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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 10:59

Sade à l’origine de la Prise de la Bastille, criant depuis une des tours qu’on égorgeait les détenus.
Fernando Pessoa n’était qu’un modeste employé de bureau à la vie insignifiante. Ce n’est pas le cas du marquis de Sade né en 1740 qui passe son enfance avec le prince de Condé qui n’a que quatre ans de plus que lui ; il est confié ensuite à l’abbé de Sade près de L’Isle-sur-Sorgue. Il fait ses études à Louis-Le-Grand à Paris, sous la férule des Jésuites. Il participe ensuite à la guerre de Sept ans contre l’Allemagne. Il épouse Renée Pélagie de Montreuil et anime un théâtre. Il n’a que vingt-trois ans qu’il est incarcéré pour « débauche outrée et impiété horrible » et surveillé ensuite par un inspecteur ; ce qui ne l’empêche pas de se lier à des actrices et de donner des fêtes au château de Lacoste. A vingt-six ans, un rapport note que, dans sa petite maison à Arcueil, il n’y a que scandale et débauche. Le 3 avril 1768, c’est « l’affaire Rose Keller » qui porte plainte pour avoir été déshabillée de force puis flagellée. Il est mis en prison puis assigné à résidence. Il commence sa carrière d’écrivain et ne fait plus parti de l’armée. Le 27 juin 1772 éclate le « scandale de Marseille », aphrodisiaques, fouet, sodomie, les « filles » portent plainte à la police. Sade s’enfuit en Italie, avec sa belle-sœur, Anne Prospère de Launay, chanoinesse, dont il est amoureux ! De nouveau une perquisition est faite au château de Lacoste mais Sade se sauve. En 1774, il voyage avec sa femme et engage six adolescents ( cinq filles et un garçon ) qui, de nouveau, participent à des orgies qui pourraient le conduire, selon Sade lui-même, à être écartelé sur la roue par quatre chevaux ! Encore une fois, il part en voyage, et visite Florence, Rome et Naples. De retour, il fait des « boutonnières » avec un canif dans la peau d’une jeune servante locale qu’il prénomme « Justine » ; le père de celle-ci menace, pistolet en main, Sade, qui se fait arrêter à Paris. Il est sous le coup d’une lettre de cachet du roi qui l’emprisonne à Vincennes, le 13 février 1777 ; il a trente sept ans. Sade cherche à annuler, par la cour de cassation d’Aix-en-Provence, la peine encourue, qui commue la condamnation à mort en une forte amende et une admonestation ; oubliant qu’une lettre de cachet qui envoie en prison, elle, n’est pas révocable. Il est repris, s’échappe, et finalement se retrouve dans les donjons de Vincennes. Il y écrit son Dialogue [ philosophique ] entre un prêtre et un moribond, où le libertinage triomphe ! Et commence Les Cent Vingt Journées de Sodome, d’une violence sexuelle jamais dépassée.
A quarante quatre ans, le 29 février 1784, il est transféré à La Bastille, au deuxième étage d’une tour. Il roule le manuscrit des Cent vingt Journées dans un étui qu’il glisse, semble-t-il, dans l’interstice d’un mur. C’est alors que son action est décisive pour l’histoire de la France ! Le témoignage du gouverneur de La Bastille coupe toute indécision et est précis à propos de Sade : « Il s’est mis hier midi à sa fenêtre, et a crié de toutes ses forces et a été entendu de tout le voisinage et des passants, qu’on égorgeait, qu’on assassinait les prisonniers de la Bastille, et qu’il fallait venir à leurs secours. Il a récidivé ses cris et ses plaintes bruyantes ». Cette lettre étant datée du 9 juillet 1789, et adressée au gouvernement, les cris de Sade ont commencé le 8 juillet ( « hier » ) et se sont prolongés ( « récidive » ) le 9, peut-être les 10, 11, 12, ou même le 13 juillet 1789 ! Sade est sans doute à l’origine de La Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 [que nous célébrons tous les ans ! ] et de l’assassinat du gouverneur peu sûr de lui-même et maladroit, qui a parlementé avec la foule ! En tout cas on ne peut affirmer avec Michel Delon que Sade ait été transféré le 2 juillet 1789 puisqu’il a harangué le peuple le 8 et le 9 juillet 1789 du haut de La Bastille. Sans doute, on ne veut pas que Sade soit à l’origine de la prise de La Bastille ! De plus, « libérer La Bastille » avait quelque chose d’absurde car les prisonniers peu nombreux étaient des aristocrates comme le marquis de Sade, mis là par lettre de cachet du roi, avec visites de proches ou de parents ( comme Madame de Sade qui lui apportait des livres et des friandises ) ! Et la Bastille était une prison, elle n’était pas un dépôt d’armes et de poudre ! Mais la tête du gouverneur indécis a fini sur une pique !
Je n’ai rien contre Michel Delon auquel j’avais envoyé mon article « Jouissance inhumaine, Sade, Lacan, Hegel », au moment de la parution du premier volume des Œuvres de Sade dans les éditions La Pléiade, qui a repris, dans le troisième volume ( introduction, p. XIX ), mon expression à propos des Cent vingt journées de Sodome dont il est, selon moi, « difficile de sortir indemne ».
Poursuivons la biographie du « divin marquis ». Il attend encore huit mois en prison l’abolition des lettres de cachet. Il se met en ménage avec une actrice, Marie Constance Quesnet, fréquente Stanislas de Clermont-Tonnerre et le salon de monarchistes constitutionnels, il est modéré et réformiste et veut réussir au théâtre, mais les révolutionnaires, les « bonnets rouges » [ comme les gardes rouges de Mao ] imposent leur « ligne juste », et sabotent la pièce de Sade. Du coup, pour se masquer, Sade fait mine d’être du côté des « bonnets rouges » sur la Place Vendôme devenue Place des « Piques » [ sur lesquelles on enfourche les têtes ] et fait un vibrant hommage à Marat « assassiné », et des « martyrs de la Révolution », le 9 octobre 1793 ! Advient la Terreur, et Sade qui est sur la liste de Fouquier-Tinville le 27 juillet 1794, est condamné à mort, mais il échappe à la « charrette » de ceux qui vont être guillotinés car il est marqué « absent » dans la prison où on le cherche ! Sous le Directoire ( 1795 - 1799 ), il est accusé à tort d’avoir été un de ces aristocrates émigrés revenus de l’étranger ; sous le Consulat ( 1799 - 1804 ) puis sous l’Empire ( 1804 - 1814 ), c’est-à-dire sous le général Bonaparte qui devient ensuite Napoléon Premier, Sade est enfermé, sans passer devant une quelconque instance judiciaire, à la prison de Sainte Pélagie, puis à l’hospice pour aliénés de Bicêtre, enfin à celui de Charenton ! Dernier ouvrage de Sade : Les Journées de Florbelle, œuvre brûlée à la demande de son fils ! Seule consolation pour Sade : il faisait jouer les malades mentaux devant un public venu observer ces « monstres » !
Key Word : Débauche outrée, impiété, scandale, flagellation, aphrodisiaque, orgie, lettre de cachet, donjon, prisons, asile d’aliénés.
Key Names : Fernando Pessoa, Marquis de Sade, le Prince de Condé, l’abbé de Sade, Renée Pélagie de Montreuil, Rose Keller, Anne-Prospère de Launay, la jeune servante Justine, le gouverneur de la Bastille, Marie Constance Quesnet, Stanislas de Clermont-Tonnerre, Fouquier-Tinville, Napoléon-Bonaparte.
Key Works : Patrice Tardieu, Fureur sexuelle, férocité, baisers semblables à des fouets, chair lacérée, érotisme mystique, Pessoa, Philo blog 7 juillet 2016 ; Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes, Philo blog 22 juin 2016 ; Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury, Philo blog 12 juin 2016 ; Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote, Philo blog 26 mai 2016 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016.
Fernando Pessoa, Ode Maritime ; Sade, Justine ou les malheurs de la vertu ; Peter Brook ( film, 1966 ) , L’assassinat de Jean-Paul Marat tel que monté par les patients de l’asile de Charenton sous la direction du marquis de Sade ( d’après la pièce de Théâtre de Peter Weiss, 1963 ).
Patrice Tardieu











