Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Recherche

1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 19:44

 

L’utile, le pragmatisme américain, niveau moyen démocratique, et la French Theory de Derrida.
Tocqueville observe  l’égalité démocratique, en 1835, en Amérique du Nord, relative, changeante rapidement, des fortunes, comme nous l’avons vu, mais aussi l’égalité démocratique des esprits. En effet « l’instruction primaire y est à la portée de chacun, l’instruction supérieure n’y est presque à la portée de personne », l’égalité « culturelle » règne ! Tocqueville affirme qu’il n’y a « ni ignorant ni savant ». Il explique que « presque tous les américains ont de l’aisance ; ils peuvent donc facilement se procurer les premiers éléments des connaissances humaines ». Mais la quasi totalité doit travailler dès quinze ans, les seules études poursuivies, s’ils en poursuivent, seront dans le domaine de l’utilité immédiate. Je dirais que l’on comprend mieux que la seule véritable « philosophie américaine » soit le « pragmatisme » [ du grec « pragmatikos », « ce qui concerne l’action utile » ] et les célèbres maximes de William James [ né à New York en 1842 ] : « le vrai est une idée qui réussit ; le vrai est ce qui se vérifie ; la vérité est une valeur vitale comme la richesse, la force et la santé ; une idée n’est pas utile parce qu’elle est vraie, elle est vraie parce qu’elle est utile ; l’idée acquiert sa validité grâce au travail qui la produit ; le juste est ce qui est avantageux à notre conduite ». Je ne parle pas évidemment des philosophes américains récents influencés par la « French Theory » de Derrida ! 
Tocqueville ajoute la remarque suivante : « quand on pourrait avoir le goût de l’étude, on n’a pas le temps de s’y livrer ; et quand on a le temps de s’y livrer, on n’en a plus le goût » [ encore une de ces formules merveilleuses de Tocqueville, éclairante et bien frappée ]. Conclusion : « il se rencontre une multitude immense d’individus qui ont le même nombre de notions en matière de religion, d’histoire, de sciences, d’économie politique, de législation, de gouvernement ». Autrement dit il règne un niveau moyen général « démocratique » ! Une immense foule semblable !
Key Works : Lait spermatique ; l’approche dialectique ; galactique ; déconstructiviste de Derrida, Philo blog, 28 mai 2014 [ j’y explique la virtuosité avec laquelle Jacques Derrida, un des philosophes les plus connus et les plus traduits à l’étranger, qui a enseigné aux États- Unis, commente, dans son livre Glas, sur une colonne, l’ouvrage de Hegel intitulé L’esprit du christianisme et son destin, et, en face, sur une autre colonne de la même page des ouvrages de Jean Genet, avec en plus des incises. On peut qualifier de « dialectique » la pensée de Hegel, de « galactique » ( galaxie de la rêverie spermatique ) celle de Genet, et de « déconstructiviste » la méthode de Derrida. Si l’on veut lire un ouvrage d’un abord plus facile d’accès, on peut se plonger, dans La vérité en peinture et le chapitre « Restitutions » où il est question du duel entre Heidegger et Shapiro à propos du tableau de Van Gogh représentant des souliers délacés ( j’y ai consacré plusieurs articles de mon Philo blog du 9 septembre au 28 septembre 2014 ). Les plus courageux pourront poursuivre du Premier octobre 2014 au 16 octobre 2014, où il est question aussi du Mal d’archives de Derrida ].
Patrice Tardieu.         
    

 

 

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
commenter cet article
22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 11:26

