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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 23:33

La séduction du bourreau, cruauté sadique au Rwanda

Pourquoi préfère-t-on le « témoignage » des bourreaux plutôt que celui des victimes, thèse soutenue sur« la séduction du bourreau » que l’on peut déjà déceler en 1973 dans le film de Liliana Cavani Portier de Nuit avec Dirk Bogarde jusqu’aux Bienveillantes de Jonathan Littell en 2006 et dans un travail universitaire de 2010? Il me semble que soi-même, on préfère être vainqueur que vaincu, quitte à être le bourreau. Celui qui est resté en vie, finalement a « gagné ». Si nous sommes actuellement en vie, et en remontant dans toute la généalogie jusqu’au début de l’humanité, c’est que nos ancêtres ont survécu à toutes les guerres et tous les conflits depuis l’origine et donc parmi nos ancêtres il y a beaucoup plus de bourreaux que de victimes! S’identifier aux victimes est une hypothèse déplaisante: c’est la fin de notre lignée et de nous-même.

Mais venons en aux grandes exterminations de masse du XXème siècle, il est remarquable que l’on parle toujours énormément que d’un seul système totalitaire pour le vilipender et très peu de l’autre ( le Goulag, le Lao Gai ).Il y a donc une seconde préférence: être du côté des bourreaux qui ont gagné plutôt que de celui des bourreaux qui ont perdu ( les Nazi ).

Abordons maintenant des considérations déplaisantes et penchons-nous sur le Rwanda et le massacre des Tutsis par les Hutus du 6 avril au 4 juillet 1994, en trois mois, les trois premiers, 800 000 personnes ont été le plus souvent découpées vivante à la machette ou autres instruments avec une explosion de violence inouïe, souvent sexuelle et sadique ( comme dans le crime des Papin analysé par Lacan ). Les colons belges avaient favorisé une ethnie ( les Tutsis) plutôt que l’autre ( les Hutus déconsidérés depuis longtemps, avant les Belges ), puis à la toute fin de la colonisation la tendance avait été inversée par les pasteurs flamands ( ils importaient l’opposition aux wallons « favorisés » par rapport aux flamands « défavorisés » depuis des siècles ).Le conflit s’est réglé ensuite, peut-on dire, à coups de machettes, l’ethnie « défavorisée » depuis le début massacrant l’autre. Les troupes françaises sont intervenues après et ont protégé les bourreaux, c’était l’ « opération turquoise » qui avait repérée l’appel continu au « travail » ( le massacre des Tutsis) de Radio Mille Collines sans la fermer et qui a permis à des génocidaires découverts de s’enfuir au Zaïre. Ce sont les causes historico-sociales. Sont-elles plus agréables à entendre que l’hypothèse d’une pulsion de mort en chacun? Il y a plusieurs millions de bourreaux à juger au Rwanda, sans parler de ceux qui se sont réfugiés à l’étranger ( en Afrique mais aussi en France ). La tâche est colossale.

P.S.: Le bourreau est-il à la source de ses actes ? Eichmann était-il « à la source de ses actes »? Et le khmer rouge Douch (en procès puis condamné en 2010 à 35 années de prison, réduites à 19 )? J’ai essayé de répondre à cette difficile question de la responsabilité individuelle et de la responsabilité collective sur mon Blog du 12/11/2011.

Patrice Tardieu

Key word

: témoignage des bourreaux, des victimes, séduction du bourreau, portier de nuit, préférence à être vainqueur plutôt que vaincu, être le bourreau, rester en vie, survivre à tous les conflits et toutes les guerres, parmi nos ancêtres beaucoup plus de bourreaux que de victimes, sinon fin de notre lignée et de nous-même, extermination de masse, deux systèmes totalitaires mais un seul est vilipendé, très peu l’autre, le Goulag et le Lao Gai, être du côté des bourreaux qui ont gagné; les ethnies au Rwanda, massacre des Tutsis par les Hutus, personnes découpées vivante à la machette, violence inouïe sexuelle et sadique, référence au crime des sœurs Papin, opposition en Belgique entre les wallons et les flamands, conflit réglé à coups de machette au Rwanda, l’ethnie défavorisée depuis le début massacrant l’autre, les bourreaux protégés, intervention française, génocidaires découverts enfuis, causes historico-sociales, pulsion de mort en chacun de nous, le bourreau est-il à la source de ses actes ?