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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 11:15

Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes.
Après le souhait impossible de Madame d’Esterval de déranger le cours des astres et son impuissance à outrager la Nature, Sade réfléchit sur la mort apparente et les convulsions des « cadavres », et se lance dans une scène scatologique lubrique, tout en ressuscitant la petite Cécile pourtant déjà assassinée. Il continue à faire l’éloge de Justine : « il n’est pas dans la société une plus belle fille, une plus douce, une plus vertueuse que celle-là », mais il lui fait dire : « Oh juste ciel ! Je serai donc toujours un objet de douleur et de scandale. Hâte-toi de trancher mes jours, Être suprême ; j’aime cent fois mieux la mort que l’horrible vie que je mène ». Cela me rappelle ce que l’on appelait dans l’antiquité grecque « la sagesse du Silène » : mieux vaut « ne pas être né, n’être pas, n’être rien, et mourir bientôt » ; c’est le « mè phunaï » ( « ne pas naître » ) d’Œdipe dans Sophocle où le chœur chante « mieux vaut cent fois n’être pas né » ( Œdipe à Colone , quatrième épisode, vers 1224 ). Il est question aussi de « contrat » signé, et « d’éducation » ( par des « instituteurs » scélérats ), ce qui n’est pas sans évoquer Rousseau ( en négatif ) et son Émile ou De l’éducation ; il s’agit « d’automatiser les âmes » ( allusion aux automates créés par Vaucanson en particulier « le joueur de flûte » ). Suit alors une scène que l’on pourrait qualifier de « surréaliste » où l’imagerie sadique se déploie : on fait mettre à une femme un « bonnet singulier » ; elle est séparée de son mari que par « la plus mince cloison » pour qu’il se délecte de ses hurlements ! Le crâne de la malheureuse est affublé « d’un casque à tuyau, organisé de manière que les cris que lui faisaient jeter les douleurs dont on l’accablait ressemblaient aux mugissements d’un boeuf ». Le mari demande : « Que diable lui font-ils donc, pour la faire beugler ainsi ? » alors qu’il est le commanditaire de ce supplice et qu’il avoue qu’en laissant tout deviner, sans rien voir, à son imagination, celle-ci est beaucoup plus forte que la perception de la scène en question ! On pourrait rapprocher cette torture de celle de Phalaris qui enfermait ses victimes dans un taureau d’airain, sculpté par Périllos, surchauffé. Rappelons que Phalaris était ce tyran d’Agrigente, de 569 à 549 avant J.C., qui se délectait précisément de ces gémissements aussi « suaves » pour lui que la plus belle mélodie !
Roland Barthes s’est intéressé à ce passage de Sade ( dans Sade, Fourier, Loyola ; Sade II, le casque ) qu’il commente de la manière suivante : « sans rien lui ôter de son pouvoir signalétique [ c’est le « jargon » linguistique habituel de Barthes dont il abuse ], le casque dénature le cri, le frappe d’une étrangeté animale, transformant « la femme pâle, mélancolique et distinguée » en masse bovine ; […] le cri est un fétiche [ ici Barthes veut dire que c’est un symbole des victimes ] ». Mais je vais me référer plutôt à la problématique posée par Joseph de Maistre ( dans Les Soirées de Saint-Pétersbourg, Premier entretien ) sur « le bonheur des méchants et le malheur des justes » : « Vous croyez donc que les méchants ne sont pas heureux ? Je voudrais le croire aussi ; cependant j’entends dire chaque jour que tout leur réussit ». Revenons à Phalaris, tyran pendant seize ans, qui prenait beaucoup de plaisirs aux hurlements de ses suppliciés, sans utiliser des exemples plus récents de despotes sanguinaires ou de chefs totalitaires ( comme Lénine, créateur du Goulag, Staline, d’abord bandit de grands chemins, Hitler ou Mao et sa révolution [ anti-]culturelle, anti-civilisation, bilan : 15 millions de morts juste pour cette période, sans parler du Lao Gai, le Goulag chinois, etc.). Pensons aux victimes et à leurs cris…
