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14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 16:46

Juste un doigt, s’il vous plaît !
Le nouvel érotisme.
Soyez voluptueuse avec votre amant ou votre mari ! Renoncez à l’onglerie, aux ongles pointus et coupants comme des griffes, des serres ! Mettez- lui un doigt comme les proctologues ( du grec « prôktos », « anus », « rectum », et « logos », « science »). Chatouillez- lui avec ce doigt, dans son derrière, la prostate ( même s’il n’a jamais eu d’expérience homosexuelle ) qui enveloppe, chez tout homme, le col de la vessie et le début de l’urètre. Rappelons que le « rectum » est un terme d’anatomie que le fameux chirurgien, de Henri II, François II, Charles IX et Henri III, Ambroise Paré, définissait comme « le sixième et dernier intestin qui est nommé rectum à cause de sa rectitude ». Et il précisait que l’on pouvait décrire « les parties chaudes et humides, comme sont les parties honteuses, la bouche, la matrice, l’anus ». Tout ceci ne semble peut-être pas très érotique, mais attendez ! Vous pouvez devenir experte pour son plaisir, en étant « prôtosophos », « experte en débauche anale », mais aussi « prôktotèos », « surveillante du derrière » comme le précise Aristophane dans L’Assemblée des femmes, 368, et Les Guêpes,  expressions que l’on trouve aussi dans les Paroemiographes ( Proverbes de différents auteurs, I, 447 ), et chez le sophiste Lucien de Samosate dans L’âne ou Lucius, 56. Volupté garantie ! Rien de dégoûtant a priori ! Rappelons que Le Coran, Sourate IV, An-Nisa, verset 43, recommande de bien se laver le derrière et les organes génitaux après un rapport sexuel avec une femme ou après avoir fait ses besoins. Évidemment il faut éviter la proctalgie ( douleur de l’anus ), ainsi que la proctite ( inflammation de l’anus ), la proctocèle ( hernie du rectum ), ou la proctoptose ( chute de l’anus ), et surtout la proctorragie ( hémorragie anale ) ! Mais faisons confiance à un doigt expert, et surtout à la personne amoureuse qui a du « doigté » !
Key Works sur l’érotisme :
Jouissance érotique, abîme vertigineux qui fascine, trouble, nous chavire, Philo blog 27 octobre 2013 ; 
Érotisme des corps, êtres qui se mêlent et s’ouvrent; érotisme des cœurs, des amants, Philo blog 29 octobre 2013 ; Érotisme sacré, divin, religieux, rite solennel dans le silence, esprits anxieux, expérience mystique, Philo blog Jeudi 31 octobre 2013 ; Trouble érotique qui dépasse tout ; jouissance, passion amoureuse, fusion avec le divin , Philo blog 2 novembre 2013 ; Le choix érotique n’est pas basé sur telle ou telle qualité objective, il provient d’une vie intérieure,  Philo blog 4 novembre 2013 ; Ressort caché de l’érotisme, dialectique de la transgression de l’interdit, expérience intérieure, Philo blog 6 novembre 2013 ; Transgression achevée, réussie, des interdits, enfreints par l’impulsion , trouble intense, Philo blog 8 novembre 2013 ; Érotisme brûlant, extrême intensité, impulsion violente, mouvement qui excède les limites, Philo blog 10 novembre 2013 ;  
Faire l’amour, faire la guerre, corps à corps amoureux, corps à corps guerrier, érotisme, Philo blog 12 novembre 2013 ; Dénudation de l’être aimé, acte d’amour, perte de la pudeur, jeu sexuel déchaîné, érotisme, Philo blog 14 novembre 2013 ; 
Convulsion érotique, révélation de la chair, jeux au-delà de la volonté des amants, pléthore de vie, Philo blog 16 novembre 2013 ; Volupté, défaillance, paroxysme final, épuisement érotique, spasmes, fusion hors de soi vers l’autre, Philo blog 18 novembre 2013 ; Mars réfugié contre les seins de Vénus, la regardant, érotisme romain, Philo blog 20 novembre 2013 ; Expérience érotique dans un palais sans gardien ni fermeture, léger bruit dans l’obscurité, Philo blog 22 novembre 2013 ; Psyché s’interroge sur son amant nocturne, ce « mari » qui lui fait l’amour et s’endort, Philo blog  24 novembre 2013 ; Amour de l’Amour, désir brûlant, ardent, le dieu voluptueux, maître du feu amoureux, enjouement, Philo blog 26 novembre 2013 ; Recevoir de Vénus sept doux baisers avec la langue, pur miel; Psyché fouettée, tourmentée, Philo blog 28 novembre 2013 ; Les deux amants, nectar, roses, parfum, chants, danse et flûte jouée par un satyre, « Voluptas », Philo blog 30 novembre 2013 ; Ne faire qu’un avec l’être aimé, avec l’Un, retour à l’unité perdue, se perdre dans l’Un, Philo blog 2 décembre 2013 ; Du phallus grec dionysiaque au fascinus romain, conduites strictes mais inconvenantes, Philo blog  4 décembre 2013 ; Érotisme de la femme libre de naissance, de toute pratique érotique, sauf la procréation, Philo blog 6 décembre 2013 ; Cunnilingus, cunnus, cuniculus, pornographie, nyctalopie, débauche, Philo blog 8 décembre 2013 ; L’érotisme est monstration, montre en dérobant; le pornographique est démonstration, Philo blog 10 décembre 2013 ; Éros et l’altérité comme essence positive, rencontre du masculin et du féminin, Philo blog 12 décembre 2013 ; Masculinité, féminité, domaine de l’Éros, forme originelle, pathétique de l’amour, l’autre, Philo blog  14 décembre 2013 ; Volupté, mystère féminin dont la profanation n’abolit pas le mystère, Philo blog 16 décembre 2013 ; Mystère féminin: se donner tout en se dérobant, sa puissance est son altérité, Philo blog 18 décembre 2013 ; Soumission et asservissement dans les relations concrètes avec autrui à cause de la liberté, Philo blog 20 décembre 2013 ; Le féminin se tourne par son altérité vers la pudeur, se retire ailleurs, possibilité du mystère, Philo blog 22 décembre 2013 ; Les amours envahissent, blessent, mais le « je » survit en elles. Place exceptionnelle de l’éros, Philo blog 24 décembre 2013 ; Caresser n’est pas toucher, la volupté n’est pas un plaisir comme les autres, grande place du féminin, Philo blog 26 décembre 2013 ; Secret de la caresse et intentionnalité de la volupté vis-à-vis de l’avenir insaisissable, Philo blog 28 décembre 2013 ; Libido, désir de volupté, sensualité, concupiscence, consentement au plaisir, narcissisme, Philo blog 30 décembre 2013 ; L’Éros, saisir, posséder, connaître l’autre, fusionner, l’événement transcendant, Philo blog 1 janvier 2014 ; Le féminin spécifiquement érotique, idéal de beauté, regarder au ciel les étoiles, postérité, Philo blog 5 janvier 2014 ; La caresse dont l’amante garde mémoire; altérité de l’autre féminin et de l’Autre divin, Philo blog 7 janvier 2014 ; La femme est elle-même l’énigme de la féminité, zones érogènes, dispositions pulsionnelles, Philo blog 9 janvier 2014 ; Fantasme de séduction, période phallique de la fille, attachement préoedipien à la mère, Philo blog 11 janvier 2014 ; Inconsolable de la perte du sein maternel, jalousie féroce, revendications d’amour démesurées, haine, Philo blog 13 janvier 2014 ; Trois directions du développement du féminin, Philo blog 17 janvier 2014 ; Constitution de la féminité, jalousie, passivité, envie, désir, femme masculine, Philo blog 19 janvier 2014 ; Y-a-t-il une libido masculine et une libido féminine? Une libido naturelle ? Philo blog 21 janvier 2014 ; Narcissisme féminin. Vaut-il mieux être aimée ou aimer? S’unir à l’autre. Le détachement. Sérénité, Philo blog 23 janvier 2014 ; Beauté du sexe féminin chantée par Saint-John Perse. Attachement amoureux de la femme, Philo blog 29 janvier 2014.              
 Patrice Tardieu.                                
                                  