Que faut-il pour devenir Président des États- Unis ? La démocratie parvenue à ses limites.
Qu’est-ce que la démocratie aux États- Unis ?
Avec un peu de recul, la réponse peut être la suivante : n’importe qui peut devenir Président ! Un acteur de cinéma de second plan, jouant les cow-boys, comme Ronald Reagan (1981- 1989 ) ; un élève débile selon ses propres mots ( « a D student », « un élève D » [ la notation aux USA se fait avec des lettres, de A à D, du meilleur au plus nul ] ), George W. Bush (  2001- 2009 ), fils de George Bush ( Président lui-même de 1989 à 1993 ) ; un noir aux prénoms musulmans, malgré tous les préjugés que nous avons vus, Barack Hussein Obama ; enfin Donald Trump, élu le 8 novembre 2016, un aventurier de la finance et un show man hors pair et jamais avare de bourdes ( par exemple que la Chine de Taiwan reprenne militairement la Chine continental pour former « la Chine unique » ! ), plus proche de l’inspecteur Clouseau [ personnage hilarant joué par Peter Sellers le plus souvent, dans des films comiques ] que de Clausewitz [ philosophe qui s’est penché sur l’essence et la nature de la guerre et des conflits, la stratégie, la défense et l’attaque ] selon un ancien membre du Département américain. 
Je poursuis donc la très fine analyse qu’a faite Tocqueville sur l’origine de la démocratie aux États- Unis qui ne manque pas de clairvoyance. Il a essayé, dit-il, « de montrer la direction que la démocratie, livrée en Amérique à ses penchants et abandonnée presque sans contrainte à ses instincts, donnait naturellement aux lois, la marche qu’elle imprimait au gouvernement, et en général la puissance qu’elle obtenait des affaires ». Cela commence par les colonies anglaises du Nord connues sous le nom d’ États de la Nouvelle Angleterre, par opposition au Sud où l’esclavage est tout de suite introduit. Il y règne à la fois « l’esprit de religion et l’esprit de liberté », [ rappelons que Donald Trump est un protestant presbytérien qui se rend à un des plus anciens temples des États- Unis au cœur de Manhattan ] d’où les liens étroits entre certaines croyances et la libération de tous dogmes politiques. En effet l’essence de la démocratie est l’égalité de tous. Mais, dira-t-on, il y a des riches et d’autres qui ne le sont pas ! 
A quoi Tocqueville rétorque que cela n’a rien à voir avec la transmission aristocratique de son patrimoine à travers les siècles. En effet «  la fortune y circule avec une incroyable rapidité, et l’expérience apprend qu’il est rare de voir deux générations en recueillir les faveurs ». Deuxième observation de Tocqueville, l’émigration d’Est en Ouest en Amérique du Nord permet d’observer « la démocratie parvenue à ses dernières limites ». Tous ces pionniers improvisent un nouveau mode de vie sur un terrain inconnu et ne se connaissent pour ainsi dire pas les uns les autres, chacun ignorant le parcours de son voisin. Cela enclenche l’individualisme, et  un phénomène que l’on pourra observer dans les années 1950, celui de « la foule solitaire » selon l’expression de David Riesman, et j’irai même jusqu’au début du free jazz ( environ 1960 ) avec le cri angoissant du saxophone alto en plastique blanc d’Ornette Coleman et la trompette de Don Cherry qui expriment la solitude dans la foule de la « Lonely woman ».
 ( à suivre ).
Key Works : Le Droit au milieu de la force renversé par les sauvageons, mouvement historique chaotique, Tocqueville, Philo blog 7 octobre 2016 ; Les indiens farouches des États- Unis qui ont reçu à la fois l’oppression et les lumières occidentales, Tocqueville, Philo blog 15 octobre 2016 ; Le problème des noirs aux États- Unis, l’aller et le retour en Afrique, le Liberia, Tocqueville, Philo blog 29 octobre 2016 ; Les Cent fleurs, le grand bond en avant, la révolution culturelle, Mai 1968 en Chine, Philo blog 13 novembre 2016 ; Dictature tropicale, pouvoir, richesse, concentration de la puissance politique, économique et militaire, Philo blog 1 décembre 2016.
Patrice Tardieu.

 

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
commenter cet article
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 06:27

Dictature tropicale, pouvoir, richesse, concentration de la puissance politique, économique et militaire.
Fidel Castro vient de mourir tranquillement à 90 ans, vendredi 25 novembre 2016 à Santiago de Cuba, ce dictateur qui a accumulé le pouvoir et la richesse, au nom du national socialisme tropical, qui a fasciné plus d’un étranger, comme Régis Debray hypnotisé également par Che Guevara, mort en « martyr » en Bolivie ( ses « saintes » reliques ont été rapatriées à Cuba ) , ou Madame Mitterrand venue embrasser Fidel Castro lors de son séjour en France. Il a réussi à dissimuler son projet de mainmise sur son pays avec son frère Raùl par la concentration du pouvoir politique, économique et militaire entre leurs mains, derrière l’écran de fumée de son cigare ( symbole pourtant de l’homme riche !  ) ; et l’exploitation de la feuille de tabac et de la canne à sucre qui demande un entretien continu par la population asservie, en particulier les jeunes. Il faudrait récrire à nouveau frais l’étatisme de ces soi-disant « démocraties » ( « souveraineté du peuple » ) qui centralisent à outrance leur pouvoir despotique sur la population et impose son ordre ; et ouvrir les yeux sur ces « guérilleros » devenus mafieux…à sa propre population et à ses séides qui viendront à ses funérailles dimanche 4 décembre 2016.


 

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
commenter cet article
13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 11:13

 