Conclusion générale [ que j’avais écrite pour mon article du 20 au 24 février 2006 que j’ai publié donc en trois parties, à savoir, 1/ Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote, publié le 26 mai 2016 sur mon Philo blog ; 2/ Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury, publié le 12 juin 2016 ; 3/ cet article-ci : Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes, publié le 22 juin 2016 ]: Les nombreux bonheurs que nous avons énumérés [ dans la toute première introduction ] semblent éphémères et ne rentrent que dans la catégorie aristotélicienne de « l’eutukhia » [ la « bonne chance » ], un bonheur protensif de courte durée. Seul Barbey d’Aurevilly dans Les Diaboliques, soutiendra que le bonheur dans le crime peut durer toute une vie, être un bonheur « eudaimonia ». Quant au caractère intensif du bonheur, le guerrier au moment de tuer, le bourreau au moment de châtier, le fanatique au moment de l’explosion violente, doivent certainement éprouver une très forte intensité. Le philosophe devant toute cette variété de bonheurs, peut-il, comme dans l’épigraphe citée de Lucrèce, au tout début, les regarder depuis la « makaria » philosophique [ la « félicité bienheureuse », comme un être humain peut la vivre, utilisant la meilleure partie de lui-même, le « noûs », « l’intellect » ( Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 11, 1101, 20 et X, 7, 1177 b 30 )]?
Key Word : outrager la Nature, la mort apparente, les convulsions, scatologie lubrique, persécution des filles belles, douces, vertueuses, mieux vaut n’être pas né, n’être pas, mourir, automatiser les âmes, imagerie sadique, cris d’un être humain semblables à ceux d’un bœuf, beuglement, l’imagination plus forte que la perception, le taureau d’airain de Phalaris, le bonheur des méchants et le malheur des justes.
Key Names : Sade, Sophocle, Rousseau, Vaucanson, Phalaris, Périllos, Roland Barthes, Joseph de Maistre, Barbey d’Aurevilly, Hobbes, Shaftesbury, Aristote.
Key Works : Patrice Tardieu, Dialectique, taoïste, machiavélique, érotique, phénoménologique et psychanalytique, de la charcuterie, Philo blog 8 février 2007 ; Nietzsche contre Marx, Philo blog 21 février 2007 ; Soleils de l’amour, miroirs de la mort, Philo blog 20 mars 2007 ; Sein, sperme, scybale, objet abject, Philo blog 13 juin 2007 ; Religion positiviste, socratique, chrétienne, islamique, juive, bouddhiste, klossowskienne, Philo blog 26 août 2007[ en deux parties ] ; Seins, l’idole et l’icône (1), Philo blog 26 août 2007, (2) Philo blog ( 6 janvier 2009 ) [schémas des trois idoles] ; Obscénité et violence à l’origine du monde, Philo blog du 12 février 2008 au 4 avril 2008 [ en dix parties ] ; Jouissance inhumaine, Sade, Lacan, Hegel, Philo blog 30 septembre 2008 ; Le marquis de Sade et Diderot, Philo blog 27 avril 2011 ; Isolisme, Sade, Philo blog 4 septembre 2011 ; La philosophie dans le boudoir, Sade, Philo blog 5 septembre 2011 ; Sade, la peine de mort, Philo blog 6 septembre 2011 ; Contradictions de Sade ? Philo blog 7 septembre 2011; Sade et les femmes, Philo blog 8 septembre 2011 ; Klossowski, Bataille, Sade, 10 septembre 2011 ; Maurice Blanchot, Sade, Philo blog 11 septembre 2011 ; L’esprit de négation, Sade, 17 septembre 2011 ; La vie rêvée de Sade, 17 septembre 2011 ; Sade et la religion, Philo blog 18 septembre 2011 ; La féminité de Sade, Philo blog 23 septembre 2011 ; Sade, le hasard et la providence, Philo blog 23 septembre 2011 ; Sade et la pulsion de mort, Philo blog 24 septembre 2011 ; L’Être suprême en méchanceté, Philo blog 25 septembre 2011 ; Le divin marquis et l’isolisme ; Nietzsche, Sade, Aristote et le fouet, Philo blog 1 octobre 2011 ; La Justine du marquis de Sade, Philo blog 5 octobre 2011 ; La jouissance et l’amour selon Sade et Lacan, 6 octobre 2011 ; Transgression des normes sexuelles, morales, sociales et religieuses, Philo blog 8 octobre 2011 ; Sade avec Platon, Philo blog 13 octobre 2011 ; Sensualité, érotisme, pornographie et le divin marquis, Philo blog 13 octobre 2011 ; Lacan, le crime sadique des sœurs Papin, Philo blog 18 octobre 2011 ; Désirs, jouissance et négation, Platon, Hegel, Sade, Lacan, Philo blog 22 octobre 2011 ; Le pénis, le phallus, Freud, Lacan, Sade, Philo blog 24 octobre 2011 ; Sentiments et passion chez Sade et Racine, Philo blog 26 octobre 2011 ; Masochisme et sadisme de Rousseau, Philo blog 29 octobre 2011 ; Sade contre Freud, Philo blog 5 novembre 2011 ; Sade, l’apathie