 

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Published by Patrice TARDIEU - dans érotisme
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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 10:25

Fureur sexuelle, férocité, baisers semblables à des fouets, chair lacérée, érotisme mystique, Pessoa.
Il existe un extraordinaire poème de Fernando Pessoa, sous le pseudonyme [ « faux nom » qui dissimule l’identité d’un auteur ] ou plutôt sous l’hétéronyme [ « autre nom » , dans le cas de Pessoa qui en créa un certain nombre ] , d’Alvaro de Campos [ « Aubéron des champs », un Pessoa sensuel et inquiétant ] , poème de mille vers dont je ne commenterai qu’une cinquantaine, écrit en 1915, intitulé Ode Maritime, qui est le cri des victimes, mais cette fois-ci consentantes ! Donc qui ne se situe pas dans le « champ » ( étendue de chair labourable ! ) de Sade, mais dans celui de Sacher-Masoch. C’est une invocation aux barbares des mers [ toute la vie professionnelle de Pessoa consista à traduire des textes de commerce maritime ! ] s’attaquant à des femmes ! Le poète se met dans le corps de « la femme-toutes-les-femmes » [contrairement à la femme « pas toute » de Lacan ] qui vont être agressées, abusées, pénétrées, offensées, fragmentées. Il s’introduit entièrement en elles, s’identifie à elles, totalement femelle, propre à la fécondation, jusqu’au frisson de la moelle épinière. Il évoque l’attente des femmes, dans les ports, des marins, à la fois haïs et aimés. Ce ne sont pas des « bien-aimés ». Il n’y a pas de tendresse avec eux, même dans les rêves. Le poète prétend s’introduire dans l’âme des femmes par sa féminité propre, mais aussi dans celle, féroce, des barbares des mers, qui ne peut se rattacher qu’à un Dieu à l’envers ; dieux monstrueux de l’antiquité panthéiste pleins de sang, démoniaques. Il est à la fois les veines tailladées et le couteau ; le corps des femmes et la fureur sexuelle des barbares des mers. Il est cet ensemble de nerfs hystériques féminins, et cette absurde violence. Comment définir les barbares des mers ? Ils sont ce qui est contraire à la loi, le sauvage, le sanguinaire et le cruel, la férocité incarnée. Dans un appel masochiste, le poète s’identifie aux victimes, il demande à être humilié et battu, soumis comme un objet, esclave volontaire et il en est fier, car tel est son attachement explicite aux plaisirs sensuels de l’obéissance. Que la cruauté de ces barbares des mers s’effondre sur lui comme de grands créneaux de châteaux forts ! Que ces hommes inhumains venus du fond des âges anciens le mettent en lambeaux, lui donnent des coups qui fassent plaie ! Puis qu’ils cousent sa peau lacérée de sang ; que leurs baisers soient des fouets, des hachettes d’assaut, avec emportement, qui scellent son appartenance physique dans une frayeur voluptueuse de son désir du plaisir dans la douleur. Donation de son corps à l’emportement sans limite de cette violence déchaînée, devenu simple objet sans volonté mais capable de sentir la férocité de tout dévorer de ces dominants, de ces maîtres, de ces seigneurs des mers, de ces fiers et grands chevaux de bataille dans toute leur animalité. Le poète les somme de le soumettre à la torture, de le mettre en pièces, de l’écarteler, de lui arracher les membres, de le faire tomber à la renverse sur le pont du navire, de répandre son corps dans les profondeurs océaniques ou sur le sable brûlant d’îles perdues.
Finalement le poète nous donne la clef de son texte : c’est une aspiration mystique de prendre sur soi toutes les douleurs du monde, de se soumettre au sacrifice religieux comme le Christ en proie à toutes les humiliations, qui fait exemple. L’érotisme rencontre ici le mysticisme comme cela sera le cas avec Pauline Réage [ hétéronyme de l’écrivaine Dominique Aury ; voir mon article : Amour fou au point de perdre la propriété de son corps, érotisme d’ordre mystique, Pauline Réage, Philo blog du 30 octobre 2015 ] qui a publié à la fois une Anthologie de la poésie religieuse et Histoire d’O.
Key Words : poème, pseudonyme, hétéronyme, cri des victimes, poète sensuel et inquiétant, le champ de la chair, la femme martyrisée, les nerfs hystériques, les barbares des mers, absurde violence, le sanguinaire et le cruel, torture, corps jetés dans les grandes profondeurs ou sur le sable brûlant.
Key Names : Fernando Pessoa [ ce nom portugais « Pessoa », prédestiné, signifie « personne » au sens qu’il n’y a personne, à rapprocher du latin « persona », « masque » ; Alvaro de Campos, un des hétéronymes de l’écrivain ; le marquis de Sade [ dont la famille remonte à la Laure chantée par Pétrarque ] ; Sacher-Masoch ; Jacques Lacan ; Pauline Réage.
Key Works : Patrice Tardieu, Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes, Philo blog 22 juin 2016 ; Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury, Philo blog 12 juin 2016 ; Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote, Philo blog 26 mai 2016 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016 ; Orgasme le plus intense, but sexuel secret atteint, tribadisme, flirt, baisers, trouble, Sapho, Sartre, Philo blog 23 mars 2016 ; Femme passionnée, ardente, orgasme supérieur à celui de l’homme, androgynie, Böhme, Polyclès, Philo blog 23 février 2016 ; La femme soi-disant frigide, tomber amoureux, l’errance, l’inaccompli et l’individu, W.Stekel, Philo blog 29 janvier 2016 ; Mourir à la place de l’autre, rejoindre l’autre dans la mort, revenir à la vie sans l’autre, Verdi, Gluck, Philo blog 29 décembre 2015 ; Séduction érotique, biblique, politique, Judith