Key names

: Liliana Cavani, Dirk Bogarde, Jonathan Littell, les Tutsis, les Hutus, les Wallons, les Flamands, les sœurs Papin, Lacan, Radio Mille Collines, Opération Turquoise.

Key places

: Rwanda, Belgique, Zaïre.

Key works : Portier de nuit

,film de Liliana Cavani avec Dirk Bogarde; les Bienveillantes ( de Jonathan Littell ); Lacan, le crime des sœurs Papin ( de Patrice Tardieu, Philo Blog du 18/10/2011 ).

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Published by Patrice TARDIEU - dans Marquis de Sade
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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 01:24

Responsabilité individuelle ou collective ? le cas des khmers rouges, problème des idéocraties

On ne peut pas dire : si tel criminel avait eu un accident, ses victimes seraient encore en vie, mais dans le cas d’un Khmer rouge comme Douch « il y en aurait eu un autre qui aurait fait le sale boulot ». C’est croire au mythe de « la Roue de l’Histoire » inexorable. Rappelons qu’il y a beaucoup de « si ». D’abord si, en France, on n’avait pas fait de Pol Pot un révolutionnaire fanatique, si Khieu Samphân, n’avait pas soutenue, à Montpellier, sa thèse sur la paysannerie où le développement des villes est comme une sangsue pour les campagnes, y aurait-il eu la déportation des habitants des villes vers les campagnes, ou les camps tortionnaires plutôt que concentrationnaires comme le S21 dirigé par Douch qui est loin d’être une brute épaisse inculte puisqu’il peut réciter Vigny et apprécier Van Gogh ou Picasso? Résultat: du 17 avril 1975 à janvier 1979, grâce à l’endoctrinement idéologique ( idéocratie : l’idéologie au pouvoir ), un quart de la population du Cambodge a disparu, épuisée, torturée; 17000 crânes fracassés pour le seul S21...Peut-on dire que c’était inévitable et que de toute façon quelqu’un « aurait fait ce sale boulot »?

On peut lire à ce sujet, Anatomie d’un cauchemar ou comment on devient Pol Pot de Philip Short, voir le documentaire, S21 la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh, ou écouter France Culture, le Cambodge Au pays des tigres disparus.

Rappelons, pour mémoire, que les Khmers rouges sont restés aux Nations Unis jusqu’en 1992 et que beaucoup sont encore en poste dans leur pays, que les survivants coexistent avec leurs bourreaux à quelques mètres les uns des autres ( comme au Rwanda ) et que Maître Jacques Vergès ( ami proclamé de Khieu Samphân ) a « disparu » de 1970 à 1978.

Pour la responsabilité individuelle, il y a dans le documentaire S21 de Rithy Panh un moment où les ex-gardes khmers rouges montrent le registre où figurent les noms des détenus sur lequel Douch a marqué de sa main: « Peng (c’est le nom du garde) frappe jusqu’à ce qu’il ne reste plus que poussière ». Vanh Nath, survivant, fait remarquer qu’ils utilisaient toujours le verbe « détruire » et non « tuer »; on détruit un objet, on tue un homme. Il y avait volonté d’anéantissement et Douch n’était pas le dernier à vouloir cet anéantissement du sujet en objet jusqu’à la poussière emportée par le vent. A un moment, Vanh Nath demande: « Pourquoi ai-je été torturé pour avouer, alors que je n’avais rien à avouer? J’ai refusé d’avouer quoi que ce soit ».Les ex-khmers rouges répondent unanimement: « Tu n’avais qu’à inventer; de toute façon, on terrorisait les détenus pour avoir des aveux ». Le problème, c’est qu’une fois que le détenu avait avoué des choses imaginaires souvent suggérées par le garde, il était « détruit ». Vanh Nath doit sa survie à ce qu’il était peintre et faisait avec délicatesse (« sans brusquerie dénotant un manque de respect ») le portrait de Douch qui voulait avoir sur le tableau une belle peau rose, lisse et ferme comme celle d’une jeune vierge! N’y a-t-il pas là responsabilité individuelle de vie ou de mort? Les autres peintres n’ont pas eu cette chance…