et le stoïcisme, Philo blog 8 novembre 2011 ; Joseph de Maistre, le bourreau Khmer rouge et la profondeur abyssale du mal, Philo blog 9 novembre 2011 ; La séduction du bourreau, cruauté sadique au Rwanda, Philo blog 12 novembre 2011 ; Lucrèce avec Sade, noirceur lucrétienne et apathie sadienne, Philo blog 29 novembre 2011 ; Désir de dévoration, amours anthropophages, Proust, Sade, Dali, Sagawa, Philo blog 5 février 2012 ; Sade, Saint-John Perse, sexe féminin, bisexualité originaire, Philo blog 31 août 2012 ; Vengeance contre l’amour, jouissance refroidie par la jouissance même, Philo blog 1 septembre 2012 ; Simulacre, désir, fantasme, Sade, Klossowski, Aron, la monnaie vivante, Philo blog 3 septembre 2012 ; Sade sur la philosophie, la vérité comme dévoilement et non-consolation, Philo blog 5 septembre 2012 ; Jouissance physique, jouissance intellectuelle, jougs, relation à autrui, Sade, Philo blog 6 septembre 2012 ; Jouissance et crime, état de nature, Sade contre Hobbes, Philo blog 10 septembre 2012 ; Véritable Esprit du libertinage, principes sûrs, immoraux, le bizarre, Sade, Philo blog 12 septembre 2012 ; Crimes hébétés de l’insurrection populaire, le machiavélisme, Sade, Philo blog 12 septembre 2012 ; Chaînes d’or du mal, Plotin, Sade, Éros, Psyché, Saint-Fond, Moloch, Philo blog 16 septembre 2012 ; Jouissance des larmes chez Racine et Sade, Néron, Junie, Bérénice, Titus, Philo blog 5 octobre 2012 ; Aristote, Lacan, Platon, Sade, art, recherche, action, délibération réfléchie, Philo blog 18 novembre 2012 ; Œdipe, douleurs excessives, décombres, terrifiantes prémisses, Sade, Sophocle, Derrida, Nietzsche, Philo blog 18 février 2013 ; 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Rien n’offense la nature aveugle et destructrice elle-même, préjugés de l’enfance, Sade, Hobbes, Philo blog 17 septembre 2013 ; Particularité anatomique intime de certaines femmes qui les assimilent à des hommes, Sade, Philo blog 19 septembre 2013 ; Jouissance de la saignée, ivresse de phlébotomiser passions bizarres jusqu’à l’épilepsie, Sade, Philo blog 21 septembre 2013 ; Rencontre d’un frelon impur et d’un ange, d’un bourdon et d’une orchidée, Proust, Sade, Philo blog 23 septembre 2013 ; Plaisir de la table et luxure, donner des esclaves aux murènes, Apollinaire, Adam Smith, Sade, Philo blog 25 septembre 2013 ; Décadence romaine, dégradation et folie humaine, intempérance, Jules Janin, Nietzsche, Sade, Philo blog 27 septembre 2013 ; Souveraineté de personnages voluptueux, plaisir, angoisse, ne pas édulcorer Sade, Georges Bataille, Philo blog 29 septembre 2013 ; Horreurs sacrificielles, rites religieux, conscience de soi, sadisme, Georges Bataille, Sade, Philo blog 1 octobre 2013 ; Sade donne sa voix à la violence sans se plier aux exigences de la violence, paradoxe de G. Bataille, Philo blog 9 octobre 2013 ; Donner la parole à la violence, c’est l’abuser, la prendre au piège, se jouer d’elle, G. Bataille, Philo blog 11octobre 2013 ; Le grand coït spatial, Madame d’Esterval, déranger le cours de la Nature, Sade, Bataille, Philo blog 14 octobre 2013 ; Éclat insoutenable de l’œuvre de Sade par dérèglement, comme celui du soleil, Philo blog 18 octobre 2013 ; Absolu insupportable de la conscience de soi chez Sade qui l’aveugle, Hegel, Georges Bataille, Philo blog 19 octobre 2013 ; Buste du bourreau, supplice des mille morceaux, Mirbeau, de Maistre, Bataille, Freud, Philo blog 24 septembre 2014 ; L’anti-Justine de Restif de la Bretonne face à la Justine ou les malheurs de la vertu de Sade, Philo blog 16 novembre 2014 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016.
Sade, Justine ou les malheurs de la vertu, La Nouvelle Justine. Roland Barthes, Sade, Fourier, Loyola. Joseph de Maistre, Les soirées de Saint-Pétersbourg. Sophocle, Œdipe à Colone. Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques, le bonheur dans le crime. Soljénitsyne, L’archipel du Goulag. Robert Conquest, La grande Terreur. Simon Leys, Les habits neufs du Président Mao. Jean Pasqualini, Prisonnier de Mao, sept ans dans un camp de travail en Chine. Dai Hsiao-Ai, Mémoires d’un garde rouge. Pierre Illiez, Chine rouge page blanche.