et Holopherne, Artemisia Gentileschi, Lacan, Philo blog 28 novembre 2015 ; Excitation érotique liée au rêve éveillé masochiste, goût du malheur de femmes, Reik, Hélène Deutsch, Philo blog 4 octobre 2015 ; Masochisme, satisfaction dans la souffrance, honte, humiliation, le Yin, le Yang, Théodore Reik, Freud, Philo blog 16 septembre 2015 ; Voir c’est déflorer, viol par la vue, le voyeur, la pudeur, Actéon dévoré par ses désirs, Klossowski, Philo blog 2 septembre 2015 ; Jalousie, rapport au monde, mourir à l’être comme aimer à la folie jusqu’à la déraison, Lévinas, Sartre, Philo blog 12 août 2015 ; Projet individuel, originel, unique, l’élan du sujet vers l’être, rapport à soi, au monde et à l’Autre, Philo blog 3 août 2015 ; Présence de notre corps visible, surgissement de ce que nous avons à être, comment s’orienter ? Sartre, Philo blog 20 juillet 2015 ; Ce qui fait qu’un être est lui-même, la sensation pure rêverie, l’œil qui se retourne révulsé, Comte, Philo blog 15 juillet 2015 ; Monde concret de la réalité humaine, d’être là et d’avoir son point de vue, existence, néant, Philo blog 10 juillet 2015 ; Toucher et être touché, mon corps objet dans le regard d’autrui, la vision renversée, Sartre, Philo blog 7 juillet 2015 ; Notre corps subjectif, l’effort et ce qui résiste, le moi, l’existence, la liberté, Maine de Biran, Philo blog 4 juillet 2015 ; Mon corps tel qu’il est pour moi, mon corps tel qu’il est pour les autres, mon être, Sartre, Philo blog, 29 juin 2015 ; Explication physiologique cérébrale qui échoue à expliquer le pourquoi, le comment, des passions, Philo blog 13 juin 2015 ; Libre arbitre absolu ou degrés de liberté, de l’indifférence à la poursuite du pire ? Descartes, Philo blog 29 mai 2015 ; Joie, jouissance de l’âme, se donner au désir, à l’amour, éviter la haine, prudence d’Aristote, Philo blog 23 mai 2015 ; Dissimuler ou déclarer sa flamme, passion ardente, langueur, pâmoison, appâts, Charles Le Brun, Philo blog 17 mai 2015 ; Amours passionnées, chercher sa moitié, monogamie, polygamie, tragédie, catharsis, Philo blog 9 mai 2015 ; Cœur supplicié, volé, Rimbaud pendant la Commune de Paris, aventures abracadabrantesques, Philo blog 2 mai 2015, Faire l’amour avec ou sans consentement, concupiscence, impulsion, aversion, Descartes, Philo blog 25 avril 2015 ; Descartes, Casanova, la princesse palatine, la reine Christine, passions de l’âme, sang, nerf, cerveau, Philo blog 19 avril 2015 ; Passions, plaisir, anamnèse du désir brûlant et du délire d’amour, Éros et l’enthousiasme hors de soi, Philo blog 12 avril 2015; L’amour, l’ennui, le cœur et la raison, les passions, Dieu, Pascal, Heidegger, le chevalier de Méré, Philo blog 5 avril 2015 ; Fellation, rite sacré, jouissance et accès à l’au-delà, Isis, approche psychanalytique, Riviere, Klein, Philo blog 22 mars 2015 ; Nostalgie du sein nourricier maternel, objet petit a du fantasme qui prime tout, Freud, Jacques Lacan, Philo blog 1 mars 2015 ; Imago du sein maternel, pleine satisfaction du désir humain, fusion orale comblée, étreinte, Dali, Philo blog 22 février 2015 ; Aragon, chantre des organes de répression, Soljénitsyne poète et écrivain, Philo blog 19 février 2015 ; La famille première unité sociale, la femme médiatrice, Lacan, de Bonald, Comte, Maurras, Philo blog 18 février 2015 ; Lacan et la question du déclin de l’imago paternelle, la haine du père et de Dieu, Philo blog 13 février 2015 ; La flagellation qui provoque la honte en public comparée à l’exhibitionnisme, Havelock Ellis, Philo blog 29 janvier 2015 ; L’enlèvement d’Europe par un taureau, Léda amoureuse d’un cygne, la flûte de Pan, Philo blog 23 janvier 2015 ; Excitation voluptueuse de regarder l’accouplement des chevaux, Alexandre VI et Lucrèce Borgia, Philo blog 19 janvier 2015 ; Picasso, Suzanne surprise au bain par deux vieillards, le livre de Daniel, Philo blog 18 janvier 2015 ; L’être qui vit dans la passion ne peut raisonner, il n’a ni vice ni vertu, Aristote monté et bridé, Philo blog 21 décembre 2014 ; Ce qui se passe quand la femme a le rôle actif, nymphes incarnant les plaisirs érotiques divins, Philo blog 14 décembre 2014 ; Cavalière chevauchant son partenaire qui la prend sur son dos comme un cheval, equus eroticus, Philo blog 7 décembre 2014 ; Luxure de l’attouchement et pudeur du pied érotique, Dieu et sa déesse, son Ashérah, Philo blog 30 novembre 2014 ; Scènes lascives avec les tout petits pieds des chinoises, supérieures aux aphrodisiaques, Philo blog 23 novembre 2014 ; L’anti-Justine de Restif de la Bretonne face à la Justine ou les malheurs de la vertu de Sade, Philo blog 16 novembre 2014 ; Intensité du désir, l’être de la femme tout entier sexuel comme celui des hommes féminins, Philo blog 23 août 2014 ; La porte, les montants et la clef du sexe féminin, la métaphore de la rose pour les amants, les poètes, Philo blog 9 juin 2014 ; Question du déchaînement de la pleine jouissance sexuelle, mais avec qui ? Théories de Freud, Proust, Philo blog 14 mai 2014 ; D’où vient l’éclat de la beauté des femmes ? Pourquoi la splendeur du sensible est-elle illuminée ? Philo blog 27 octobre 2014 ; Secrets d’alcôve, lit conjugal, question de quantité, d’attention ou don des dieux ? Philo blog 7 avril 2014 ; Beauté du sexe féminin chantée par Saint-John Perse, attachement amoureux de la femme, Philo blog 29 janvier 2014.
Fernando Pessoa, Ode maritime ; Sade, Justine ou les malheurs de la vertu ; Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure ; Lacan, Écrits, Séminaires ; Pauline Réage, Histoire d’O.
Patrice Tardieu