Patrice Tardieu

Key word

: responsabilité individuelle ou collective ? ,les khmers rouges, les idéocraties, mythe de la roue inexorable de l’histoire, les « si » dans l’histoire, les bourreaux coexistent avec les survivants, détruire un objet / tuer un homme, volonté d’anéantissement du sujet en objet, torture, terroriser.

Key names : les khmers rouges, Douch, Pol Pot, Khieu Samphân, Jacques Vergès.

Key dates : extermination d’un quart de la population du Cambodge du 17 avril 1975 à janvier 1979 par les khmers rouges; les khmers rouges à l’ONU jusqu’en 1992.

Key works : ( livre) Anatomie d’un cauchemar ou comment on devient Pol Pot ( de Philip Short ), ( documentaire, DVD ) S21 la machine de mort khmère rouge ( de Rithy Panh ), ( Radio France-Culture ) le Cambodge au pays des tigres disparus ( de Laure de Vulpien ).

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Published by Patrice TARDIEU - dans peinture
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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 00:28

L’inhumanité dans l’humain, la banalité du mal, portrait du bourreau, les khmers rouges

Le témoignage de François Bizot dans le Silence du Bourreau est particulièrement poignant car il traite de l

inhumanité de lhumain.

Avant lui, il y avait eu le Rapport sur la banalité du mal dHannah Arendt qui montrait comment cet homme qui avait tout raté dans sa vie, Eichmann, qui sétait engagé dans le Parti Nazi sans en connaître la doctrine, « nétait pas un monstre » mais « un clown ». Elle sinterrogeait sur « lindicible, limpensable banalité du mal ».

Et, avant elle, Joseph de Maistre avait fait un portrait saisissant du bourreau ( les Soirées de Saint-Pétersbourg ) avec cette réflexion : « Cette tête, ce cœur sont-ils faits comme les nôtres ? Ne contiennent-ils rien de particulier et détranger à notre nature ? [] Il est fait comme nous extérieurement; il naît comme nous. [] Il dit dans son cœur : Nul ne roue mieux que moi.[] Est-ce un homme ? Oui ».

Mais le cas du Cambodge nous touche puisque cest en France quon a fait de Pol Pot un révolutionnaire fanatique, et que Khieu Samphân, théoricien de « lAngkar » ( « lOrganisation Révolutionnaire »), était à la Faculté de Montpellier en 1955 et publia sa thèse sur la paysannerie où il soutint que les villes sont des « sangsues » pour les campagnes, origine de lidée meurtrière de la déportation des citadins dans les « champs » de la mort, utopie dun étudiant à lUniversité française ! Il rejoindra les Khmers rouges en 1967.

Quant à Douch, de son vrai nom Kang Kek Ieu, il sest illustré au Centre d’extermination M13 ( où a été François Bizot, seul rescapé ), puis au S21 où, pour obtenir de soi-disant aveux, on arrachait les ongles, on écorchait vivant les détenus , qui a occupé le local même du Lycée français de Phnom Penh, où il y eut 17000 personnes torturées à mort et 6 survivants. Douch a noté dans un registre: « frappe le détenu jusquà ce quil ne reste plus que poussière ». Parmi les survivants, il y eut le peintre Van Nath. Lui aussi eut lhabileté de parler à Douch qui discourait sur Van Gogh et Picasso, mais surtout il fit ses portraits avec douceur et respect. Douch voulait que son visage soit de couleur rose comme la peau lisse et fine dune jeune vierge !

