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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 23:14

Duplicité, malentendu entre hommes et femmes, dissimulation, le jeu du furet, Proust.

Le jeu du furet va permettre au narrateur de toucher la main d’Albertine. Il faut une corde sans fin avec un anneau que l’on fait coulisser secrètement qui est dit « le furet ». Au milieu du cercle il y a un joueur qui lui aussi est un « furet » puisqu’il doit deviner dans quel main l’anneau se trouve et l’attraper, pendant que l’on chante : « il court, il court le furet… ». Il y a un jeune homme à côté d’Albertine. Le narrateur va se laisser prendre, afin, finalement, de se trouver à côté d’elle ! Ses mains vont pouvoir glisser sur la ficelle en rencontrant continuellement celles d’Albertine ! Mais son cœur bat trop vite, il n’entend que celui-ci ! Le narrateur croit que pour tromper celui qui doit deviner, Albertine fait semblant d’avoir la bague, en lui lançant un clin d’œil imperceptible. Pour lui, c’est une révélation : elle est capable d’une entente secrète, de lui dire qu’elle l’aime, passant son doigt sous le sien. Pour nous, lecteur de Proust, c’est la première révélation de la duplicité d’Albertine qui sait simuler et dissimuler. Le clin d’œil était un malentendu, comme Proust ne cesse de nous le montrer dans les relations des hommes et des femmes, puisqu’au contraire il signifiait qu’elle voulait lui passer rapidement l’objet. Le narrateur est la risée de toutes les joueuses et obligé de rire lui aussi alors qu’il n’en a pas envie.

Andrée essaie de le consoler; elle a « l’intelligence des choses du cœur, le raffinement dans la gentillesse » et de plus, beaucoup de tact dont le narrateur fait l’éloge tout en se questionnant si là aussi, cela ne demande pas « une forte dose de dissimulation ».

« Il court, il court, le furet; le furet du bois joli… ».

Key word

: le jeu du furet, rencontre des mains, clin d’œil imperceptible, entente secrète, duplicité, simuler et dissimuler, malentendu, relations homme/ femme, rire sans en avoir envie, intelligence des choses du cœur, raffinement dans la gentillesse, tact, forte dose de dissimulation.

Key names

: Proust, Albertine, Andrée.

Key work

: A l’ombre des jeunes filles en fleurs ( Proust ).

L’île de notre nostalgie ( 2.2.b ).

Patrice Tardieu

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 23:47

« un plaisir en trompe- l’oeil »

Platon République, IX, 583b

Deux nouvelles interprétations s’ouvrent alors à nous. L’une platonicienne, l’autre analytique. Rappelons que Plutarque, dont s’inspire directement Ingres pour son Antiochus et Stratonice, était platonicien. Platon nous explique au livre X de la République que notre monde sensible n’est qu’apparence, que le monde véritable est l’univers intelligible des Idées. Prenons un lit. Il est d’abord conçu par l’artisan dans sa tête, il conçoit le lit dans « le monde intelligible » avant de le fabriquer. L’objet artisanal découle donc des idées de celui qui le crée. Admettons maintenant qu’un peintre passe par là et représente ce lit, il n’arrive qu’en troisième position, il va calquer l’objet-lit qui lui-même est un calque de l’idée du lit qu’a eu son fabricateur. Observons maintenant le tableau d’Ingres : c’est le calque (de 1866) de la peinture (de 1840) qui représente en son centre un lit, lui-même le calque d’un lit scénique d’opéra qui est le calque d’une idée de ce lit dans la tête du décorateur (en l’occurrence Baltard qui a aidé Ingres pour ce décor) ! L’art est donc, comme le fait comprendre Platon, l’apparence d’une apparence d’une apparence...

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