favorable en ce monde matériel.

Key names

: Krishna, Arjuna, Brahmâ, Shiva, Devakî, Vâsudêva.

Key works

: La Bhagavad-Gîtâ, X, 1-3. Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, §§6.41 à 7 [le « mystique »].

Patrice Tardieu

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 23:35

Homme le plus pervers doit être cru saint homme, jour de colère, Dom ou Rom ou tsigane.

Vient tout à coup peut-être « le secret d’entre les secrets » qui va nous guérir, Dieu est totalement indifférent: « Je suis égal pour tous les êtres; je n’ai pour eux ni haine ni amour ». On est très loin du « Dies irae » de la messe de Requiem: « Jour de colère que ce jour-là, où le monde sera réduit en cendres[…].Quelle terreur nous saisira lorsque la créature ressuscitera examinée rigoureusement ». « L’homme le plus pervers, s’il vient à m’adorer », dit Krishna, « doit être cru saint homme ». De même les « vaisyas » (la troisième caste[ «varna »], commerçants et agriculteurs), les « sûdras » (la quatrième caste, ouvriers, artisans, artistes dont les « Dom » chanteurs et danseurs de l’Inde, ancêtres des « Rom », à moins qu’ils ne fassent parti des « intouchables » puisque « tsigane » signifie cela en grec byzantin), les hors-castes à cause de leur Karma passé qui leur a imposé la pire des naissances, ainsi que les femmes. Il est donc nécessaire et suffisant d’adorer Krishna pour parvenir jusqu’à sa Demeure.

Key word

: indifférence, ni haine ni amour, jour de colère, troisième, quatrième caste, hors-caste, tsigane.

Key name

: Krishna.

Key works

: Berlioz, Verdi, Requiem, le « Dies irae ». La Bhagavad-Gîtâ, IX, 1 et 29-34.

Patrice Tardieu 

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 23:11

Sacrifice du guerrier, du sang, objet providentiel de la guerre, la terre soulagée, Georges Dumézil.

L’argumentation de Krishna se poursuit ainsi: « ce que tu fais, ce que tu manges, ce que tu sacrifies, ce que tu donnes, ce que tu infliges, ô fils de Kuntî [ mère d’Arjuna], fais m’en l’offrande ». Or le sacrifice que Krishna demande à Arjuna, c’est la guerre fratricide sur le champ de bataille, le sacrifice du sang. Ceci permettra sans doute de comprendre pourquoi toute la première partie de Mythe et Épopée I, de Georges Dumézil, qui porte sur la totalité du Mahâbhârata, s’intitule « la terre soulagée », où il donne cette brève mais décisive explication: tout est fait « en vue de la grande guerre, celle-ci ayant pour objet providentiel de soulager la terre d’un surpeuplement qu’elle ne peut tolérer ». Telle est donc la fonction de la guerre qui ne peut s’expliquer que par le « sacrifice » de nombreuses vies humaines derrière tous les prétextes historiques, politiques, sociaux, économiques ou autres… Ceci éclairera peut-être aussi l’étrange dédicace qui évoque la guerre fratricide de 1914-1918.

La conclusion de Krishna est décisive: « Tu seras dégagé du lien de tes actions, que leurs fruits soient bons ou mauvais; et avec une âme toute à la sainte Union, libre, tu viendras à Moi ». « La guerre est divine » comme le disait Joseph de Maistre.

Key word

: faire, sacrifier, infliger, guerre fratricide, grande guerre pour soulager d’un surpeuplement que la terre ne peut tolérer.

Key names

: Joseph de Maistre. Georges Dumézil. Krishna, Arjuna, Kuntî.

Key works

: Joseph de Maistre, les Soirées de Saint-Pétersbourg, septième entretien. Dumézil, Mythe et Épopée, I, p.35. La Bhagavad-Gîtâ, IX, 27-28. Le Mahâbhârata.

Patrice Tardieu

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 23:38

Voie vers le paradis: ne pas aspirer au bonheur; repas végétarien ou bien sacrifice de bétail?