Ceci mamène à dire quil ny a pas seulement le rôle dune « idéocratie » ( lidéologie au pouvoir ) qui disculperait les individus de toute culpabilité, mais responsabilité personnelle puisque Douch a décidé de sauver ou non quelques vies. Le mot employé nétait pas « tuer » mais « anéantir » ( « kamtech ») les détenus après les avoir torturés. Comme un des gardes ( Choueng Ek ) le dit : « nous nous appliquions à lanéantissement ». Douch surveillait et attendait lexécution.

Le procès de Douch sest ouvert le 13 août 2008, a abouti à une condamnation, en 2010, de 35 années de prison réduites à 19. François Bizot y a témoigné mais cela a eu pour effet de « disculper » dune certaine manière Douch au profit dun système idéologique responsable de tout, et du fait de dire que Douch est un « homme comme nous » a engendré cette idée dune inhumanité inscrite dans lhumanité, dans le bourreau comme dans la victime comme François Bizot lui-même.

Jaimerais dire un mot sur la conversion au catholicisme de Douch. Sil était resté bouddhiste, la sanction était terrible : son Karma et son Samsara ( réincarnation dans la prochaine vie en fonction de ses actions dans celle-ci ) eussent été horribles. Il vaut mieux se convertir à une religion du pardon. Ta Mok, « Frère n°6 », surnommé « le boucher », avait été bonze. Il est mort sans avoir été jugé le 21 juillet 2006.

Patrice Tardieu

Key word

: inhumanité de l’humain, banalité du mal, pas un monstre mais un clown, l’indicible impensable banalité du mal, le bourreau est-il comme nous ? Oui, révolutionnaire fanatique, origine de l’idée meurtrière de la déportation des citadins dans les champs de la mort, centre d’extermination, torture pour obtenir de soi-disant aveux, le bourreau Douch voulait que son visage soit comme celui d’une jeune vierge, l’idéocratie, l’idéologie au pouvoir mais responsabilité personnelle, non pas tuer mais anéantir, disculpé au profit d’une idéologie et d’une inhumanité de l’être humain, conversion religieuse du bourreau.

Key names

: François Bizot, Joseph de Maistre, Hannah Arendt, Eichmann, Khieu Samphân ( Théoricien de l’Organisation Révolutionnaire [« Angkar »] khmer rouge, Président du Kampuchéa Démocratique ), Douch ( Directeur du camp de torture S21 ), Choueng Ek ( un garde-exécuteur au camp S21 ), Ta Mok ( « le boucher » ), Vanh Nath (peintre survivant ).

Key works : le Silence du Bourreau

( François Bizot ), les Soirées de Saint-Pétersbourg ( Joseph de Maistre ), Eichmann à Jérusalem rapport sur la banalité du mal ( Hannah Arendt ), « S21, la machine de mort khmère rouge »( Rithy Panh ) documentaire ( DVD ) où l’on voit de nombreux gardes-exécuteurs mimer leurs actions et le peintre survivant Vanh Nath, le Pays des tigres disparus émission de France-Culture avec un long entretien de Laure de Vulpien avec Khieu Samphân où il affirme n’avoir aucun regret ni aucune excuse à donner, il refuse le terme de « génocide » et la qualification de Pol Pot comme « ogre » ayant dévoré ses « enfants ».

