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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 21:44
Gygès invisible
Seule Nyssia est visible
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Published by Patrice TARDIEU - dans candaulisme
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 16:58

Noms clefs : François-Xavier Fabre, Œdipe, Narcisse, Sophocle, Antigone, Créon, le fleuve Céphise, Athènes, Léonard de Vinci, Platon, Raphaël, Poussin, Socrate, David, l’Agora, l’Acropole, le Parthénon, le Pirée, la mer Egée, le mont Hymette, Florence, Polynice, la France, Louise de Stolberg, Vittorio Alfieri, Stendhal, la Révolution Française, la Terreur, Napoléon, Charles X, Titien, Ingres, Saint-Just, Hegel, Comité de Sûreté Générale, Tribunal Révolutionnaire, Comité de Surveillance de la Commune, Tirésias, Racine, Eros, le Désir, Thanatos, Paul Valéry, Arcadie, Nicolas Poussin, Giovanni Francesco Guercino, Claude Lévi-Strauss, Ingres, Ovide, Œdipe, Liriope,mère de Narcisse, Céphise, Jupiter, Junon, Echo, Némésis, Patrice Tardieu, Platon, Pénia, Dénuement, Poros,Richesse, Narcisse, Giotto, Alfred Binet, Havellock Ellis, Näcke, Freud, Pâris, Héra, Athéna, Aphrodite, Hélène de Troie, Hélène de Sparte, Ménélas, Bernard de Ventadour, Jacques Lacan, Joseph James Tissot, Furies, Erinnyes, Ouranos, Aphrodite céleste, Pausanias, Platon, Euphorion de Chalcis, la Terre, l’Erèbe, Chaos, Tartare, Gorgones, Méduse, Gustave Doré, Dante, Persée, Poussin, Ovide, Jupiter, Junon, Hébé, Sémélé, Mercure, Bacchus, Pan, le mont Nysa, Tirésias, Echo, Poussin, Adonis, Ajax, Hyacinthe, Narcisse, Titien, Aristote, Platon, Paul Valéry, Patrice Tardieu, Gaëtan Gatian de Clérambault, Kojève, Lacan, Pausanias, Rousseau, Francesco Albani, l’Albane, Loth, Sodome, les Moabites, les Ammonites, Jocaste, Paul Ricoeur, Zeus, Héra, Cronos, Rhéa, Ouranos, Gaïa, Isis, Osiris, Pharaon, l’empire Inca, l’Ouroboros, Platon, Plotin, Poussin, David, Fabre.

Œuvres picturales clefs : Saint Jean-Baptiste, l’Ecole d’Athènes, Moïse dans le désert, La mort de Socrate, Saint Sébastien, La mort d’Abel, Suzanne et les vieillards, Nymphe et berger, le Bain turc, Serment du Jeu de paume, La mort de Marat, Œdipe à Colone, La mort de Narcisse, Et in Arcadia ego, Œdipe et le Sphinx, vitraux du Moyen Age, fresques de Giotto, Le jugement de Pâris, La naissance de Bacchus et la mort de Narcisse, Le triomphe de Flore, La nourriture de Bacchus, Vénus et Adonis, Echo et Narcisse, L’empire de Flore, Loth et ses filles, L’enlèvement des Sabines.
 Textes clefs : Œdipe à Colone, Antigone, Phénoménologie de l’esprit, Œdipe Roi, Andromaque, Ebauche d’un serpent, Regarder Ecouter Lire, les Métamorphoses, Sainte Agathe et la Mésopotamie, l’idole et l’icône : l’Idole aux yeux et la Sainte Agathe de Zurbaran, le Banquet, Timée, Etudes de psychologie sexuelle, Pour introduire le narcissisme, Fragments du Narcisse, l’idole et l’icône, Narcisse ou l’amant de lui-même, Soi-même comme un autre, Parménide, Ennéades.
 Mots grecs : muthos, phantasma, historia, phantasia kataleptikè, abaton, eros, thanatos, mè phunaï, krènès, epsilon, êta, phantasma, numphaïs tesdé krènès iéron, theiaïs euménisi, skotos.
Mots latins : et in Arcedia ego, « si se non noverit », « sic amet ipse, sic non potiatur amato », « vellem quod amamus abesset » (Ovide) , abesse, placandis Narcissae manibus, alter ego.
 Mots anglais : Narcissus-like tendancy. Mots allemands : Narcismus, Idealich, Ichideal.
 Patrice Tardieu