Les cent fleurs, Le grand bond en avant, La révolution culturelle, Mai 1968 en Chine.
Donald Trump ressemble, pour l’instant, plutôt à un personnage de Disney, « Donald Duck » [ Donald le Canard ], associé au  riche « Oncle Picsou » en français. On espère qu’il ne tombera pas dans la mare au canard et ne devienne « a duck », un spéculateur insolvable, selon l’expression anglaise du marché financier ! Élu Président des États -Unis le 8 novembre 2016 il a dit durant sa campagne qu’il allait surveiller et limiter les biens économiques venus de Chine. Mais revenons, comme nous l’avons fait à propos des problèmes des USA, au démarrage de la Chine actuelle.
Après Charles Taylor, Président du Liberia de 1997 à 2003, dont la femme avait rencontré Hillary Clinton, condamné pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, il faudrait revenir sur le plus grand meurtrier de notre temps. Il s’agit de « Mao Tsé Toung »  que l’on écrit maintenant « Mao Zedong »,  Président dès 1950 de la Chine rouge jusqu’à sa mort en 1976, dépassant Hitler et l’Allemagne nazi, Lénine, Staline et l’ URSS. L’hebdomadaire L’Obs, édition numéro 2702 du 18 au 24 août 2016, fait en quelque sorte son « mea culpa » avec en couverture « Mao, le plus grand criminel de l’histoire », car ce magazine a lui aussi fait parti d’un aveuglement, comme beaucoup d’autres publications, notamment par les articles du très fougueux Maurice Clavel, à une certaine époque. Il faut dire que la Chine maintenant est rompue, avec son « commis voyageur » de Président, Xi Jinping, au commerce capitalistique, mais continue à officiellement célébrer la statue de Mao en or et jade présentée en 2013, ainsi que son effigie sur les billets de banque ! En fait Mao a dépassé les despotismes antiques et modernes, les tyrannies militaires et autres, la « paranoïa » de certains dirigeants, sans que cela ouvre les yeux du monde. La gauche comme la droite l’ont honoré, les étudiants de 1968 l’ont adoré ( je l’ai personnellement observé, étant moi-même étudiant en philosophie à la Sorbonne, sans me laissé entraîner dans ce délire mortifère ! ), des cinéastes comme Jean-Luc Godard l’ont encensé dans le film « La chinoise » (de 1967 ) avec Anne Wiazemsky et Jean-Pierre Léaud brandissant le petit livre rouge, des pseudo-peintres pop art comme Andy Warhol et ses photos colorées prises par d’autres, l’ont représenté. J’ai assisté également à une émission télévisée où Alain Peyrefitte, Ministre du Général de Gaule, fort de son livre de 1973, Quand la Chine s’éveillera ( qui est une citation de Napoléon ! ) coupa la parole à un rescapé du Lao Gaï ( le Goulag chinois dispersé sur tout le territoire ). On peut également évoquer l’interview que Mao accorda au naïf Edgar Snow en 1976, juste avant sa mort, se qualifiant de « wu-fa wu-t’ien » que Snow comprit comme signifiant « un moine solitaire, marchant sous la pluie avec un parapluie percé », ce qui  sembla extrêmement modeste aux occidentaux nourris de séries télévisées sur les moines asiatiques gymnastes pleins de sagesse. Mais comme l’a révélé Simon Leys ( dans un article du Point, numéro 208, du 13 septembre 1976 ), cette expression chinoise est un calembour très connu qui doit être traduit par « Je suis sans foi ni loi », ce qui caractérise très bien Mao.
Jetons un bref coup d’œil sur les crimes abyssaux de Mao Zedong qui a fait périr plus de cinquante millions de personnes innocentes, par simple idéologie et volonté totalitaire, pendant que l’opinion occidentale s’éprenait de lui et l’honore encore !
La tactique de Mao est de faire participer toute la population à ses exactions et ses crimes contre l’humanité et de renverser le sens des mots pour les crédules d’hier et d’aujourd’hui. « Les Cent fleurs » promises, en 1956 -1957, envoient au Goulag chinois les contestataires. Le « Grand bond en avant » est celui d’une violence inouïe contre tous les paysans asservis et affamés, avec pour résultat de 1958 à 1962, quarante cinq millions de morts ! La « Révolution Culturelle » de 1966 n’a rien de « culturelle », il s’agit d’effacer toute la culture millénaire de la Chine et de molester, d’humilier avec des pancartes au cou et de supprimer physiquement tous ceux qui représentent la culture ; c’est le rôle des jeunes « gardes rouges ». Résultat : deux millions de morts « culturels » [ bien réels ] et la destruction considérable d’objets d’art et de livres précieux. A l’époque on ne célébrait pas des pianistes comme Lang Lang, on leur cassait les doigts ! On n’admirait pas tel penseur, on lui mettait la tête dans les W.C. ! 
En mai 1968, que se passe-t-il en Chine ? Le 4 mai 1968 dans la Province de Guangxi [ à prononcer « Kouangtseu » ] un homme et une femme subissent une séance d’humiliation et de torture suivie d’un dépeçage en règle, ce qui permet un « banquet révolutionnaire de viande humaine » ! C’est un pas de plus après la soi-disant « Révolution Culturelle » de 1966, c’est le cannibalisme révolutionnaire des foules [ Gustave Le Bon avait déjà étudié La Psychologie des foules en 1895 et avait prophétisé que « nous entrons véritablement dans l’ère des foules » caractérisées par l’évanouissement de la personnalité car elles sont anonymes et donc irresponsables, fonctionnent par contagion et impétuosité irrésistible, férocité et enthousiasme ]. Bientôt la fièvre révolutionnaire s’empare des foules chinoises ( comme les foules de la Révolution Française qui saccagent les sépultures des Rois de France en l’Église Saint Denis, « tuant » les cadavres, et des nobles dans toute la France ! ). Cette pratique des « sessions de lutte » révolutionnaire chinoise se propage et de 291 à 421 personnes sont dévorées ! Il s’agit le plus souvent de jeunes hommes, d’individus de même famille, d’un père et de ses enfants en bas âge, d’adolescents parfois pendus à des arbres et découpés comme on peut le faire à la boucherie. Le 10 mai 1968 on parade les futures victimes entravées, on leur donne des coups de bâton, on les coupe à coups de couteaux et on met à part des morceaux réservés comme le foie ou le pénis pour la milice ou le Comité révolutionnaire ! Quand il ne reste plus rien, on jette les os à la rivière. Notons qu’on éventre et qu’on émascule vivants les malheureux ! Et qu’ il ne s’agit pas du cannibalisme déclenché par la famine du [soi-disant] « Grand Bond en avant » de 1958 à 1962. C’est l’enthousiasme révolutionnaire des foules qui le fait surgir en 1968 ! Aucun responsable local n’a été puni pour ces faits.
Honte aux maoïstes français ( ou d’ailleurs ) de mai 1968 et à ceux qui ont soutenu et continue à propager leur délire !    
Key Works :  Simon Leys, Les habits neufs du Président Mao, chronique de la révolution culturelle, éditions champ libre, bibliothèque asiatique. Jean Pasqualini, Prisonnier de Mao, sept ans dans un camp de travail en Chine, éditions Gallimard, collection Témoins ; Mémoires du Garde Rouge Dai Hsiao-Ai, éditions Albin Michel ; Mao, le plus grand criminel de l’histoire, L’Obs édition numéro 2702 du 18 au 24 août 2016.