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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 16:55

Amour fou au point de perdre la propriété de son corps, érotisme d’ordre mystique, Pauline Réage.
Richard von Krafft-Ebing, fondateur de la sexologie, est l’inventeur du terme, en 1886, « masochisme » d’après le nom de l’écrivain Léopold von Sacher-Masoch, auteur de La Vénus à la fourrure. Il sera repris par Freud en 1905 dans ses Trois essais sur la théorie de la sexualité et dont on se sert en psychanalyse ; mais il est devenu si courant en français qu’il est utilisé sous sa forme abrégée « maso », et associé, à tort me semble-t-il, au sadisme, dans l’expression « sadomaso » (ou S.M.), à tort car un vrai masochiste ne voudrait pas d’un sadique, et un vrai sadique ne voudrait pas d’un masochiste, il suffit de lire Sade et sa Justine ou les malheurs de la vertu, son chef-d’œuvre .
Je signalerais un autre chef-d’œuvre, mais « masochiste », rédigé par une femme, Histoire d’O de Pauline Réage, écrit dans un style très retenu, « châtié » si j’ose dire, mais limpide, publié en 1954 aux éditions Jean-Jacques Pauvert. C’est une descente aux enfers érotiques avec fouet et contention. En 1974, il y avait déjà trois millions d’exemplaires en anglais, et il était le livre français contemporain le plus lu dans le monde, et le plus traduit, y compris en serbo-croate ! Je note qu’il a été racheté par les éditions Fayard en 2012. « Pauline Réage » est l’anagramme de : « égérie (de) Paul(h)an » ( puisqu’elle l’avait écrit pour Jean Paulhan ), de son nom, Dominique Aury, qui n’avouera au journal américain, le New Yorker, qu’à quatre-vingt-sept ans en être l’auteur! Son autre ouvrage porte pour titre Anthologie de la poésie religieuse française ( Gallimard, 1943 ), qui permet peut-être de faire le lien avec la notion de « soumission » religieuse. Dominique Aury était née le 23 septembre 1907 et est morte le 27 avril 1998. La lettre « O » ( Histoire d’O ) peut être liée au prénom féminin Odile, mais aussi à « Orifice », « Objet » ( du latin « Objicere », « jeter là devant », « soumise » ). La préface, publiée avec le livre, est de Jean Paulhan lui-même, de l’Académie Française, fondateur des Lettres Françaises et des éditions de Minuit ( ainsi nommées car publiées clandestinement pendant l’Occupation par la Résistance ), directeur de la Nouvelle Revue Française ( la NRF ), qui déclare à la Brigade Mondaine venue l’interroger le 5 août 1955 : « J’ai eu le sentiment d’être en présence d’une œuvre très importante tant par la forme que par le ton, relevant de l’ordre mystique beaucoup plus que de l’ordre érotique, et qui pouvait être à notre époque ce qu’ont été en d’autres temps les Lettres de la religieuse portugaise ou Les Liaisons Dangereuses » ( document retrouvé par Régine Desforges qu’Aury commente ainsi : « Je ne pense pas que ce soit là un livre à mettre entre toutes les mains […], s’il offre un certain danger, c’est plutôt par la violence de la passion qui s’y trouve montrée, et la rêverie continuelle dans laquelle il semble baigner » [ O m’a dit, p.11] ).
La préface de Jean Paulhan porte pour titre « Le bonheur dans l’esclavage ». Il y est question d’une révolte d’esclaves en 1838 dans l’île de la Barbade [ aux Antilles britanniques ]; contre une nouvelle loi qui leur donnait la liberté, ils réclamaient de leur maître de les reprendre; celui-ci refusant, il se fit massacrer. Le Gouverneur Mac Gregor étouffa l’affaire, malgré un cahier de protestation qu’avaient laissé les deux cents hommes et femmes et qui ne fut jamais retrouvé. Il devait y avoir une apologie de l’esclavage et quelques doléances; l’enthousiasme pour la liberté et l’égalité aboutissant à la terreur comme on l’a vu avec la Révolution Française qui a coupé beaucoup de têtes. Paulhan fait alors une référence implicite mais évidente à Hegel : « Ajoutez que l’esclave étant destiné, par les soins de la Dialectique, à devenir maître à son tour ». Et il y attache cette réflexion : « Ajoutez enfin qu’il n’est pas sans grandeur, il ne va pas non plus sans joie, de s’abandonner à la volonté d’autrui, comme il arrive aux amoureux et aux mystiques, et de se voir, enfin, débarrassé de ses plaisirs, intérêts et complexes personnels ». Bref ce cahier de doléances des esclaves réclamant leur maître ferait « figure d’hérésie » aujourd’hui, de « livre dangereux » comme celui de Pauline Réage. Mais qu’appelle-t-on livres dangereux érotiques? Les appeler ainsi, c’est nous donner l’envie de les lire et « nous exposer au péril », danger de nous transformer, et de rendre « un peu nigauds » les premiers critiques! Histoire d’O est un « conte de fées » ( ceux-ci sont « les romans érotiques des enfants » ) plein de « décence » [ je dirais au niveau du style élevé, clair et élégant ], d’un « esprit toujours pur et violent, sans arrêt, sans mélange ». L’écriture est à la fois « féminine » par le souci des détails des vêtements ( les robes relevées et enroulées par derrière comme des cheveux par un bigoudi ), ce qui se passe dans la tête de l’héroïne même en plein supplice ( racheter des chaussons à son amant ! ), et « masculine » par l’aveu qu’aucune femme n’oserait avouer. Paulhan fait de nouveau une référence implicite mais évidente, cette fois-ci à Nietzsche que je cite : « Tu vas chez les femmes? N’oublie pas le fouet »; « Tu danseras et tu crieras au rythme de mon fouet. Je n’ai pas oublié le fouet? Non! » ( Ainsi parlait Zarathoustra , livre pour tous et pour personne, première partie et troisième partie, la seconde chanson à danser.). Puis à Sade : « Il est peu d’hommes qui n’aient rêvé de posséder une Justine. Mais pas une femme, que je sache, n’avait encore rêvé d’être Justine ». Il est vrai, que, de nos jours, certaines femmes s’y sont aventurées comme Vanessa Duriès ou Marie L. , mais ce sont des témoignages, elles n’ont pas le style et l’audace littéraire de Pauline Réage avec son double début et son double dénouement, comme l’a remarqué André Pieyre de Mandiargues . Jean Paulhan insiste sur l’ascèse et la punition, la fin qui nous obsède, l’effroi qui nous saisit. Je ferais remarquer qu’Albert Moll qui a considérablement augmenté l’ouvrage de Krafft-Ebing, intitule un chapitre : « Rêveries masochistes