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 10:29

Mots clefs et citations : inceste, narcissisme, rapprochement, contraste, opposition, paysage historique, récit mythique, fantasmatique, l’imaginaire, l’hallucination, le rêve, la perception, imagination avec assentiment, image réelle, fantasme, disposition dramatique, himation, chœur antique, gesticulation théâtrale, stèle, limite, sanctuaire, temple, tragédie, transgression, lois, pénétrer, abaton, lieu sacré, interdit, fiel, errance, invectives, cruauté, destin, rites, expiation, purification, seuil mystérieux, mort, gauche, sinistre, funeste, optique divinatoire, le doigt vers le ciel, l’agora, indices, dissonance, contraste, musculature, hoplite, égérie, exil, temple grec, style dorique, fronton, église romaine, néo-classique, vertu, inscription grecque, sigmas lunaires, onirique, fantasmatique , attitude hargneuse, symbole, lutte fratricide, les révolutionnaires, violences, Révolution française, ulcéré, manifestations agressives, goguenardes, cruelles, émeutes, terreur, absolue négativité, Comité de Sûreté Générale, suspects, arrestations, tribunal révolutionnaire, jugements sans appel et immédiatement exécutoires, grand maître de la terreur, Comité de surveillance de la Commune, exécutions des « mauvais citoyens »,affiches placardées, fureur révolutionnaire idéologique, union sacrée, grande fratrie, Grande Illusion, suppression, éviction, rejet, horreurs quotidiennes, exil, mort, ordre napoléonien, paysage-sanctuaire, le mythe, l’Histoire, malheur, espérance, « mon malheur passe mon espérance » (Racine) , mystère du trépas, la sylve de l’Etre, le Désir, la Mort, le ne pas vivre, ne plus être là, négation de l’être, ek-stase, hors de soi, le Rien, le Non-être, l’Etre, le Néant, bergers d’Arcadie, innocence, bonheur, étonnement, figure humaine impassible, sarcophage, la source, thème létal, inceste, parricide, devin et aveugle, le plaisir de la femme, le plaisir de l’homme, prédiction, étrange folie, nymphe, divinités des montagnes , des sources et des bois, moi, émoi, consomption, voix, froideur, aimer, ne jamais posséder l’objet de son amour, la Justice, miroir, image qui séduit, indifférence, fantasme de son propre corps, extase, marbre de Paros, aspect sculptural, illusion sans corps, il se désire, l’amant et l’aimé, objet de sa propre passion, ombre, reflet, regard, yeux, obstacle infime et infini ,s’unir à l’être aimé, dénuement et richesse, se dissocier de son corps, vouloir l’absence de ce que l’on aime, non être-là, image, fantasme, narcisse, métamorphose de Narcisse en narcisse, territoire narcissique, éloge de l’exil, éloge de la fuite, fureurs héroïques, agressivité révolutionnaire et guerrière, lutte sans trêve pour la domination et le pouvoir, auto-érotisme, tendance semblable à celle de Narcisse, moi idéal, idéal du moi, sublimation de son propre moi, idéalisation d’autrui, identification, foule, horde primitive, le chef-père, déesse de l’amour, attachement, dépossession de soi, amour, moi, l’être aimé, la place du moi, mouvement vers autrui, anti-narcissique, troubadour, miroir, me regarder dans ses yeux, existence justifiée,narcissisme pur, image-fantasme, reflet, un autre, sortir de soi par son image dans le miroir, mouvement vers l’autre, autoportrait, narcissisme