 
      


 

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
commenter cet article
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 18:05

Le problème des Noirs aux États- Unis, l’aller et le retour en Afrique, le Liberia, Tocqueville.  
Maintenant Tocqueville aborde  la situation des Noirs que je scanderais en sept points.
I. L’Afrique :   « Il n’y a pas d’Africain qui soit venu librement sur les rivages du Nouveau Monde » [ début de l’esclavage : 1619 ; fin : 1865 ] ; « d’où il suit que tous ceux qu’y s’y trouvent de nos jours [ en 1835 ] sont esclaves ou affranchis », « l’esclave moderne ne diffère pas seulement du maître par la liberté [ car on trouve dans l’Antiquité grecque  Épictète, esclave et aussi grand philosophe que Marc-Aurèle, Empereur ] mais encore par l’origine ». « Les Modernes, après avoir aboli l’esclavage, ont donc encore à détruire trois préjugés bien plus insaisissables et plus tenaces que lui : le préjugé du maître, le préjugé de race, le préjugé du Blanc, […] j’aperçois l’esclavage qui recule ; le préjugé qu’il a fait naître est immobile ».
II. Paradoxe : « Le préjugé de race me paraît plus fort dans les États qui ont aboli l’esclavage » ! Il y a le rôle de l’opinion : un blanc peut épouser une noire au Nord de l’Union [ des États- Unis ] mais cela ne se fait pas ! Quand un homme noir meurt, ces os ne sont pas mis au même endroit : « la différence des conditions se retrouve dans la mort », « il ne peut partager ni les droits, ni les plaisirs, ni les travaux, ni les douleurs, ni même le tombeau […] ; il ne saurait se rencontrer nulle part avec lui, ni dans la vie ni dans la mort ».
Au Sud, au contraire, « où l’esclavage existe encore, on tient moins soigneusement les Noirs à l’écart », «  la législation est plus dure à leur égard ; les habitudes sont plus tolérantes et plus douces ». Rappelons que la première mère que voit le nourrisson blanc est précisément une nourrice noire qui va l’allaiter et qui le gardera toute son enfance et son adolescence. Les domestiques noirs ( hommes et femmes ) sont en permanence dans la demeure.
III. Le Nord et le Sud :  Les premiers noirs ont été importés en Virginie ( en 1619 ) [ où est né George Washington ( 1732 - 1799 ) ]. « La servitude est née dans le Sud », « les premières colonies étaient fondées ». Mais «  les provinces qui ne possédaient pour ainsi dire point d’esclaves [ dans le Nord ] croissaient en population, en richesse et en bien-être, plus rapidement que celles qui en avaient ». Tocqueville explique que l’esclave a plus coûté que l’homme libre [ salarié ] dont les travaux ont été plus productifs ; c’est dans le Nord qu’il y a des manufactures, des chemins de fer, des canaux [ en 1835 ], des hommes ardents au travail ; au contraire la classe oisive qui dirige dans le Sud, est une sorte de corps « aristocratique ». « Du moment où l’ouvrier libre est entré en concurrence avec l’esclave, l’infériorité de ce dernier s’est fait sentir, et l’esclavage a été attaqué dans son principe même, qui est l’intérêt du maître ». C’est moins rentable !
IV. Trois étapes : Mais, « en abolissant le principe de servitude, les Américains ne mettent point les esclaves en liberté ». Étapes et conséquence : 1/ en 1788, l’État de New York prohibe la vente des esclaves. 2/ A partir du 4 juillet 1799 tous les enfants qui naîtront de parents esclaves seront libres. Il y a encore des esclaves mais « la servitude n’existe plus ». 3/ Tous les esclaves se retrouvent dans le Sud !
V. Émigration et agriculture. L’émigration européenne ne se fera donc que vers le Nord ! Et il y a une raison agricole ; le tabac, le coton, la canne à sucre se cultivent dans le Sud et exigent des soins continuels… Notons que le régime cubain de Fidel Castro et de Che Guevara ( Ministre de la justice expéditive et guérillero en Afrique ) va beaucoup exploiter sa population pour ce « genre » de « main d’oeuvre », en particulier la jeunesse ! Merci aux acheteurs de cigares !
VI. Problème de la transition entre esclavage et liberté. Dans le Nord « les Noirs étaient en petit nombre et les Blancs très nombreux. Mais si cette première aurore de la liberté venait éclairer en même temps deux millions d’hommes [ les Noirs du Sud ] , les oppresseurs [ les Blancs du Sud ] devraient trembler » , car « les Noirs auront pour eux le nombre et l’énergie du désespoir » ( Tocqueville écrit en 1835 ).