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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 23:02

Baudrillard pointe une autre opposition entre Freud et Bataille. Si je résume la position de Freud qu’il exprime dans Au-delà du Principe de Plaisir, je dirais qu’il soutient le principe de constance qui consiste pour la vie à maintenir un certain niveau ni trop fort ni trop faible d’excitation; le principe de plaisir consistant à fuir la douleur et à rechercher le plaisir, mais finalement « à se replonger dans le repos du monde inorganique » d’où la théorie freudienne d’une « pulsion de mort ». Chez Bataille, l’érotisme est une perte d’identité dans la fusion, une fascination pour la dissolution des formes constituées; et la mort dissout les individus dans une unité encore plus radicale. Baudrillard montre donc que chez Bataille il y a « conjonction luxueuse du sexe et de la mort ». Et il conclut: « Ce qui a manqué à Freud, ce n’est pas de voir dans la mort la courbure même de la vie, c’est d’en avoir manqué le vertige, l’excès,[…] le paroxysme », en citant longuement un poème d’Hölderlin où il est question de « la nostalgie merveilleuse de l’abîme ». Key word : principe de constance, principe de plaisir, pulsion de mort, conjonction luxueuse du sexe et de la mort, nostalgie merveilleuse de l’abîme. Key names : Freud, Bataille, Baudrillard, Hölderlin. Key works : Patrice Tardieu, Retour vers l’existence première, deuil originaire, essence de la poésie, Hölderlin, Heidegger; Philo-blog, 24/08/2013 ( L’île de notre nostalgie, 8, 2, d ). Baudrillard, L’Échange symbolique et la mort. G. Bataille, L’Érotisme. Freud, Essais de Psychanalyse, Au-delà du Principe de plaisir. Patrice Tardieu.