vers l’extérieur, l’amour de soi, la haine de soi, image de nous-même que nous renvoie autrui, égoïste sans s’aimer, amour propre, vanité, orgueil, narcissisme primaire, fusion et confusion de l’objet et du sujet, non représentable, non spéculaire, narcissisme secondaire, présence de l’autre, l’Autre, narcissisme tertiaire, mon apparence pour les autres, stèle, nymphes de la source, lieu consacré, sanctuaire, les déesses bienveillantes, antiphrase, les furies, les erinnyes ,déesses de la vengeance, sang de la castration, flambeaux, fouets, forfaits, inceste, parricide, narcisses, les ténèbres, l’obscurité infernale, chaos, serpents entrelacés, sexe féminin, castration du phallus, blessure narcissique de toute femme, la femme verse son sang alors que l’homme verse le sang d’autrui, garçon pétrifié en statue de pierre, se crever les yeux, deux mythes, prendre sens, regarder le soleil sans ciller, nectar, roi, frère et époux, gloire, étreintes, maître des dieux, usurpateur, une mortelle, ardeur, embrasement amoureux, cuisse de Jupiter, syrinx, flûte de Pan, naïade, métamorphose, grotte, lait, nectar, intensité du plaisir féminin,anémone, œillet, jacinthe, narcisse, silène, donner forme à la matière, hylémorphisme, optique aristotélicienne, l’Idée platonicienne, le monde sensible, se perpétuer dans le beau grâce à l’amour, nostalgie de l’amour impossible, mort et résurrection de la nature, cycle des saisons, « je ne suis curieux que de ma seule essence », « tout autre n’est qu’absence », « entre la mort et soi, quel regard est le sien » (Paul Valéry), rencontre avec soi-même et la mort, que sommes-nous ? Qui sommes-nous dans le miroir, le regardant, le regardé, peut-on véritablement SE regarder?, le regard et les yeux, peut-on se rejoindre sans se détruire?, peut-il y avoir fusion entre soi et l’image de soi sans passer à travers le miroir de la mort, ek-stase vers le Rien, fascination de la mort, non-soi du sujet, seule la mort se retourne sur elle-même, on ne peut rien étreindre et ravir de soi-même sans trépasser, aucune image n’est le sujet, mais le sujet n’est rien sans image, stade du miroir, se donner la mort devant un miroir, regarder la mort en face, au moment où on regarde la mort en face l’on n’est plus, narcissisme et inceste, sœur jumelle, désir incestueux réel ou virtuel, recherche du même, statue de sel, silence de Dieu, indifférence du ciel, inceste narcissique, parentèle, tu es la chair de ma chair, moi c’est toi, je dispose de toi comme de moi-même, l’autre moitié, l’alter ego, son autre moi-même, attitude éthique, considérer l’autre comme soi-même, soi-même comme un autre, je, l’autre est moi, l’autre est mien, l’incestueux narcissique, respect de la personne, destruction de l’ordre social humain, le sacré, le séparé, le tabou, le divin, le pharaon, la première épouse, le grand prêtre du soleil, le tout indifférencié, la différenciation des statuts et des rôles, l’ouroboros, le serpent qui se mord lui-même, cercle de l’éternité, ceci ou cela, l’Un qui n’est pas, le Néant suressentiel, théologie négative, exercice de style, néo-classique, rire, réflexion, l’inceste, la mort et le sacré, l’ordre et le désordre social, la société, le rapt et la violence, réconciliation des camps ennemis, fuite, exil, repli sur soi, blessures du temps.