[ N.B. : Abraham Lincoln, républicain, est élu Président des États -Unis en 1860, cependant il s’oppose en 1861 et 1862 à l’émancipation des esclaves pour ne pas, me semble-t-il, désagréger l’Union avec les États du Sud ; même s’il est opposé à l’esclavage, comme l’est le Parti Républicain créé en 1854. Mais alors, craignant le danger, les Sudistes font sécession. C’est la guerre de Sécession jusqu’en 1865 où les Nordistes l’emportent et abolissent l’esclavage en 1863, en réalité en 1865. L’abolition de l’esclavage est le résultat de cette guerre civile ( 1861 - 1865 ) qui dure quatre ans ; Lincoln sera assassiné en avril 1865 juste après la victoire du Nord. Faisons remarquer que certains datent de 1860 l’abolition de l’esclavage aux USA pour la faire coïncider avec l’élection de Lincoln ! ] .[ P.S. le film de Quentin Tarentino intitulé Django Unchained est extrêmement bien fait et drôle, mais totalement irréaliste ( tout comme l’élimination d’Hitler dans un cinéma, dans Inglorious Basterds ). Ce sont des pochades à partir des « comics books » pour les enfants. Je suis assez désolé de dire que le film pourtant très hollywoodien et beaucoup plus ancien ( 1957 ) intitulé L’Esclave Libre de Raoul Walsh, avec Clark Gable, Yvonne de Carlo et Sidney Poitier, est quelque peu plus réaliste sur la traite négrière ( « Slave trade » ) depuis l’Afrique ].
VII. Le cas du Liberia [ pays d’Afrique de la côte Atlantique qui a, au Nord, le Sierra Leone, « Montagne du Lion » où des guerriers musulmans fourniront des esclaves noirs aux « négriers » blancs ( c’est le fameux commerce triangulaire dont j’ai parlé ) ; vers l’intérieur, la Guinée ; vers le Sud, la Côte d’Ivoire . La capitale du Liberia s’appelle Monrovia en hommage au Président républicain américain James Monroe ( 1758 - 1831 ) qui était pour l’émancipation des Noirs ].
Voici ce qu’en dit Tocqueville : « Aujourd’hui [ depuis 1822 ] on rencontre l’Européen occupé à charrier de nouveau à travers l’océan Atlantique les descendants de ces mêmes Noirs, afin de les reporter sur le sol d’où il avait jadis arraché leurs pères […]. Des barbares [ esclaves importés ] ont été puiser les lumières de la civilisation au sein même de la servitude [ aux États -Unis ] et apprendre dans l’esclavage l’art d’être libres ». C’est une société américaine qui a pour « but d’importer à leurs frais sur les côtes de la Guinée les noirs libres qui voudraient échapper à la tyrannie qui pèse sur eux ». Tocqueville mentionne que 2500 Noirs y  sont déjà ( en 1833 ). Organisation locale qui a des jurés, des magistrats, des prêtres noirs, avec des temples et des journaux, avec interdiction qu’il y ait des blancs ! [ Donc : le Liberia est un pays constitué par des esclaves noirs libérés par les blancs qui les rapatrient du Continent américain. Les descendants d’esclaves ont pratiquement toujours été au pouvoir au Liberia, devenu indépendant en 1947. Venons-en à l’époque contemporaine que n’a pu connaître Tocqueville (  1805-1859 ). Charles Taylor, dirigeant noir, né le 28 janvier 1948 au Liberia, est devenu Président du Liberia de 1997 à 2003 ; avant cela, en 1989, il lance une attaque qui débute la guerre civile ( avec répression : 150000 morts jusqu’en 1995). Sa femme a rendez-vous avec Hillary Clinton. Taylor parraine les rebelles de violence extrême du Sierra Leone qui pratiquent extermination, assassinats, viols, esclavage sexuel, enfants soldats, trafic d’armes contre diamants (la guerre civile sierra-léonaise a duré dix ans ). Résultats : entre seulement 1989 et 2003, il y a eu 400000 morts au Liberia et Sierra Leone ( capitale, Freetown [ ville de la liberté ! ] qui a la même histoire des esclaves libérés mais venant des Antilles anglaises ). Finalement Charles Taylor aura droit à un procès au tribunal de La Haye où il est reconnu coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre assorti d’une peine de prison de cinquante ans à faire au Royaume-Uni ]. Triste humanité !
Key Works : Le Droit au milieu de la force renversé par les sauvageons, mouvement historique chaotique, Tocqueville, Philo blog 7 octobre 2016 ; Les indiens farouches des États -Unis qui ont reçu à la fois l’oppression et les lumières occidentales, Tocqueville, Philo blog 15 octobre 2016.
Patrice Tardieu.  
  