Mais quels hommes seront « sauvés »? Les sages qui ont étudiés les trois Védas, qui ont bu la liqueur sacrificielle (absorbée uniquement par les officiants brahmanes), le « sôma » (à l’origine nectar d’immortalité des dieux), qu’ils pourront consommer à la table du roi des dieux, Indra, au paradis. Mais même eux, ayant épuisé leurs actions méritoires (purification des fautes, accomplissement du sacrifice) retourneront au séjour des mortels parce qu’ils n’ont aspiré qu’au bonheur. Quant à ceux qui adorent d’autres divinités, ils honorent Krishna aussi puisque, au bout du compte, c’est lui qui préside à tous les sacrifices, mais ils ne connaissent pas son essence, et ils rechutent dans la réincarnation. Chacun n’ira donc pas plus loin que sa propre croyance dans les dieux, les ancêtres divinisés ou les esprits élémentaires. Vient ensuite le verset suivant: « Quand on m’offre une feuille, une fleur, un fruit ou de l’eau, je les reçois pour aliments comme une offrande pieuse ». Deux interprétations sont ici possibles: polémique contre le brahmanisme avec ses sacrifices de cheptel entier trop ostentatoire et « donnant-donnant », ou bien indication d’un repas végétarien pour l’homme-Dieu?

Key word

: les officiants brahmanes, le sôma, désir de bonheur à proscrire, rechute dans la réincarnation, l’offrande.

Key names

: Indra, Krishna.

Key work

: La Bhagavad-Gîtâ, IX, 20-26.

Patrice Tardieu

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 23:54

Magistrale anaphore de Krishna: Je suis l’oblation, la halte, l’immortalité et la mort, l’être et le néant…

Il va y avoir la distinction entre les mahatmas qui reconnaissent Krishna comme l’origine immuable des êtres et ceux qui lui offrent leur savoir sur son unité, son unicité et sa multiplicité, lui qui a d’innombrables visages tournés dans toutes les directions. S’ouvre alors une magistrale anaphore que prononce Krishna: « Je suis le sacrifice, je suis l’oblation, je suis l’offrande aux ancêtres; je suis l’herbe du salut qui guérit; je suis l’hymne sacré[ mantra]; je suis l’onction; je suis le feu sacrificiel dirigé vers le ciel; je suis la victime qui brûle ». « Je suis le père de ce monde, sa mère, son époux, son aïeul. Je suis l’objet du savoir, la purification par le feu, le mot mystique « Ôm! »; le verset, le chant, la prière[ les trois premiers Védas] ». « Je suis le chemin et le but, le soutien, le maître, le témoin, la demeure, le refuge, l’ami. Je suis la naissance et la destruction de l’existence; la halte; le réceptacle; la semence immortelle ». « Je donne la chaleur, je retiens et je répands la pluie. Je suis l’immortalité et la mort, je suis l’être et le néant ». On comprend pourquoi les hindouistes apprennent par cœur ces versets.

Key word

: unité, unicité, multiplicité; objet du savoir, semence immortelle, être et néant.

Key name

: Krishna.

Key works

: Les Védas ( le Rig, le Yajur, le Sâma, l’Atharva). La Bhagavad-Gîtâ, IX, 13 à 19. Platon, Timée, 48 e, 51 b [Khôra, le réceptacle].

Patrice Tardieu

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 22:05

Démons nocturnes anthropophages, des régions infernales. Incarnation de Krishna homme et Dieu.

Comment se fait alors l’émanation des « choses mobiles et immobiles » du monde, étant donnée la « liberté d’indifférence » de Krishna vis-à-vis des actions des hommes? En principe, en tant qu’Être suprême, il ne peut intervenir directement dans celles-ci, il n’en serait que « le surveillant général », laissant les trois Gunas, Sattva-Guna, Vertu, Rajo-Guna, Passion, et Tamo-Guna, Ignorance, tirer les ficelles (les êtres humains n’étant que des marionnettes, hypothèse que l’on trouve dans Les Lois, I, 644d, de Platon, tiraillées de tous côtés). Mais alors comment se fait-il qu’il soit aux côtés d’Arjuna en tant que cocher de son char? Son incarnation au milieu d’un champ de bataille, prenant parti et conseillant Arjuna de combattre sa propre famille, pose problème. D’où l’opposition que cela suscite: « Revêtu d’un corps humain, les insensés me dédaignent, ignorant mon essence suprême qui commande tous les êtres ». La réponse de Krishna est cinglante: « Leur espérance est vaine, leurs œuvres sont vaines, leur science est vaine; leur pensée s’est égarée ». Ces mécréants « sont sous la puissance turbulente des Raksas[ démons nocturnes anthropophages] et des Asuras[ démons des régions inférieures] ».

Key word

: émanation des choses mobiles et immobiles que Dieu surveille, les êtres humains marionnettes des Gunas, Vertu, Passion, Ignorance. Les mécréants.

Key names

: Sattva-Guna, Rajo-Guna, Tamo-Guna, Krishna, Arjuna. Les Raksas, les Asuras. Platon.

Key works

: La Bhagavad-Gîtâ, IX, 10-11. Platon, Les Lois, I, 644d.

Patrice Tardieu

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