Patrice Tardieu.

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 18:38

Mots clefs : détail, vrai, tableau, néo-classique, musée, personnages, lanière, thèse, identité,polémique, érudition-fiction, auto-fiction, détail significatif, détail anodin, signification, insignifiant, la vérité, interprétation, représentation, interpréter, désigner, épaule nue, sens, rite de purification, temple, offrande lustrale, le doigt levé au ciel, héraut, guerrier, fils ingrat, drame, humour, aveugle, tragédie, œil, saint, sacré, violer un sol inviolable, souillure, enceinte sacrée, coryphée, impie, appel au ciel, injustice, abîme, corps musclé, l’homme face à l’adversité, le bois sacré, inscription sur le temple, les « déesses bienveillantes », exil, épée, bouclier, omphale, égérie, les révolutionnaires français, la Révolution, le Comité de Sûreté Générale, la Terreur, les « suspects », arrestations, Tribunal Révolutionnaire, jugements sans appel, jugements immédiatement exécutoires, fanatique, Comité de Surveillance de la Commune, les « mauvais citoyens », les massacres de septembre, exécutions, affiches placardées, avertissement politique, vociférations, gestuelles davidiennes, fureur révolutionnaire, la Grande Illusion, les idéaux révolutionnaires, le sanctuaire, l’union sacrée,la guerre civile, les fureurs révolutionnaires, puis la dictature de l’Empire, l’ordre napoléonien haï, la tyrannie des arts pendant la Révolution, premier peintre de Napoléon, dénégation de l’idéologie davidienne, protestation anti-davidienne, la double voix du regard, équivoque, invasion, troupes napoléoniennes, destructions, représentations correctes, le représenté, le representamen, renvoi indéfini, sens, signe,interprétations non-égales, utraquistique, l’un et l’autre, un même paysage, le designatum, ce qui est désigné, l’intentio picturis, l’intention du peintre.
Noms clefs : Montaigne, Daniel Arasse, François-Xavier Fabre, Sophocle, Œdipe, Socrate, Thésée, Polynice, Greuze, Diderot, abbé Brunoy, les Euménides, les Bienveillantes, les Coloniates, Léonard de Vinci, Platon, Raphaël, Moïse, Poussin, David, Grèce, Italie, Athènes, Florence, Louise de Stolberg, Alfieri, Comité de Sûreté Générale, la Terreur, Marat, Comité de surveillance de la Commune, Massacres de septembre, Lucius Junius Brutus, Napoléon, la Toscane, la Société Populaire et Révolutionnaire des Arts, Jacques Derrida, Van Gogh, Schapiro, Heidegger, Michel Hilaire, Musée Fabre.
Œuvres picturales clefs : Œdipe à Colone, la mort de Narcisse, Saint Jean-Baptiste, l’Ecole d’Athènes, Moïse dans le désert, la mort de Socrate, la mort de Marat, les licteurs portant à Brutus le corps de ses fils, Saint Sébastien,la mort d’Abel, Suzanne et les vieillards.
Textes clefs : les Essais de Montaigne, Œdipe à Colone, Théâtre des Grecs.
Mots grecs : abaton, himation, sigma (lunaire).

N.B.: Notons que le mot grec « abaton » correspond exactement au mot hébreu « kaddoch » et au mot arabe
« harem ».C’est ce qui est sacré, sanctifié, séparé, interdit.
Mots latins : aequa vox, uterque, representamen, designatum, intentio picturis.
Mots italiens : il particulare, il dettaglio.

 