    

 

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
commenter cet article
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 11:26

Les indiens farouches des États- Unis qui ont reçu à la fois l’oppression et les lumières occidentales, Tocqueville. 
Je poursuis la problématique de Tocqueville sur De la démocratie en Amérique. Voici le témoignage direct de Tocqueville qui rencontre une indienne et une femme noire : « Je me souviens que, parcourant les forêts qui couvrent l’État d’Alabama […] vint une indienne […] (du territoire occupé par la nation des Creeks ) […]. Il régnait dans le costume de l’indienne une sorte de luxe barbare : des anneaux de métal étaient suspendus à ses narines et à ses oreilles ; ses cheveux, mêlés de grains de verre, tombaient librement sur ses épaules. [ Une femme noire ] était revêtue d’habillements européens presque en lambeaux. [ Une ] petite créole montrait dans ses moindres mouvements un sentiment de supériorité ». La femme noire avait un attachement presque maternel pour cette enfant blanche, mêlé d’une crainte servile ; l’indienne « un air libre, fier et presque farouche ». Remarque de Tocqueville : « un lien d’affection réunissait ici les opprimés aux oppresseurs, et la nature, en s’efforçant de les rapprocher, rendait plus frappant encore l’espace immense qu’avaient mis entre eux les préjugés et les lois » ( De la Démocratie en Amérique I, deuxième partie, chapitre X ).
Deuxième récit de Tocqueville : « Me trouvant dans l’été 1831 derrière le lac Michigan, dans un lieu nommé Green-Bay, qui sert d’extrême frontière aux États- Unis du côté des Indiens du Nord-Ouest, je fis connaissance avec un officier américain […] qui, un jour après m’avoir parlé de l’inflexibilité du caractère indien, me raconta le fait suivant : « J’ai connu autrefois […] un jeune indien qui avait été élevé dans un collège [ au sens anglais d’ école militaire ] de la Nouvelle Angleterre. Il y avait obtenu de grands succès, et y avait pris tout l’aspect d’un homme civilisé. Lorsque la guerre éclata entre nous [ les patriotes américains ] et les anglais en 1810, je revis ce jeune homme, il servait alors dans notre armée, à la tête des guerriers de sa tribu. Les Américains n’avaient admis les Indiens dans leurs rangs qu’à la condition qu’ils s’abstiendraient de l’horrible usage de scalper les vaincus. […] Le soir [ après la bataille, ce jeune indien ] finit par entrouvrir son habit, [ il y avait ] entre son corps et sa chemise, la chevelure d’un Anglais encore toute dégouttante de sang ». [ Je ferais remarquer que c’est autre chose que le voile ou la perruque, c’est la chevelure comme trophée ! ].
Maintenant donnons l’explication de Tocqueville sur l’« état actuel et avenir probable des tribus indiennes » : « Toutes les tribus indiennes [ qui habitaient le Nord-Est des États -Unis comme les Mohicans…] ne vivent plus que dans le souvenir […]. J’ai rencontré les derniers iroquois : ils demandent l’aumône » […] « les sauvages n’ont pas seulement reculé, ils sont détruits. A mesure que les indigènes s’éloignent et meurent, à leur place vient et grandit sans cesse un peuple immense. On n’avait jamais vu parmi les nations un développement si prodigieux, ni une destruction si rapide » […] « Lorsque les Indiens habitaient seul le désert dont on les exile aujourd’hui, leurs besoins étaient en petit nombre ; ils fabriquaient eux-mêmes leurs armes, l’eau des fleuves était leur boisson, et ils avaient pour vêtement la dépouille des animaux dont la chair servait à les nourrir ».  « Les Européens ont introduit parmi les indigènes de l’Amérique du Nord, les armes à feu, le fer et l’eau-de-vie ».
Réflexion de Tocqueville : « le malheur des Indiens est d’entrer en contact avec le peuple le plus civilisé et j’ajouterais le plus avide du globe, alors qu’ils sont encore eux-mêmes à moitié barbares ; de trouver dans leurs instituteurs, des maîtres, et de recevoir, à la fois, l’oppression et la lumière ».
Key Word : luxe barbare de l’indienne des États -Unis, air libre et fier ; habillement européen en lambeaux de la femme noire servile ; l’enfant blanche créole avec un air de supériorité ; réunion des opprimés et des oppresseurs, les préjugés et les lois ; la coutume indienne de scalper les vaincus, la chevelure sanguinolente ; développement et destruction rapides, armes à feu, fer, eau-de-vie ; peuple très cultivé et oppressif à la fois.
Key Names : Tocqueville, les Creeks, les Mohicans, les Iroquois.
Key Works : Patrice Tardieu, Candaulisme, Nyssia callicysthe [ belle en sexe et en chevelure ] Philo blog 16 janvier 2009 ; Baisers, larmes, cheveux, parfum, Marie-Madeleine et Jésus, Hegel, chrême, Philo blog 10 avril 2012 ; Candaulisme, Nyssia callicysthe, Saint-John Perse, James Pradier, Lucien Clergue, Philo blog 24 juillet 2012 ; Lier, attacher, nouer, entrelacer, l’obligation de rendre et l’assujettissement, Philo blog 12 avril 2013 ; Comment dissimuler, effacer, supprimer le corps, le visage, les yeux, les formes, l’être de la femme, le voile devant la face comme un rideau fermé, Philo blog 16 août 2016 ; Atours, parure érotique, voile ou tête rase ? Le jeu de la séduction, les filles de Sion, de Babylone, Rebecca et Isaac, le Cantique des Cantiques, Philo blog 30 août 2016 ; Onanisme, prostitution, perruque, eaux d’amertume, pudeur et impudeur féminines, Philo blog 8 septembre 2016 ; Le Droit au milieu de la force renversé par les sauvageons, mouvement historique chaotique, Tocqueville, Philo blog 7 octobre 2016.      
 