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 22:41

Dans son ouvrage L’Échange Symbolique et la Mort Jean Baudrillard consacre quelques pages à Georges Bataille. Il montre combien Bataille s’oppose à Freud qui fait s’affronter deux principes antagonistes, et j’ajouterais que les deux archétypes proviennent d’un philosophe pré-socratique comme l’avoue Freud lui-même dans Analyse Finie et Infinie: « Les deux principes fondamentaux d’Empédocle « philia » [ « aimance » ] et « neikos » [ « discorde » ] sont par le nom comme par la fonction, les équivalents de nos pulsions originaires, Éros et destruction [ Freud emploie donc le terme d’Empédocle et non pas « thanatos » ] ». Chez Bataille, au contraire, souligne Baudrillard, la mort et la sexualité « échangent leurs énergies, elles s’exaltent l’une l’autre », elles ne sont pas adversaires. C’est la fête primitive qui ne fait que mimer la nature où se déroulent gaspillage illimité, sacrifices d’animaux et d’êtres humains [ comme l’a montré Mauss, et contredisant le désir « spinoziste » de persévérer dans son être ]. La mort est du côté du gâchis, du luxe, de l’excès, « dépense somptuaire et inutile » de l’anéantissement. Key word : deux principes antagonistes, philia et neikos [ d’Empédocle et de Freud ]; mort et sexualité naviguent de conserve [ chez Bataille ]. Key names : Baudrillard, Bataille, Freud, Empédocle, Mauss, Spinoza. Key works : Jean Baudrillard, L’Échange Symbolique et la mort. Freud, Analyse Finie et Infinie, septième section. Empédocle, De la Nature. Spinoza, Éthique. Mauss, Essai sur le Don. G. Bataille, l’Érotisme. Patrice Tardieu.

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 23:01

Georges Bataille finit par confronter Sade ( qui, « par des mouvements souverains de volupté » va jusqu’à l’impossible ) au mysticisme religieux. Pour Bataille, dans celui-ci, il y a « une violence spirituelle » par le ravissement mystique. Je ne peux m’empêcher de penser à la sublime sculpture de la transverbération de Thérèse d’Avila faite par Le Bernin, en marbre de Carrare, extrêmement animée, avec les plis tourmentés de la large robe de la sainte, dont un pied nu et deux mains dépassent fébrilement, la tête renversée, les yeux mi-clos, la bouche ouverte, alors que l’ange, une flèche qui va la transpercer ( « transverbération » ) dans une main, la soulève sans peine de l’autre par le revers de son vêtement vers la lumière dorée qui tombe d’en haut. Cette extase, elle l’a elle-même magnifiquement décrite: « Je voyais dans les mains de cet ange un long dard qui était d’or, et dont la pointe en fer avait à l’extrémité un peu de feu. De temps en temps il le plongeait, me semblait-il, au travers de mon cœur, et l’enfonçait jusqu’aux entrailles; en le retirant, il paraissait me les emporter avec ce dard, et me laissait toute embrasée d’amour de Dieu. La douleur de cette blessure était si vive, qu’elle m’arrachait des gémissements, mais si excessive était la suavité que me causait cette extrême douleur, que je ne pouvais ni en désirer la fin, ni trouver de bonheur hors de Dieu[…], j’étais comme hors de moi[…]mon âme[…] en extase entrait promptement dans la jouissance ». Key word : mysticisme religieux, transverbération, extase. Key names : Sade, Sainte Thérèse d’Avila, Le Bernin, Georges Bataille. Key works : Thérèse d’Avila, Vida [ Vie ]. Le Bernin, l’Extase de Sainte Thérèse d’Avila, Église Santa Maria della Victoria, Rome. G. Bataille, Préface à Justine de Sade, édition Jean-Jacques Pauvert, 1955, p. XXXVII. Patrice Tardieu.