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 16:16
Satyre et bacchante
la sculpture scandaleuse
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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 12:29
Le représenté et le désigné
 Nous avons vu deux approches différentes d'un même tableau, toutes deux avec la "jalousie" des détails". La première partait d'une lanière sur l'épaule nue d'un personnage casqué dans l'ombre qui se voit identifié à Polynice. D'où la question finale de cette thèse sur la relation entre Fabre et son propre fils supposé. Apportons en plus un détail biographique de justification : Fabre fit légataire universel le florentin Emilio Santarelli, peut-être fruit d'une liaison adultère qu'il eut avec une certaine Teresa... La deuxième approche s'appuie sur les mêmes détails et d'autres pour affirmer que les personnages en bas à droite, qui forment une sorte de frise, représentent les habitants de Colone en colère qui veulent faire sortir Oedipe du lieu sacré dans lequel il a pénétré. D'où la thèse suivante : il s'agit d'une gestuelle davidienne qui fait face à la protestation antidavidienne de Fabre-Oedipe contre les faits et gestes des révolutionnaires français et l'invasion de la Toscane par les troupes napoléoniennes. Apportons là aussi des détails biographiques de justification : c'est Fabre lui-même qui a choisi ce sujet d'Oedipe à Colone. Son frère en 1791 et son père en 1792 s'exilent en Italie et le rejoignent, pendant que Louise de Stolberg et Alfieri quittent précipitamment Paris où ils vivaient depuis cinq ans. Le 15 janvier 1794, il est dénoncé comme royaliste devant la Société Populaire et Révolutionnaire des Arts et son tableau de 1787, grand prix de peinture de l'Académie, échappe de justesse à la destruction. Enfin, en 1799, les troupes françaises prennent possession de Florence. Bref la vie de Fabre a été brisée d'abord par la Révolution qui a purement et simplement supprimé l'Académie dans laquelle il s'était parfaitement intégré, puis par les troupes napoléoniennes, qui ont envahi le territoire où il s'était réfugié. Mais il n'était pas homme à se laisser abattre...
 Laquelle de ces deux thèses est juste ? Qui a raison et qui a tort ? Si le détail "fait signe " et que nous n'avons pas accès à la "chose même", une multitude d'interprétations semble possible et sans fin. Y-a-t-il une représentation correcte du détail ? Le représenté peut-il se fixer ou est-il un representamen en proie à un renvoi indéfini ? Jacques Derrida écrit : "le propre du representamen c'est d'être soi et un autre, de se produire comme structure de renvoi, de se distraire de soi. Le propre du representamen c'est de n'être pas propre, c'est-à-dire absolument proche de soi (prope, proprius). Or le représenté est toujours déjà un representamen. [...] Il n'y a donc que des signes dès lors qu'il y a du sens" Par conséquent on est renvoyé au jeu illimité des signes. Cependant lorsque Derrida examine en détail les souliers peints par Van Gogh, il critique et rejette la thèse de Schapiro et conforte celle de Heidegger . Toutes les interprétations ne sont pas égales. Nous pensons que la pluralité des hypothèses et des interprétations ne se justifient que dans le cadre de l'utraquistique (du latin uterque, l'un et l'autre). Lorsqu'il y a des contradictions dans l'homme (et qui n'en a pas ? ) , des influences opposées (ici par exemple le style néo-classique de Fabre appris directement dans l'atelier de David et les idées politiques diamétralement opposées à David du même Fabre), alors la multiplicité des interprétations est légitime comme différentes couches géologiques qui se juxtaposent ou s'entrechoquent. Ainsi on ne reste pas "à la surface". Mais les interprétations sont fondées et explicatives car elles éclairent un même "paysage" sous des angles et des lumières différentes parfois contraires . Toutefois ce n'est pas le problème ici car la première approche est clairement à la recherche du designatum, ce qui désigné. Par qui? Par l'artiste lui-même. Il s'agit donc de l'intentio picturis, l'intention du peintre : "Voilà le moment que Fabre a choisi de représenter...", "Fabre [...] semble interpréter la tragédie grecque à la lumière du drame bourgeois...", "la scène imaginée par Fabre se situerait donc à l'entracte, moment favorable à un hors texte..." .Or Fabre avait "une profonde connaissance de l'Antiquité", des textes latins et grecs affirme David. On reconnaît volontiers qu'il "est un des artistes les plus cultivés de son temps" et que "c'est lui qui aida Alfieri à apprendre le grec", enfin qu' "il est rare chez les contemporains de Fabre de pouvoir déterminer avec autant de précision les répliques ou la phrase qu'illustre une scène" . Cette scène, quelle est-elle ? Michel Hilaire, Conservateur en chef du patrimoine, directeur du Musée Fabre à Montpellier, note : "Fabre choisit le moment précis où le héros et sa fille, réfugiés dans l'enceinte du bois sacré des Euménides, s'adresse au coryphée en lui révélant son identité, ce qui entraîne un tollé général parmi les habitants du faubourg athénien de Colone" . Preuve supplémentaire, nous avons l'intentio picturis elle-même : Fabre, revenu en France après de trente ans d'exil, devenu directeur à vie du musée qui porte son nom, a l'occasion en 1829 de racheter son oeuvre Oedipe à Colone. Il rédige en 1830 la notice descriptive de son propre tableau (ou quelqu'un sous sa haute surveillance le fait à sa place, ce qui d'ailleurs serait étonnant, étant donnée sa personnalité) : "Paysage : Oedipe accompagné par sa fille Antigone, s'est réfugié dans l'enceinte du bois sacré des Euménides, dont on voit le temple dans le fond.; les habitants de Colone cherchant à l'en faire sortir par menaces et par prières". On voit que la lanière sur l'épaule nue a sauté, que le casque est tombé et que Polynice s'est évaporé. La première approche qui ne manque ni d'intérêt ni d'ingéniosité peut être qualifiée d'érudition-fiction .
Patrice TARDIEU
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Published by Patrice TARDIEU - dans utraquistique
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 11:35

 