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
commenter cet article
7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 17:18

Le Droit au milieu de la force renversé par les sauvageons, mouvement historique chaotique, Tocqueville.
Tocqueville s’interroge sur le devenir des sociétés en comparant l’Europe aux États-Unis dans son ouvrage De la démocratie en Amérique. Pendant son séjour il a été frappé par un certain « esprit » ( dirait Montesquieu qui parle d’ « esprit des lois » ), celui de l’égalité des conditions ( qui n’est pas l’égalité des richesses [ la richesse est la preuve de la réussite dans les démocraties ! ] ). En France l’aristocratie n’a cessé de décliner. « Louis XI [ qui déposséda les nobles à son profit ] et Louis XIV [ qui centralisa à outrance, asservit la noblesse qu’il transforma en courtisans avec perte d’autonomie ] ont pris soin de tout égaliser au-dessous du trône, et Louis XV est enfin descendu lui-même avec sa cour dans la poussière [ c’est la fin de la monarchie absolue ] », quant à Louis XVI, qui participa activement à la naissance des États -Unis ( n’oublions pas le rôle important du marquis de La Fayette dès 1777 dont tous les américains de nos jours se rappellent le nom et le célèbrent ), il se fit guillotiner le 21 janvier 1793. Et évoquons un instant Marie Antoinette, guillotinée le 16 octobre 1793 qui n’a jamais dit : « ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent des brioches ! » car cette phrase vient d’un épisode des Confessions de Jean-jacques Rousseau où il avoue avoir volé du vin et voudrait manger du pain, mais a été obligé de se rabattre sur des brioches !
Depuis le onzième siècle, en Europe, « le noble aura baissé dans l’échelle sociale, le roturier s’y sera élevé ; l’un descend, l’autre monte. Chaque demi-siècle les rapproche, et bientôt ils vont se toucher », c’est un processus continu. « Pense-t-on qu’après avoir détruit la féodalité et vaincu les rois, la démocratie reculera devant les bourgeois et les riches ? […] Où allons-nous donc ? Nul ne saurait le dire ». D’où la « terreur religieuse » de Tocqueville « par la vue de cette révolution irrésistible » ! Ce développement du nivellement s’est-il fait dans la clarté et la clairvoyance grâce à une « science politique » ? Non ! On n’a rien prévu et ce mouvement historique est incontrôlable ! La démocratie « a grandi comme ces enfants, […] privés de soins paternels, qui s’élèvent d’eux-mêmes dans les rues de nos villes » ( cf. les « sauvageons » : enfants farouches sauvages comme les arbres qui se sont développés sans avoir été cultivés ). [ Tocqueville fait allusion sans doute à la Terreur pendant la Révolution Française où l’on a coupé les seins et la vulve de Mademoiselle de Lamballe, en septembre 1792, amie de Marie-Antoinette, s’occupant de l’enfance malheureuse, rue Saint Martin à Paris, vulve qui a servi de moustache à un « patriote », à l’hilarité générale. Il pense aussi sans doute à l’égoïsme individualiste de l’égalité des conditions alors que l’on devrait penser au bien-être de tous ]. Paradoxalement les inégalités étaient acceptées sous l’ancien régime car la supériorité et la hiérarchie des aristocrates étaient perçues comme naturelles et légitimes, comme « une sorte de droit au milieu de la force ». Quels seraient les bienfaits théoriques de la démocratie ? Le bien-être général, l’éducation de tous, le respect rationnel des lois, l’intérêt de tout le monde ; que « les barrières élevées entre les hommes s’abaissent ». Mais la destruction de l’aristocratie et le passage à la démocratie n’ont-ils eu que des effets positifs ? Il y a perte de certaines qualités sans qu’il y ait de compensation : la société démocratique fabrique des individus égoïstes en conflit les uns avec les autres, avec revendications, n’obéissant à la loi que par crainte, poursuivant un intérêt personnel dans l’absence de tout respect, plein d’envies et de haines mutuelles basées sur des passions égocentriques, « on a des désirs, des regrets, des chagrins et des joies qui ne produisent rien de visible, ni de durable ».