de mort et d’anéantissement de soi-même ». Nous avons deux fins dans Histoire d’O. Celle d’une dégradation, celle d’une ascèse mystique jusqu’au-boutiste par amour. Mais Paulhan refuse tout sadisme comme tout masochisme ; les personnages masculins ne sont pas sadiques, O n’est pas masochiste. Et Paulhan s’en explique d’après le texte même de Pauline Réage : le maître devenant un « dieu », il lui est difficile d’assumer cette position, tout comme le suggère la référence à la phrase de Nietzsche ( l’idée du fouet vient sans doute de Lou Andreas-Salomé qu’il n’a pas su mettre en œuvre , d’où le « mariage blanc à trois » incluant Paul Rée, et la photographie où on la voit fouetter les deux compères ! ). C’est l’amour fou de l’héroïne qui lui fait trahir ses « pareilles », l’abandon total à son amant au point d’être marquée à son chiffre, d’avoir des anneaux aux lèvres de son sexe, de perdre la propriété privée de son corps ; contrairement à l’affirmation du philosophe John Locke dans son Deuxième Traité du gouvernement civil ,chapitre V, §27 : « Chacun garde la propriété de sa personne », mais qui avait admis, vingt et un ans plus tôt, l’esclavage, dans Les Constitutions Fondamentales de la Caroline ( État d’Amérique du côté de l’Océan Atlantique ) auxquelles il avait participé, article 110. Palinodie, rétractation contradictoire de ce penseur à l’origine de l’esprit de la philosophie analytique anglo-saxonne.
Paulhan évoque la « prostitution sacrée » [ qui existe en Inde à la demande des brahmanes pour obtenir un bon karma ! ], mais il cite en exemple Héloïse qui, dans sa Correspondance avec Abélard aurait écrit : « Je serai ta fille de joie ». Voici le texte exact qui rétablit toute la force de l’amour d’Héloïse : « C’est toi seul que je désirais, non ce qui t’appartenait ou ce que tu représentes. Je n’attendais ni mariage, ni avantages matériels, ne songeais ni à mon plaisir ni à mes volontés, mais je n’ai cherché, tu le sais bien, qu’à satisfaire les tiennes. Le nom d’épouse paraît plus sacré et plus fort; pourtant celui d’amie m’a toujours été plus doux. J’aurais aimé, permets-moi de le dire, celui de concubine et de fille de joie, tant il me semblait qu’en m’humiliant davantage j’augmentais mes titres à ta reconnaissance et nuisais moins à la gloire de ton génie.[…] Auguste même, le maître du monde, eût-il daigné demander ma main et m’assurer à jamais l’empire de l’univers, j’aurais trouvé plus doux et plus noble de conserver le nom de courtisane auprès de toi que de prendre celui d’impératrice avec lui ! ». Je citerai aussi l’admirable début des Lettres de la religieuse portugaise ( restées anonymes ) : « Considère, mon Amour [ elle ne s’adresse pas à son amant, mais à l’amour qui est le sien, pour lui ], jusqu’à quel excès tu as manqué de prévoyance ». Puis elle s’adresse à son amant : « Je vous ai destiné ma vie aussitôt que je vous ai vu ; et je sens quelque plaisir en vous la sacrifiant ». Paulhan, sans le nommer, refusant la formule de Chamfort que l’amour n’est que « le contact de deux épidermes », prend pour emblème plutôt Le Vaisseau fantôme, opéra [musique et livret] de Wagner, auquel il fait allusion : « Ce Hollandais qui doit voler sur les Océans tant qu’il n’a pas trouvé fille qui accepte de perdre la vie pour le sauver ». D’où le motif d’ouverture orageux, d’une sombre et sauvage beauté. En tout cas, l’amour n’est pas liberté mais dépendance, c’est ce que signifie Histoire d’O dans son intransigeance.
Key Word : masochisme, sadisme, soumission religieuse, livre à ne pas mettre entre toutes les mains, bonheur dans l’esclavage, fouet, ascèse et punition.
Key Names : Krafft-Ebing, Albert Moll, Sacher-Masoch, Freud, Sade, Jean-Jacques Pauvert, Pauline Réage, Dominique Aury, Jean Paulhan, Choderlos de Laclos, Régine Desforges, Hegel, Nietzsche, Vanessa Duriès, Marie L. , André Pieyre de Mandiargues, Lou Andreas-Salomé, Paul Rée, John Locke, Héloïse et Abélard, Chamfort, Wagner.
Key Works : Patrice Tardieu, Soleils de l’amour, miroirs de la mort, Philo blog 27 avril 2007 ; Jouissance inhumaine: Sade, Lacan, Hegel, philo blog 3 janvier 2009 ; Le marquis de Sade et Diderot, philo blog 27 avril 2011 ; La dialectique du maître et de l’esclave, philo blog 7 juin 2011 ; Sade et les femmes, philo blog 8 septembre 2011 ; La féminité de Sade, philo blog 23 septembre 2011 ; Sade et la pulsion de mort, philo blog 24 septembre 2011 ; Nietzsche, Sade, Aristote et le fouet, philo blog 1 octobre 2011 ; La Justine du marquis de Sade, philo blog 5 octobre 2011 ; La jouissance et l’amour selon Sade et Lacan, philo blog 6 octobre 2011 ; Transgression des normes sexuelles, morales, sociales et religieuses, philo blog 8 octobre 2011 ; Sentiments et passion chez Sade et Racine, philo blog 26 octobre 2011 ; Masochisme et sadisme chez Rousseau, philo blog 29 octobre 2011 ; La dialectique du maître et de l’esclave et du serviteur, Hegel, Kojève, Hyppolite, Lefebvre, Jarczyk et Labarrière, philo blog 24 novembre 2011 ; Baudelaire, l’insatisfaction du spleen, des esclaves chargés d’approfondir sa douleur, Philo blog 13 décembre 2011 ; La dialectique du maître et de l’esclave n’existe pas, la Phénoménologie de l’Esprit, Hegel, Proust et les vestiges du jour, philo blog 1 mars 2012 et 23 mars 2012 ; Sans amour je suis disloqué, les contradictions sursumées de l’amour, Philo blog 24 mars 2012 ; Incarnation, kénose, humiliation, abaissement, Jésus et la vidure du Tout Autre, philo blog 25 mai 2012 ; Chaînes d’or du mal, Plotin, Sade, Éros, Psyché, Saint-Fond, 16 septembre 2012 ; Plotin, extase vers le Rien, déliaison, désêtre du sujet vers le désêtre de l’Un, philo blog 20 septembre 2012 ; Jouissance des larmes chez Racine et Sade, Néron, Junie, Bérénice, Titus, philo blog 5 octobre 2012 ; Plongeon dans la passion, dans la mort, Phèdre, Racine, Aristote, Sénèque, sarcophage de Paestum, philo blog 7 septembre 2012 ; Psyché féminine, état d’amour au-delà de la loi, volonté de vivre des femmes, Jung, Wagner, Platon, philo blog 12 décembre 2012 ; Sensibilité morbide et érotique, regard blessé par l’effroyable nuit, la danse, Novalis, Philo blog 16 février 2013 ; Jung, l’âme n’est pas vide, archétype contre empirisme de Locke sur l’entendement, Aristote, philo blog 10 mars 2013 ; Noblesse de l’abaissement dans la nuit obscure, Dieu abîme, Jean de la Croix, Plotin, Eckhart, philo blog 26 mars 2013 ; Jouissance et souffrance mystiques, Thérèse d’Avila transpercée, Ludovica Albertoni en extase, philo blog 2 avril 2013 ; Échange avec les dieux, sacrifice d’esclaves, d’animaux, de biens précieux, potlatch et Moïse, Philo blog 10 avril 2013 ; Lier, attacher, nouer, entrelacer, l’obligation de rendre et l’assujettissement dans le monde romain, philo blog 12 avril 2013; Honte et sensualité, goûts et désirs marqués à vie pour Jean-Jacques Rousseau par Mademoiselle Lambercier, philo blog 7 juillet 2013 ; Douleur infligée par une femme belle et cruelle, dialectique maître et esclave, Sacher-Masoch, philo blog 9 juillet 2013; La puissance de la femme: la passion de l’homme, esclave ou tyran, Nietzsche, Sacher-Masoch, Philo blog 11 juillet 2013 ; Jouissance masochiste suprasensuelle, Sacher-Masoch et Louis II de Bavière, Wagner, philo blog 13 juillet 2013 ; La douleur, la tragédie divinisent l’existence, réhabilitation du monde des apparences, recursus, Nietzsche, philo blog 15 juillet 2013 ; Héloïse veut être pour Abélard non son épouse mais son amie, sa concubine, sa fille de joie, philo blog 21 juillet 2013 ; Images obscènes de ses amours avec Abélard qui assaillent Héloïse, plaisirs, soupirs, souvenirs, philo blog 23 juillet 2013 ; Sa jouissance reste la douleur, aliénation de l’Esprit dans le monde, enfantement du Concept, Hegel, philo blog 12 août 2013 ; Nostalgie de l’Être pur, l’Être doit nécessairement s’abîmer dans le devenir, le Néant pur, Hegel, Philo blog 16 août 2013 ; Jouissance et suavité de la chair du Christ, François Couperin, leçon de ténèbres, philo blog 29 août 2013 ; Expirer en jouissant, volupté excessive, picotement des nerfs, combat des Parques et de Vénus, Sade, philo blog 13 septembre 2013 ; Voluptueuse frénésie, réduire ce qui ne va pas admettre la souveraineté de nos passions, Paulhan, Philo blog 7 octobre 2013 ; Perte d’identité dans la fusion érotique, vertige, excès, paroxysme, Baudrillard, Bataille, Hölderlin, philo blog 25 octobre 2013 ; Jouissance érotique, abîme vertigineux qui fascine, trouble, nous chavire, nostalgie, Bataille, 27 octobre 2013 ; Érotisme des corps, êtres qui se mêlent et s’ouvrent, érotisme des cœurs, des amants, philo blog 29 octobre 2013 ; Érotisme sacré, divin, religieux, rite solennel dans le silence, esprits anxieux, expérience mystique, philo blog 31 octobre 2013 ; Trouble érotique qui dépasse tout, jouissance, passion amoureuse, fusion avec le divin , philo blog 2 novembre 2013 ; Ressort caché de l’érotisme, dialectique de la transgression de l’interdit, expérience intérieure, philo blog 6 novembre 2013 ; Érotisme brûlant, extrême intensité, impulsion violente, mouvement qui excède les limites, philo blog 10 novembre 2013 ; Faire l’amour, faire la guerre, corps à corps amoureux, corps à corps guerrier, érotisme, philo blog 12 novembre 2013 ; Dénudation de l’être aimé, acte d’amour, perte de la pudeur, jeu sexuel déchaîné, érotisme, philo blog 14 novembre 2013 ; Convulsion érotique, révélation de la chair, jeux au-delà de la volonté des amants, pléthore de vie, philo blog 16 novembre 2013 ; Volupté, défaillance, paroxysme final, épuisement érotique, spasmes, fusion hors de soi vers l’autre, philo blog 18 novembre 2013 ; Expérience érotique dans un palais sans gardien ni fermeture, léger bruit dans l’obscurité, Apulée, philo blog 22 novembre 2013 ; Psyché s’interroge sur son amant nocturne, ce mari qui lui fait l’amour et s’endort, philo blog 24 novembre 2013 ; Amour de l’amour, désir brûlant, ardent, le dieu voluptueux, maître du feu amoureux, enjouement, philo blog 26 novembre 2013 ; Recevoir de Vénus sept doux baisers avec la langue, pur miel, Psyché fouettée, tourmentée, philo blog 28 novembre 2013 ; Ne faire qu’un avec l’être humain, avec l’Un, retour à l’unité perdue, se perdre dans l’Un, Plotin, philo blog 2 décembre 2013 ; Cunnilingus, cunnus, cuniculus, pornographie, nyctalopie, débauche, Parrhasios, Tibère, philo blog 8 décembre 2013 ; L’érotisme est monstration, montre en se dérobant, la pornographie est démonstration, Patrick Baudry, philo blog 10 décembre 2013 ; Mystère féminin, se donner tout en se dérobant, sa puissance est son altérité, Caravage, Rembrandt, Philo blog 18 décembre 2013 ; Soumission et asservissement dans les relations concrètes avec autrui, à cause de la liberté, Sartre, philo blog 20 décembre 2014 ; La caresse dont l’amante garde mémoire, altérité de l’autre féminin et du divin, Luce Irigaray, philo blog 7 janvier 2014 ; Rêveries diurnes, scènes érotiques de châtiment corporel, plaisir de la honte, A Rebours, Là-Bas, philo blog 7 juin 2014; L’Anti-Justine de Restif de la Bretonne face à la Justine ou les malheurs de la vertu de Sade, philo blog 16 novembre 2014 ; La flagellation qui provoque la honte en public comparée à l’exhibitionnisme, Havelock Ellis, philo blog 29 janvier 2015 ; Masochisme, satisfaction dans la souffrance, honte, humiliation, le Yin, le Yang, Théodore Reik, Freud, philo blog 16 septembre 2015 ; Excitation érotique liée au rêve éveillé masochiste, goût du malheur de femmes, Hélène Deutsch, philo blog 4 octobre 2015.
Pauline Réage, Histoire d’O précédé d’une préface de Jean Paulhan, Une fille amoureuse suivi de Retour à Roissy avec une posteface d’André Pieyre de Mandiargues. Régine Desforges, O m’a dit. Abélard et Héloïse, Correspondance. Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses. Lettres de la religieuse portugaise [anonymes]. Vanessa Duriès, Le lien ( 1993 ), Marie L. , Petite mort ( 1998). Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure. Sade, Justine ou les malheurs de la vertu. Hegel, Phénoménologie de l’Esprit, Domination et servitude, la lutte des consciences opposées. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, livre pour tous et pour personne, Par delà bien et mal, La généalogie de la morale. John Locke, Deuxième Traité du gouvernement civil, Constitutions fondamentales de la Caroline. Shaftesbury, Lettre sur l’enthousiasme [ du grec « enthousiasmos », « transporté hors de soi par Dieu » ]. Chamfort, Maximes. Le Vaisseau fantôme, opéra , livret et musique de Wagner.
Patrice Tardieu.