Une main détachée de tout corps

Nous avons identifié qui se cachent derrière Oedipe et Antigone, mais ayant établi que le groupe de personnages en face d'eux sont les citoyens de Colone furieux, qui sont "dissimulés" derrière eux ? Ce sont les révolutionnaires français ! Expliquons pourquoi Fabre est un exilé comme Oedipe. Il a été l'élève de David. Ce que l'on sait moins, c'est que David, pendant la Révolution, fut membre du Comité de Sûreté Générale chargé de rechercher les "suspects", de surveiller les arrestations, d'envoyer ceux-ci au Tribunal Révolutionnaire dont les jugements étaient sans appel et immédiatement exécutoires. Ce Comité était le grand maître de la Terreur à Paris comme en province. Rappelons-nous que David fit un admirable portrait du fanatique Marat assassiné. Marat faisait, lui, partie du Comité de Surveillance de la Commune et incitait  à exécuter immédiatement les "mauvais citoyens" ; il fut l'un des inspirateurs, par ses affiches placardées, des massacres de septembre. David avait peint en 1789 les Licteurs portant à Brutus le corps de ses fils, avertissement politique pour tous, puisque Lucius Junius Brutus, étant consul, n'hésita pas à condamner à mort ses propres fils et à présider à leur exécution. Représenter une scène antique n'empêche donc pas de faire passer un message en rapport avec le temps et on comprend mieux les vociférations des "Coloniates" drapés à l'antique, dans une "gestuelle davidienne " en un double sens puisque peints dans le style de David, mais aussi empreints de fureur révolutionnaire à tel point qu'une main (derrière celui qui désigne l'homme casqué) semble voler seule, détachée de tout corps ! Que veulent les révolutionnaires ? Faire disparaître des gens comme Fabre qui empêche la grande fratrie et qui refuse d'adhérer et de croire à la Grande Illusion. Fabre, détournant des sujets imposés, représente en 1789 un Saint Sébastien expirant, attaché à un chêne brisé, transpercé d'une flèche, une feuille jaunissant devant son genou plié. Tous ces détails ne donnent-ils pas l'image du pays à ses yeux à ce moment-là ? En 1791, c'est la mort d'Abel. Quel plus beau symbole de la lutte fratricide entre Français ? Et même la Suzanne et les vieillards de la même année semble illustrer les mauvais traitements que les révolutionnaires font subir à la France, voulant, tout en profitant de ses charmes, la chasser de chez elle. Fabre détesta la Révolution et sa conséquence logique, l'ordre napoléonien ; il ne crut jamais dans les idéaux révolutionnaires. La Grande Illusion demande la suppression, l'éviction, le rejet de tous ceux qui pourraient produire une faille dans l'union sacrée, de tous ceux qui foulent le "sanctuaire". Oedipe en appelle au ciel, le doigt levé. Fabre se réfugie sur son "territoire narcissique" pour fuir les horreurs de la guerre civile, les fureurs révolutionnaires et la dictature de l'Empire qui va envahir l'Europe y compris l'Italie. Il conserve cependant une admiration sans borne pour David à qui pourtant la haute direction ou plutôt la tyrannie des arts fut confiée pendant la Révolution, David qui se vit octroyé la charge de "premier peintre" par Napoléon Bonaparte. C'est toute l'ambiguïté du tableau de Fabre dont nous avons vu les détails : le style davidien dissimule une protestation antidavidienne. La langue néo-classique, prônée par David, est ici une dénégation de l'idéologie davidienne. L'équivoque (aequa vox) c'est-à-dire la double voix du regard est à son comble. Ni David ni Fabre ne peuvent finalement vivre sur le même territoire. Lorsque Fabre  rentre enfin en France, David est mort en exil. Oedipe et les Coloniates ne peuvent cohabiter : leur "lieu" n'est pas commun.

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Published by Patrice TARDIEU - dans Révolution
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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 13:02

Un corps extrêmement musclé

 