Et qu’en est-il du monde intellectuel ? Chacun lutte pour ses opinions, on se retrouve au milieu d’un combat et de désordres, dans un langage outrancier où tout est remis en question. « Il semble qu’on ait brisé de nos jours le lien naturel qui unit les opinions aux goûts et les actes aux croyances » ; le christianisme qui a pour dogme que tous les hommes sont égaux devant Dieu, est attaqué comme antidémocratique. Tout est renversé, abandonné, ébranlé ; il y a un grand désordre, une agitation perpétuelle. Pourtant pour fonder les mœurs, il faut des croyances. Mais l’on voit des « esprits libres » parler en faveur de l’esclavage et des esprits serviles prôner la liberté, et des hommes de qualité devenir contre toutes nouvelles idées. C’est la confusion généralisée. Bref, « rien ne semble plus défendu, ni permis, ni honnête, ni honteux, ni vrai, ni faux ».
D’où l’intérêt d’étudier l’Amérique, ses lois et ses mœurs et d’y trouver des enseignements, sans en faire un panégyrique car « il n’y a presque jamais de bonté absolue dans les lois » dit Tocqueville qui a été pourtant magistrat sous la Restauration ( 1814 - 1830 de Louis XVIII puis Charles X ), député puis Ministre des Affaires Étrangères en 1849 sous la deuxième République, mais il se retire des affaires politiques après le coup d’État de Napoléon III le 2 décembre 1852 qui instaure le Second Empire !
Conclusion : « J’avoue que dans l’Amérique j’ai vu plus que l’Amérique ; j’y ai cherché une image de la démocratie elle-même, de ses penchants, de son caractère, de ses préjugés, de ses passions ».
Dans une note, Tocqueville cite l’ouvrage de son compagnon de voyage en Amérique qui aborde le problème de la situation des noirs au milieu de la société anglo-américaine ( Gustave de Beaumont, Marie ou l’Esclavage aux États -Unis, pas encore paru au moment où il écrit ).
J’ai aperçu le titre actuel d’un livre, Les noirs américains, des champs de coton à la maison blanche. Et je ferais remarquer les prénoms musulmans de l’actuel Président des États -Unis : Barack Hussein Obama ( n’oublions pas son discours du Caire le 4 juin 2009 ). Beaucoup de noirs pour s’opposer au christianisme des anglo-américains se sont convertis à l’Islam ( comme Cassius Clay, le boxeur poids lourd, d’un mètre quatre-vingt onze, devenu Mohamed Ali en 1964 pour « abandonner son nom d’esclave », mais son arrière grand-père était irlandais et le nom de « Clay » est célèbre aux USA pour être celui d’un abolitionniste du dix-neuvième siècle ! ) oubliant la « traite orientale » des Empires arabes et ottomans sous contrôle musulman qui a déporté dix-sept millions de noirs du septième siècle à 1920 ( fournissant main d’œuvre servile, harem, concubines, prostitué (e)s, eunuques, artisans, mineurs, soldats…).
Il y a aussi la « traite occidentale » et son commerce triangulaire : des esclaves issus de guerres tribales étaient achetés à des fournisseurs noirs africains ( troc de marchandises contre prisonniers de guerre ) ; onze millions de personnes à partir du quinzième siècle.
Enfin la « traite intra-africaine » , toujours issue de guerres tribales, quatorze millions de personnes depuis le onzième siècle.
L’abolition officielle de la traite des noirs date de 1807 au Royaume-Uni , de 1808 aux États- Unis, de 1815 en France ; l’abolition de l’esclavage de 1833 au Royaume-Uni ; de 1848 en France ; de 1860 aux États -Unis.
Voilà de quoi réfléchir sur l’humanité, sans parler du Goulag soviétique dès Lénine, ni de Mao « le plus grand criminel de l’histoire » ( L’Obs, 18 - 24 août 2016 ).
Key Word : Devenir des sociétés, égalité des conditions, fin de l’aristocratie, de la noblesse, de la monarchie absolue, bourgeois, riches, mouvement historique incontrôlable et imprévu, les sauvageons, la terreur, supplices, égoïsme individualiste, envie et haine, lutte des opinions, langage outrancier, désordre, confusion généralisée, démocratie, les noirs dans la société anglo-américaine, l’esclavage dans les Empires arabes et ottomans, le commerce triangulaire occidental, la traite intra-africaine issue de guerres tribales.
Key Names : Tocqueville, Montesquieu, Rousseau, Louis XI, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Marie-Antoinette, le marquis de La Fayette, Mademoiselle de Lamballe, Louis XVIII, Charles X, Napoléon III, Gustave de Beaumont, Barack Hussein Obama, Cassius Clay.
Key Works : Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Montesquieu, L’esprit des lois, Rousseau, Confessions, Gustave de Beaumont, Marie ou l’esclavage aux États -Unis.
Patrice Tardieu.

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
commenter cet article

Articles Récents

Liens