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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 00:00

Étant envieuse, la femme, pour Freud, aurait peu le sens de la justice car, chez elle, ce serait l’attachement amoureux et familial qui prédominerait au détriment des exigences judiciaires. Hegel, que Freud ne cite pas, avait déjà largement développé ce thème, Antigone [ de Sophocle ] incarnant dans La Phénoménologie de l’Esprit la féminité ( « das Weibliche » ). Elle aurait également, selon Freud, moins de capacité à la sublimation, étant attachée plus à la relation sexuelle concrète, alors que la sublimation exige une métamorphose des pulsions. Elle serait plus rapidement rigide psychiquement, sa libido étant devenue immuable. Et Freud de terminer ces Nouvelles conférences par une pirouette : « Si vous voulez en savoir plus sur la féminité, interrogez vos propres expériences de la vie, ou adressez-vous aux poètes » ( en attendant que l’on nous dise ce qu’il en est ) ! En ce qui me concerne, je conseille de lire le poète Saint-John Perse sur la beauté du sexe féminin lui-même [ voir Candaulisme : Nyssia callicysthe (11) Saint-John Perse, James Pradier, Lucien Clergue, Philo blog, 24/07/2012. « Callicysthe » signifie « belle en sexe » ].Key word : sublimation, libido, demander aux poètes. Key names : Freud, Hegel, Saint-John Perse. Key works : Patrice Tardieu ( j’ai publié aussi à propos de la femme « belle en sexe » sur mon Philo blog ) Candaulisme : Nyssia callicysthe (1) (2) le 16/01/2009; (3) (4) le 19/01/2009; (5) (6) le 23/01/2009; (7) le 07/03/2009; (8) le 01/07/2009; (9) (10) le 09/08/2009.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 23:05

La vie d’une femme, tel est le sujet que Freud aborde ensuite : son « choix d’objet [ d’amour ] », si elle est restée oedipienne, sera celui d’un homme du « type paternel » avec lequel elle se mariera. Mais rapidement le « nouvel objet », son époux, peut réveiller l’hostilité qu’elle avait pour la mère et cela enclenche « le combat contre le mari ». Cependant un remariage apaiserait le tout. Nouveau bouleversement : elle met au monde un enfant et s’identifie alors à sa propre mère, et par « la compulsion de répétition » inconsciemment imite le mariage malheureux de ses parents [ cette réduplication étant au-delà du principe de plaisir car quelle satisfaction peut-elle en tirer ? ]. L’homme, lui, pourra éprouver pour sa compagne l’attachement qu’il avait pour sa mère. Bref, « on a l’impression que l’amour de l’homme et de la femme sont séparés par une différence de phase psychologique ». Autrement dit, j’ajouterais que, de ce point de vue, il y a un malentendu perpétuel entre l’homme et la femme, une dysrythmie due à l’ambivalence permanente d’amour et de haine entre les êtres humains qui n’arrivent jamais à être parfaitement « en phase » les uns avec les autres, même s’ils font semblant de l’être et essaient de se persuader du contraire. Key word : choix d’objet d’amour, compulsion de répétition, réduplication. Key name : Freud. Key works : Patrice Tardieu, « Il n’y a pas de rapport sexuel », séparation des sexes, Lacan, Freud. Philo blog, 01/11/2011. Freud, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse; Au-delà du principe de plaisir. Patrice Tardieu.

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 18:10

Après le narcissisme, Freud attribue à la femme une certaine « vanité corporelle » qui serait une compensation à « son infériorité sexuelle initiale » ( sa soi-disant « envie du pénis » ). Il me semble que la coquetterie de la femme est un simple désir de plaire. Troisième particularité psychique : la pudeur. Freud reconnaît que celle-ci est sans doute plutôt imposée par la société. Pensons que dans certaines tribus, les femmes sont « habillées » d’une simple ficelle et que, par contre, en Irian Jaya, les hommes ont de gigantesques étuis péniens très encombrants ! Mais tel n’est pas l’argument de Freud qui se lance dans une hypothèse hasardeuse : les femmes auraient inventé le tressage et le tissage car, la nature ayant fait pousser à la puberté la toison pubienne cachant les organes génitaux, cela leur aurait donné la notion de ces techniques ! Freud se rend compte de l’incongruité de son propos: « si vous repoussez cette idée comme fantastique, et si vous m’imputez l’influence du manque de pénis sur la structuration de la féminité comme une idée fixe, je me trouve naturellement sans défense » écrit-il. Key word : narcissisme, vanité corporelle, pudeur. Key name : Freud. Key works : Patrice Tardieu, Nymphes invisibles de Diane au bain, brèche scélérate dans son être fermé, théophanie, kénose, Klossowski avec Proust, Philo blog du 05/01/2012. Freud, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse. Patrice Tardieu.