Restent à expliquer les détails autour d'Oedipe lui-même. D'abord ce doigt vers le ciel. Signifie-t-il qu'il va bientôt y monter? Ce serait ridicule. C'est, sans doute, comme dans le cas de Socrate, un appel au ciel pour l'injustice qu'il subit. Il agrippe le poignet de sa fille qui implore les Coloniates d'avoir pitié d'eux. En dehors de ce contexte, il faudrait analyser ce doigt levé qui est celui du Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci, de Platon dans l'Ecole d'Athènes de Raphaël, du Moïse dans le désert de Poussin et, bien sûr, de Socrate emprisonné et condamné à mort de David. Ce détail ne manquerait pas de creuser un abîme dans la toile. Lorsqu'on connaît le texte de Sophocle, un autre détail est étonnant. Polynice décrit ainsi son père: "Je le retrouve comme une épave rejetée sur ce sol étranger, vêtu de quelques loques dont l'affreuse et sordide vétusté s'attache à son corps usé par les ans, tandis que sur son front sans regard la brise mêle et agite ses cheveux". Mais où sont les haillons et la carcasse décharné? Fabre a peint Oedipe avec un corps extrêmement musclé, drapé dans un himation rouge éclatant d'un plissé irréprochable. Est-ce le souci conventionnel de ne pas montrer la décrépitude? Pas seulement. Fabre fait ressortir l'attitude digne, vénérable, noble, de l'homme face à l'adversité. Observons maintenant un autre détail: l'inscription sur le temple derrière Oedipe. Disons tout de suite que ce temple est une invention du siècle précédent que Fabre reprend alors que Sophocle ne parlait que du bois sacré des Euménides. On peut lire sur le fronton en grec: theiais eumenisi, "aux déesses bienveillantes", mais, détail significatif, les "s" sont des sigmas lunaires empruntés à l'époque romaine ! Nous ne sommes plus dans la Grèce de Sophocle mais en Italie où Fabre s'est exilé ! Encore un autre détail : nous sommes sensés apercevoir au loin la ville d'Athènes, mais celle-ci est surplombée par une tour à deux étages qui ressemble fort à certaines constructions de la ville de Florence où Fabre s'est réfugié ! Oedipe, c'est Fabre lui-même qui compte bien se battre et revenir en France triomphalement, d'où peut-être cette musculature exagérée ! On peut découvrir, d'ailleurs, accroché à un arbre, toute la panoplie d'un hoplite : L'épée, le bouclier doré circulaire comme un nombril (l'omphale), un casque à plumeau terminé par une queue de cheval rouge. Détail insolite car Oedipe n'a à sa disposition normalement (ce que l'on voit à côté de lui) que son bâton et sa besace. Et Antigone ? Sa toge lourdement drapée dissimule, semble-t-il Louise de Stolberg, l'égérie de Fabre, et sans doute sa compagne en même temps que le poète Alfieri, du vivant et après la mort de celui-ci.

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Published by Patrice TARDIEU - dans grec
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 13:14

Les mêmes détails regardés autrement Nous allons rentrer maintenant dans une approche différente du même tableau basée sur une toute autre interprétation des détails[1]. Il n'y a aucun effet comique du jeune lancier montrant du doigt son oeil ; nous sommes au coeur de la tragédie d'Oedipe, lui qui s'est transpercé les yeux pour se punir du parricide et de l'inceste et qui une nouvelle fois commet une transgression en pénétrant dans l'abaton, le sanctuaire des Euménides que nul ne doit fouler (le mot abaton en grec signifie "où l'on ne doit pas entrer, saint, sacré"). Dans Sophocle le choeur lui dit : "Cesse de violer un sol inviolable". Oedipe est une souillure de ce lieu, souillure que ses yeux crevés manifestent. Il n'y a là rien de comique ni d'humoristique. Il est inutile également d'introduire un drame bourgeois à la Greuze et de faire revenir dans un entracte "hors texte" Polynice. La dispute entre le père et le fils a été d'une extrême violence. "Je te recrache et te renie" a dit Oedipe à Polynice. Tout est joué ; toute relation est coupée entre eux. On voit mal Polynice revenir. Qu'il y ait des lanciers et un guerrier casqué parmi les habitants de Colone, quoi de plus normal puisqu'il s'agit de menacer pour faire sortir Oedipe de l'enceinte sacrée ? L'homme au casque dirige un doigt vers sa tempe semblant indiquer la folie de cette transgression à Oedipe et Antigone là-bas dans l'abaton que le personnage d'à côté désigne par un doigt vers le sol, montrant d'un doigt de l'autre main le geste du guerrier dans l'ombre. L'homme majestueux, plus âgé que les autres, n'est pas Thésée écartant les bras en signe d'accueil, c'est le Coryphée, le chef du choeur qui accompagne et commente les actions de la tragédie. Son geste est celui de l'incompréhension d'un tel acte et qui cherche à raisonner l'impie. Tout à côté, appuyé sur une stèle qui délimite l'endroit sacré, quelqu'un crie à Oedipe : "Lève-toi donc, retire-toi, éloigne- toi, ! Fuis ce pays ! " (Selon le prologue même de Sophocle). Quant aux branches d'olivier à terre, elles n'ont pas été déposées par Oedipe ; ce sont des offrandes qui se trouvaient déjà là comme les vases sacrés que l'on aperçoit (autre détail ! ) près du muret d'une fontaine. Sophocle fait dire au choeur : "Ces vases, malheureux ! garde- toi d'y toucher ; reviens sur tes pas, tiens-toi à distance". Et en ce qui concerne les erreurs de détail de l'exemplaire défectueux, Fabre les a corrigés sans doute avant de peindre et non pas après coup. Il n'a donc pas eu à imaginer une scène peu vraisemblable et sans objet qui proviendrait des pages interverties ; d'autant plus qu'il était helléniste et avait pu lire directement dans un autre livre le texte grec de Sophocle avec une mise en page correcte.



