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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 23:54

Sade et les femmes

Sade affranchit-il les femmes ? Il y a dans « la brochure »,dans la Philosophie dans le Boudoir, un changement considérable de ton lorsqu’il aborde ce point et je pense que Sade y introduit bien sa pensée sur le despotisme du plaisir lorsqu’il écrit : « aucune passion n’a plus besoin de toute l’extension de la liberté que celle-là, aucune n’est aussi despotique », « c’est là que l’homme aime à commander, à être obéi, à s’entourer d’esclaves contraints à le satisfaire » et il envisage la prostitution de toutes les femmes dans des « maisons de débauche »; elles doivent être traitées comme des « chiennes vagabondes », des « vulgivagues ». Ce qui a tout gâché, c’est l’amour et la relation à deux. Or elles appartiennent à tous les hommes et ne doivent se refuser à aucun. Cet éloge de la « jouissance » contraire à la « propriété », avec violence éventuelle, me semble tout à fait caractéristique de Sade qui comprend donc le terme « républicain » de la manière suivante : « tous les hommes ont un droit de jouissance égal sur toutes les femmes »; les femmes ne seront plus « enchaînées » par le mariage, la procréation ( « toutes les fois que dans un gouvernement quelconque la population sera supérieure aux moyens d’existence… » écrit Sade, en avance de trois ans sur la thèse de Malthus ),la pudeur, les conventions. « Sexe charmant, vous êtes libre » conclut-il.

Key word : affranchissement, passion, extension de la liberté, passion despotique, aimer à commander, à être obéi, à s’entourer d’esclaves contraints à satisfaire l’homme, prostitution de toutes les femmes, maisons de débauche, chiennes vagabondes, vulgivagues, amour, relation à deux, « jouissance » opposée à « propriété », républicain, droit de jouissance égal sur toutes les femmes, chaînes du mariage, de la procréation, de la pudeur, des conventions.

Key names : Sade, Malthus.

Key Works : la Philosophie dans le Boudoir, Essai sur le Principe de Population.

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Published by Patrice TARDIEU - dans despotisme
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 23:25

Le Marquis de Sade et Diderot (1)

La réflexion de Diderot sur « l’autorité politique » dans l’Encyclopédie est intéressante; il développe un argument sur la loi du plus fort qui sera repris tel quel par Rousseau dans son Contrat Social et termine sur une nuance: les hommes peuvent obéir à un des leurs mais « par raison et avec mesure », et non pas « aveuglément et sans réserve ». Locke, à la fin du XVIIème siècle avait été encore plus explicite, dans son Deuxième Traité du Gouvernement Civil; il y a un droit à la révolte, que Locke exprimait de la façon suivante: « Le droit d’en appeler à Dieu ». La formulation de Diderot n’en est pas éloignée: il parle du « crime d’idolâtrie » qui consiste à prendre le Souverain pour un Dieu. Et dans son texte, Réfutation Suivie de l’ouvrage d’Helvétius intitulé l’Homme, Diderot sera encore plus clair. On voit qu’ici Diderot s’oppose à Helvétius avec lequel on le confond souvent car Helvétius est aussi un « sensualiste » ( « juger n’est jamais que sentir » écrit ce dernier dans De l’Esprit ) mais Helvétius a dédicacé son ouvrage ( posthume ), De l’Homme, à Catherine II de Russie ( qui reçut et écouta Diderot mais sans le suivre ) et à Frédéric II de Prusse, tous deux « despotes éclairés » ( Frédéric II, le Grand, écrivit jusqu’à trente volumes ! ) . Diderot est furieux,: « Le gouvernement arbitraire d’un prince juste et éclairé est toujours mauvais ». D’autant plus que la nation séduite se met à aimer le despotisme; c’est une sorte d’esclavage dans le bonheur comme dans une relation amoureuse.

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Published by Patrice TARDIEU - dans despotisme
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