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 23:17

Que serait la souveraineté absolue, se demande Bataille. Ce ne pourrait être que celle d’un jeune enfant prêt à satisfaire tous ses caprices avec une puissance sans limite et une absurdité totale. C’est ce que démontre les écrits de Sade, pourtant très réglés, faisant l’éloge du dérèglement, « vérité qui aveugla Sade ». Sa démarche est unique, on ne peut la dépasser et aucun ouvrage n’y a réussi. Il y a une sorte d’absolu insupportable qui y est exprimé. « En Sade, la violence fut consciente, mais dans la mesure où la conscience se laissa altérer par la violence ». Ceci pose le problème philosophique de la connaissance par l’homme de ce qu’il est, la « conscience de soi ». Georges Bataille fait ici certainement allusion aux pages les plus connues de La Phénoménologie de l’Esprit, de Hegel, sur la « Selbstbewusstsein », la trop célèbre dialectique du maître et de l’esclave qui n’existe pas puisque ce sont deux figures d’une seule et même « conscience de soi ». Key word : violence et conscience. Key names : Bataille, Sade, Hegel. Key works : Patrice Tardieu, La dialectique du maître et de l’esclave et du serviteur, Hegel, Kojève, Hyppolite, Lefebvre, Jarczyk et Labarrière, Philo-blog 24/11/2011. La dialectique du maître et de l’esclave n’existe pas, la Phénoménologie de l’Esprit, Hegel, Proust et les vestiges du jour. Philo-blog 01/03/2012. Georges Bataille, Préface à la Justine de Sade, édition Jean-Jacques Pauvert, 1955, p. XXXI- XXXIV. Hegel, Phénoménologie de l’Esprit, Conscience de soi. Patrice Tardieu.

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 00:25

Georges Bataille en vient à affirmer un double système des valeurs, sans doute inspiré par Nietzsche et Mauss. Les règles liées à l’utile, à l’accumulation des ressources, d’un côté; de l’autre, les « valeurs de dérèglement » qui dominent les premières, contrairement à ce qu’on pourrait penser, mais qui sont dissimulées, niées. En effet, on va prétendre que les sacrifices religieux sanglants permettent la fécondité de la nature et plaisent aux dieux, que Dieu est le Dieu des armées ( j’ajouterais, de l’Ancien Testament à la Bhagavad-Gîtâ ). Georges Bataille en conclut que: « Seuls le dérèglement et la solitude absolus fonderaient la valeur souveraine, qui aurait l’éclat du soleil, mais, comme cet éclat, ne serait pas soutenable ». Ici, évidemment, il pense aux œuvres de Sade. Key word : double système des valeurs, les règles liées à l’utile, les valeurs de dérèglement. Key names : Nietzsche, Mauss, G. Bataille. Key works : Patrice Tardieu, Don et contre-don agonistique des sociétés idylliques premières, Marcel Mauss, Philo-blog du 08/04/2013 [ au 26/04/2013 ( sur Mauss )]; Krishna sur le champ de bataille de Kuruxétra, deux fratries en guerre, Bhagavad-Gîtâ, « ÔM! », Philo-blog du 28/04/2013 [ au 30/06/2013 sur l’hindouisme ].Nietzsche, La Volonté de Puissance, essai d’une transmutation de toutes les valeurs. G. Bataille, Préface à Justine de Sade, édition Jean-Jacques Pauvert, 1955, p. XXX-XXXI. Patrice Tardieu.