[1]              Patrice Tardieu, L'exil, l'inceste et le narcissisme, Revue La Rencontre, 2ème tr. 1998 (Sur Oedipe à Colone  et La mort de Narcisse  de F.X.Fabre).

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Published by Patrice TARDIEU - dans interprétation
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 13:07

Une lanière sur une épaule nue Nous allons commencer par une approche qui met en valeur certains détails, ce qui fait basculer toute l'interprétation dans un sens[1]. Il s'agit de lire le tableau de François-Xavier Fabre (1766-1837) Oedipe à Colone. Un tout petit détail à peine perceptible sur cette grande toile est repéré : sur l'herbe devant le temple, sont posés des rameaux d'olivier. Or, c'est précisément ce qui est demandé comme offrande lustrale à Oedipe. Il a donc déjà accompli ce rite de purification. Par conséquent le moment représenté, choisi par Fabre, n'est pas le début de la tragédie de Sophocle, comme on le croit habituellement, mais sa fin, illustrant les derniers instants d'Oedipe qui, d'ailleurs, lève le doigt au ciel (comme Socrate avant sa mort dans un dessin préparatoire de Fabre à une toile disparue). Les nuages légèrement sombres dans un coin annoncent la disparition prochaine. Mais que faire alors des personnages en bas à droite puisqu'ils ne peuvent plus être les habitants de Colone en colère à l'arrivée d'Oedipe au commencement de la pièce de théâtre ? Des détails vont permettre de les identifier : l'un deux, vêtu de rouge, royal, ouvre largement les bras, accompagné de son héraut et de deux autres figures dont on ne voit que le visage. Ce ne peut être que Thésée, le roi d'Athènes, venu à la demande d'Oedipe recueillir sa dépouille. Au centre, un homme, une lanière sur son épaule nue. Celle-ci doit sans doute soutenir une épée. C'est donc un guerrier. Mais qui ? Un détail caractéristique va trahir son identité: le casque qui est l'attribut, dans la peinture de l'époque, d'un des fils d'Oedipe, Polynice. Fabre a donc l'audace de faire revenir ce fils ingrat à la fin et d'intercaler cette présence qui fait plus penser au tableau de Greuze et au commentaire de Diderot qu'à la tragédie de Sophocle, introduisant un élément de drame bourgeois. Peut-être, inconsciemment, veut-il régler ses comptes avec ce fils secret qu'il aurait eu en Italie... Un autre détail fait entrer un élément comique, amusant, d'humour bonhomme. A l'extrême gauche, un jeune porteur de lance, montre à son compagnon par son doigt dans l'oeil qu'Oedipe est aveugle ! Détail incongru, s'il en fut ! Toute cette interprétation des détails est confortée par le fait que Fabre avait eu en main la traduction du théâtre des grecs de l'abbé Brunoy qui découpait, à la manière française, la tragédie de Sophocle en cinq actes et qui comportait une erreur de fabrication du livre qui intervertissait des scènes (erreur que Fabre a corrigé sur son exemplaire). Ce détail, dû à une faute d'impression a induit une lecture décalée chez Fabre, si bien que Polynice peut surgir dans la scène imaginée située à l'entracte avant "l'acte V" final, dans un "hors texte" évidemment.

 



[1] Revue La Rencontre, 1er  tr. 2003.

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Published by Patrice TARDIEU - dans herméneutique
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