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 23:13

Selon Freud, l’observation permet de noter des particularités psychiques de la féminité. D’abord « un degré plus élevé de narcissisme », ce qui induit le fait « « qu’être aimée est pour la femme un besoin plus fort que d’aimer ». Je ferais remarquer que Freud glisse ici d’un problème à un autre car le narcissisme ne concerne pas une relation à autrui, mais à soi-même. La problématique : « vaut-il mieux aimer ou être aimé ? » est tout à fait différente car elle concerne une autre personne que soi. C’est d’ailleurs un problème théologique ! « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je ne suis plus que l’écho du bronze, l’éclat vide d’une cymbale. Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à déplacer des montagnes, sans l’amour, je ne suis rien » ( Paul, Première épître aux Corinthiens, XIII, 1-3 ). Nous avons ici l’hymne au fait d’aimer. A quoi Maître Eckhart réplique ( Le Détachement ) qu’il vaut mieux être aimé, « car Dieu peut entrer en moi plus intimement et s’unir à moi plus parfaitement que je ne puis m’unir à lui ». Heidegger se référera à la sérénité que cela procure. Nous sommes loin d’un « narcissisme féminin » ! Key word : rapport à soi, à l’autre, à l’Autre, sans l’amour je ne suis rien. Key names : Freud, Saint Paul, Maître Eckhart, Heidegger. Key works : Freud, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse. Paul, Première épître aux Corinthiens, XIII, 1-3 [ hymne à l’amour ]. Maître Eckhart ( 1260 -1328 ), Le détachement, Traités [ voir mes douze articles, Philo blog du 14/03/2013 au 06/04/2013 ]. Heidegger, Questions III, La sérénité ( « Gelassenheit » ). Patrice Tardieu.

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 20:43

« L’énigme de la femme » viendrait donc, selon Freud, de cette « bisexualité dans la vie féminine ». Il y aurait alors peut-être une libido ( « force pulsionnelle de la vie sexuelle » ) masculine et une féminine. Mais pour Freud, il n’en est rien ! « Il n’y a qu’une seule libido » ( seulement celle des hommes est plus agressive et les femmes la subissent ). Je ferais remarquer qu'ici Freud, pour se justifier, ne reprend nullement la théorie de la phase « phallique » masculine et féminine, il introduit un argument « téléologique » c’est-à-dire qui considère la finalité [ dans son propos, la fécondation ] prenant son origine dans la nature elle-même, ne tenant pas compte, dit-il, des « exigences » de la femme [disons-le clairement, la satisfaction sexuelle, son plaisir ] puisqu’il est question du « but biologique » qui fait fi du « consentement de la femme » ! Il est vrai que la femme peut être doublement choquée, et du viol, et du résultat de celui-ci ( être enceinte ) qu’elle ne comprend pas puisqu’elle n’était pas consentante. Ceci expliquerait plusieurs sortes de frigidité selon Freud, soit par psychogenèse, soit anatomique ! D’autres caractéristiques de la féminité apparaissent à l’observation mais sont difficiles à discerner quant à leur cause car elles peuvent provenir de la sexualité, aussi bien que de la société que Freud qualifie de « dressage social ». En tout cas, j’ajouterais que Casanova, lui, distinguait deux stratégies différentes, l’une masculine, l’autre féminine [ Voir mes quatre articles consacrés à Casanova ]. Key word : énigme de la femme; argument téléologique, sur la libido unique, basé sur la nature. Key names : Freud, Casanova. Key works : Patrice Tardieu, Casanova a-t-il aimé les femmes ? Philo blog 03/11/2011. Le désir masculin et le désir féminin selon Casanova, Philo blog 06/11/2011. Casanova, le peuple et la démocratie, Hobbes, Rousseau, Voltaire, Philo blog 08/11/2011. Casanova, Désir mimétique, médiation double, René Girard, Philo blog 14/11/2011. Freud, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse. Patrice Tardieu.

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:11

A partir de ce « complexe de castration », Freud va nous expliquer les « conséquences psychiques » que cela provoque dans la constitution de la féminité. Les femmes seraient plus jalouses que les hommes, plus passives en ce sens qu’elles attendraient leur plaisir de l’action masculine; « l’envie ( « Neid » ) du pénis » devient dans le texte de Freud « le désir ( « Wunsch » ) du pénis » qui lui-même se transforme en « désir d’avoir un enfant »; en effet, « selon une vieille équivalence symbolique, l’enfant vient à la place du pénis » écrit Freud. Dans ses jeux, la petite fille était elle-même la poupée, dans la phase oedipienne la poupée est l’enfant du père; et chez la femme mûre le contentement absolu est d’avoir un fils, elle ne sort donc pas vraiment du complexe d’Œdipe et son surmoi est plus faible que celui de l’homme. Freud pointe aussi comme conséquence possible le surgissement d’une femme masculine ( sans doute celle qui a été parfois nommée « la garçonne » ) qui évite « la poussée de passivité qui introduit le tournant vers la féminité » et conduit à l’homosexualité féminine où il y a un « homme » et une « femme ». Freud cite alors les travaux de femmes psychanalystes : Ruth Mack-Brunswick qui décrit une paranoïa de jalousie, ou Hélène Deutsch qui dépeint les relations à l’intérieur du couple homosexuel féminin. Key word : complexe de castration, conséquences psychiques, surmoi faible, la garçonne. Key names : Freud, Ruth Mack-Brunswick, Hélène Deutsch. Key works : Patrice Tardieu, Misogynie ? Hyperesthésie tactile élective raffinée, Clérambault professeur d’Esthétique et de Drapé, Philo blog du 12/11/2012. Hélène Deutsch La psychologie des femmes, I, chapitre IX l’homosexualité. Freud, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse. Patrice Tardieu.

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 23:37

Mais peut-on vraiment dire avec Freud que le « complexe de castration » explique la féminité, à la vue du pénis du garçon, par la petite fille ? Freud soutient que trois directions de son développement va en résulter. Le premier développement consiste à ce que sa castration soit perçue comme purement individuelle, puis étendue à tous les êtres féminins, et seulement à la fin à sa propre mère ( « phallique » ) qui elle-même est donc castrée en définitive ! Le deuxième développement va produire une femme « masculine » qui n’a donc pas renoncé à « l’envie du pénis », le « Penisneid » dont nous avons parlé dans l’article précédent. Le troisième développement, écrit Freud, conduit « à la féminité normale ». Mais par quel miracle ? Puisque le « complexe de castration » n’est pas propre à la fille ou à la femme, mais partagé par le garçon ! En effet une menace plane sur lui : les reproches qu’on lui fait pourraient être la cause qu’il se retrouve avec un sexe féminin soi-disant castré ! Rappelons que cette menace de castration, mise à exécution sur le sexe masculin, se trouve déjà dans l’imaginaire mythologique, la Théogonie d’Hésiode ( 188 sqq.) et le Banquet de Platon ( 181 c ), qui finalement permettra la naissance d’Aphrodite, la déesse de l’amour ! Key word : la fille, le garçon, castration imaginaire, mythologique. Key names : Freud, Hésiode, Platon. Key works : Patrice Tardieu, Obscénité et violence à l’origine du monde, Philo blog du 12/02/2008 au 04/04/2008. Freud, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse. Hésiode la Théogonie ( 188 sqq.). Platon Banquet ( 181 c ). Patrice Tardieu.

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