 

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Published by Patrice TARDIEU - dans politique et religion
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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 23:58

Joseph de Maistre, le bourreau khmer rouge et la profondeur abyssale du mal

En dehors de sa place dans l’histoire des idées, Joseph de Maistre peut encore nous intéresser aujourd’hui par sa réflexion, notamment, sur ce que l’on pourrait appeler « la profondeur abyssale du mal ». Prenons, en 2008-2010, le procès du khmer rouge Douch qui a commencé sa carrière au camp d’extermination M13 avant l’arrivée à Phnom Penh en 1975 où il a continué jusqu’en 1979 la torture et l’anéantissement au camp S21, « Battez-les jusqu’à ce qu’il ne reste que poussière » a-t-il écrit, lui qui commandait ce camp, désormais installé dans les locaux du Lycée Français. Le bourreau est-il un monstre ? François Bizot, seul rescapé du camp M13, qui a témoigné au procès de Douch, a répondu : C’est un être humain comme nous tous. Joseph de Maistre pose la question du bourreau et y répond : « Est-ce un homme ? Oui. », faisant écho à la pensée de François Bizot deux siècles avant.

Joseph de Maistre prend aussi l’exemple de la guerre et ce phénomène surprenant d’un jeune homme doux et aimable qui se trouve mal si on écrase par hasard le canari de sa sœur, et qui est pris tout à coup par « l’enthousiasme du carnage ».

La Révolution Française et sa terreur lui semble « un miracle ». Il évoque les massacres des 2, 3 ,4, et 5 septembre 1792 où tous les prisonniers politiques furent massacrés et la Princesse de Lamballe, rue Saint Martin, eut les seins coupés ainsi que la vulve dont un participant se fit une moustache sous les rires de la foule ! « le rire est le propre de l’homme » a dit Rabelais. Rappelons que Pol Pot, formé en France, artisan du Kampuchéa Démocratique et qui se faisait appeler « Frère n°1 », avait pris Robespierre, sans doute, pour modèle, « génie infernal » selon Joseph de Maistre.

Patrice Tardieu

P.S.: Douch a été condamné, le 26/07/2010 pour meurtres, tortures et crime contre l’humanité, à 35 ans, mais avec les différentes remises, il n’a plus que 18 années de prison à faire. Quant à Khieu Samphan, théoricien de la déportation des villes vers les campagnes, et ancien Président du Kampuchéa Démocratique, qui doit être défendu par Jacques Vergès pour leur « vieille amitié », il prétend n’avoir rien vu, rien su, rien fait; son procès s’est ouvert le 27/06/2011. Le premier ministre actuel du Cambodge, qui freine tout cela, Hun Sen, est un ancien khmer rouge.

Key word

: le bourreau, la profondeur abyssale du mal, torture, anéantissement, battez-les jusqu’à ce qu’il ne reste plus que poussière, monstre ou être humain tout à fait semblable à nous tous, est-ce un homme ? Oui, exemple de la guerre, enthousiasme du carnage, Révolution française, les massacres de septembre 1792, prisonniers politiques massacrés, femme mutilée, rire de la foule, le Kampuchéa Démocratique, Frère n°1, génie infernal de Robespierre.

Key names

: Joseph de Maistre, Robespierre, Mlle de Lamballe; Douch, Pol Pot, Khieu Samphan, François Bizot.

Key place

: rue Saint Martin ( Paris ), Phnom Penh.

Key time

: septembre 1792; 1975-1979; 2008-2010; 26/07/2010; 27/06/2011.

Key works : Les Soirées de Saint-Pétersbourg

( Joseph de Maistre ), Le Silence du Bourreau ( François Bizot ), Anatomie d’un cauchemar ( Philip Short ), l’Utopie meurtrière ( Pin Yathay ), la Déchirure ( the Killing Fields ) film, S21 la machine de mort khmère rouge documentaire ( DVD ) de Rithy Panh, Laure de Vulpien : Cambodge, le pays des tigres disparus, émissions radiodiffusées de France Culture.

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 23:52

Casanova, le peuple et la démocratie, Hobbes, Rousseau, Voltaire

Casanova a beaucoup écrit sur les femmes mais il a aussi des opinions sur le peuple. Il a rencontré Voltaire et Rousseau. Rappelons que pour Rousseau « il n’a jamais existé de véritable Démocratie et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné.[…] S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes » ( Du Contrat Social, livre III, chap.IV De la Démocratie ).