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 23:31

Georges Bataille poursuit sa thèse sur l’irrégularité constituant la clef de l’érotisme. Il prend l’exemple du mariage! Selon lui, il est « le contraire d’un excitant », alors que le changement de partenaire produit l’excitation! Il fait une concession à la psychanalyse: selon la fixation infantile [ d’après Freud: orale, anale, oedipienne, et Freud ajoute: « Une femme peut dans les circonstances ordinaires de la vie rester sexuellement normale; mais, sous l’empire d’un séducteur averti, elle prendra goût à toutes les perversités et en fera désormais usage dans son activité sexuelle »]. En effet la norme s’oppose à la libre « animalité » humaine. Bataille  approfondit alors cette idée: « La règle définit l’activité utile, et les actes rituels de la fête [ primitive ] en sont les transgressions ». D’où la dilapidation des ressources [ observées par Mauss ], la passion déréglée de l’activité sexuelle, faite, selon Bataille, d’une « conscience de dérèglement angoissant » et de bonheur érotique. Et il conclut: « Les valeurs de dérèglement, seraient-elles encore méconnues, déguisées, sont seules divines, sacrées et souveraines ». Key word : fixations infantiles orales, anales, oedipiennes, goût à toutes les perversités, la fête primitive et les transgressions. Key names : Georges Bataille, Freud, Mauss. Key works : Freud, Trois Essais sur la théorie de la sexualité. Mauss, Essai sur le don. G. Bataille, Préface à la Justine de Sade, édition Jean-Jacques Pauvert, 1955, p. XXX-XXXI. Patrice Tardieu.

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 00:15

Le plaisir est proportionnel, selon Sade, soutient Georges Bataille, à l’irrégularité. La nudité, pour être excitante, ne doit pas être constante. L’attrait érotique viendra par exemple d’une mise à nu irrégulière. C’est cela qui « échauffe » le mieux les personnages de Sade: « l’échappée voluptueuse » est fonction de l’irrégularité morale. Chez Sade on jouit « en tuant, en suppliciant, en ruinant une famille, un pays, et plus simplement en volant ». Ce n’est pas tant la destruction que cette irrégularité qui est le piment de la chose. J’ajouterais que c’est « la scélératesse » elle-même qui donne cette « saveur », Sade qualifiant toujours ses sombres héros de « scélérats ». Parmi eux, Madame d’Esterval qui confirme la thèse ici de Georges Bataille; elle avoue: « Je souffre peut-être encore plus que vous de la médiocrité des crimes dont la nature me laisse le pouvoir. Il n’y a, dans tout ce que nous faisons, que des idoles et des créatures d’offensées: mais la nature ne l’est pas; et c’est elle que je voudrais pouvoir outrager; je voudrais déranger ses plans, contrecarrer sa marche, arrêter le cours des astres, bouleverser les globes qui flottent dans l’espace, détruire ce qui la sert, protéger ce qui la nuit, édifier ce qui l’irrite, l’insulter, en un mot, dans ses œuvres suspendre tous ses grands effets ». En fait, elle envisage donc une sorte de grand coït spatial déréglé ! Key word : scélératesse, idoles et créatures offensées, outrager la Nature. Key names : Sade, Georges Bataille. Key works : Sade, La nouvelle Justine, chapitre XVI. Georges Bataille, Préface à Justine de Sade, édition Jean-Jacques Pauvert, 1955, p. XXIX. Patrice Tardieu.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 23:27

Georges Bataille aborde le problème de ce que j’appellerais les deux « tissus » du texte sadien: d’un côté des récits d’orgie violente et outrancière, de l’autre des dissertations justifiant ces mêmes orgies, changeant la violence brute en « volonté réfléchie de violence », introduisant la « logique » au milieu de ces débordements des sens! Bref, la narration est interrompue « sans merci [par] les dissertations sur le crime des héros les plus déchaînés ». Et « nous passons chaque fois d’un monde dans l’autre ». Seulement « ces analyses, ces démonstrations, ces énoncés de principe, ces représentations du monde » nous éloignent de l’autre monde; ce sont des « discussions froides ». « Les mouvements divins et déraisonnables de la violence » deviennent des démarches raisonnées! Il y a « décalage » entre « la froideur d’un langage de raison » et l’irritation des nerfs. Mais justement le langage de Sade est celui d’un déraillement. En effet « la violence étant silencieuse », lui donner la parole, je dirais l’abuse, la prend au piège, se joue d’elle. Key word : les deux tissus du texte sadien, récits d’orgie violente, dissertations, deux mondes, déraillement. Key names : Georges Bataille, Sade. Key work : Georges Bataille, Préface à Justine de Sade, édition de Jean-Jacques Pauvert, 1955, p. XXVII-XXVIII. Patrice Tardieu.

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