Casanova se réclame de Hobbes : le sage gouvernement doit maintenir le peuple par les « digues » de l’autorité. Casanova va même plus loin : il faut contenir cet « esprit de rébellion » qui fleurit surtout dans toute grande ville, endormir cet esprit démocratique, utiliser la superstition pour le faire obéir car le peuple « n’est qu’un animal d’une grandeur immense qui ne raisonne pas » ( Casanova reprend l’image hobbienne du léviathan, monstre symbole de la société ). En effet le peuple est semblable partout, « il n’a ni lois, ni système, ni religion; ses dieux sont le pain, le vin et la fainéantise ». Finalement le peuple ne « peut être heureux qu’écrasé, foulé, tenu en laisse ». Pourquoi ? C’est que «  tout peuple est une union de bourreaux » écrit Casanova.

Key word

: les femmes, le peuple, il n’a jamais existé de véritable démocratie et il n’en existera jamais, contre l’ordre naturel, le grand nombre, le petit nombre, seul un peuple de dieux se gouvernerait démocratiquement, un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes, maintenir le peuple par des digues, l’esprit de rébellion partout dans les grandes villes, esprit démocratique, la superstition, le peuple est un animal d’une grandeur immense qui ne raisonne pas, image hobbienne du léviathan monstre symbole de la société, le peuple n’a ni lois ni système ni religion, les dieux du peuple sont le pain le vin et la fainéantise, le peuple ne peut être heureux qu’écrasé foulé tenu en laisse, tout peuple est une union de bourreaux.

Key names

: Casanova, Voltaire, Rousseau, Hobbes.

Key works : Léviathan

( Hobbes ), Du Contrat Social, livre III, chap.IV De la Démocratie ( Rousseau ), Dictionnaire philosophique ( Voltaire ), Histoire de ma vie ( Casanova ).

Patrice Tardieu

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 00:41

Sade, l’apathie et le stoïcisme

Le terme « apatheia » existe dans la philosophie déjà chez Platon et Aristote; on peut le traduire par « apathie », « absence de sensibilité » comme dans le traité De la Psychè d’Aristote. Mais c’est le stoïcisme de l’époque impériale qui lui donne un poids particulier. Et d’abord Sénèque dans son ouvrage De la Tranquillité de l’âme. Le chapitre XI est intitulé : « Le sage est indifférent aux circonstances extérieures ». Sénèque nous brosse son attitude : le sage reçoit l’existence comme un dépôt qu’il est toujours prêt à restituer à la nature, il ne s’attache ni à sa position sociale, ni à ses richesses, ni à son pouvoir, toutes choses que les événements peuvent lui dérober. Avec Épictète , cela prend un tour encore plus didactique. Dans les Entretiens, il nous enseigne que précisément les mésaventures révèlent un homme. Si tu n’as plus de lit, tu en chercheras un autre, et si tu n’en trouves pas, tu dormiras par terre. Telle situation ne te plaît pas, mais la porte est ouverte; si tu restes, ne gémis pas. Tu vas au spectacle, mais tu es mal placé, tu ne vois rien; eh bien, n’y va pas ! On t’insulte, ne laisse pas ton âme s’emporter dans la colère. Prenons donc exemple sur Socrate qui « garda toujours le même visage ». Le sage atteint alors l’ataraxie, l’absence de trouble.

Sade va retenir cette impassibilité stoïcienne mais il va y greffer de manière originale la jouissance, alors que dans le christianisme naissant la greffe va se faire du côté de la non-jouissance, de l’ascèse et de la mortification.

Beaucoup de personnages vont être dotés de cette « insensibilité ». En ce qui concerne Durcet, il est dit que « son âme est ferme et stoïque ». Dans Aline et Valcour, ils seront bientôt sans ressource et les malheurs risquent de fondre sur eux, mais le « flegme heureux » et « le stoïcisme » les raniment. Pour le personnage de Bressac, l’apathie et l’insensibilité sont accentués; il n’a pas une «  grande dose de sensibilité dans le coeur »; c’est le moins qu’on puisse dire puisqu’il projette la mort de sa mère ( ou de sa tante )! Dolmancé contredisant Le Chevalier fait l’éloge de l’apathie contre « la perfide sensibilité » du cœur. Mais c’est surtout la « féministe » Mme de Clairwil ( elle veut « venger son sexe » ) qui fait la louange de l’apathie, du sang-froid qui permet de ne pas se faire prendre, de gagner en hypocrisie et d’éviter l’échafaud. Il faut être sans pitié et insensible aux malheurs des autres, la pitié provenant de l’égoïsme puisque nous nous mettons à la place d’autrui et craignons que cela nous frappe. Elle est donc arrivée à « cette tranquillité, ce repos des passions, à ce stoïcisme ».

Étrange destinée de « l’apatheia ».

Patrice Tardieu

Key word

: apathie, stoïcisme, absence de sensibilité, tranquillité de l’âme, le sage indifférent aux circonstances extérieures, l’existence comme un dépôt, aucun attachement à la position sociale, aux richesses, au pouvoir, les mésaventures révèlent un homme, ne pas gémir, ne laisse pas ton âme s’emporter, garder toujours le même visage, ataraxie, absence de trouble, impassibilité stoïcienne, jouissance, la non-jouissance, l’ascèse, la mortification, insensibilité, âme ferme et stoïque, flegme heureux, la perfide sensibilité du cœur, féministe, éloge du sang-froid, être sans pitié, l’égoïsme comme origine de la pitié.

Key names

: Sade, Platon, Aristote, Sénèque, Épictète.

Key works : De la Psychè

( Aristote ), De la Tranquillité de l’âme ( Sénèque ), Entretiens ( Épictète ), Œuvres ( Sade ).

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 00:03

Le désir masculin et le désir féminin selon Casanova

Casanova pose le problème : si les désirs sont semblables chez les hommes et chez les femmes, pourquoi l’homme refusera-t-il très rarement le désir d’une femme qui le sollicite, alors que la femme refusera le plus souvent et un certain temps la satisfaction à l’homme qui la désire ?

Selon Casanova, c’est que l’homme risque de la quitter alors que la femme veut le retenir. Or tant qu’il n’a pas satisfait son désir, il ne la quittera pas; tandis qu’elle, au contraire, le conservera en ne le satisfaisant pas.

Et donc, toujours selon Casanova, l’homme est plus sûr de satisfaire la jouissance de la femme que la sienne. Et par conséquent il ne tarde pas à la contenter. Tandis que les femmes ont intérêt à retenir le plus longtemps possible l’homme.

Il conclut de la façon suivante : nous nous plaignons des femmes qui nous refusent leurs faveurs, mais nous avons tort car elles doivent attiser le désir que nous avons d’elles car une fois que nous les possédons, nous ne les désirons plus puisque ( selon le principe platonicien du Banquet ) on ne désire pas ce que l’on possède. « Les femmes ont donc raison de se refuser à nos désirs », écrit-il.

Patrice Tardieu

Key word

: désir masculin, désir féminin, désirs semblables chez les hommes et chez les femmes, la satisfaction du désir, quitter ou retenir, satisfaire la jouissance de la femme, la contenter, retenir le plus longtemps possible l’homme, ne pas se plaindre des femmes qui refusent leurs faveurs, attiser le désir de l’homme, les femmes ont raison de se refuser à nos désirs.

Key names

: Casanova, Platon.

Key works : Histoire de ma vie

( Casanova ), Banquet ( Platon ).

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 00:54

Sade contre Freud. Y-a-t-il refoulement, refoulement de l’amour chez Sade ?

Le concept de refoulement, « die Verdrängung » en allemand, s’est répandu grâce à la psychanalyse de Freud qui y voyait l’acte fondateur même de l’inconscient, « das Unbewusste », construit par le refoulement de pulsions qui faisaient leur réapparition dans « le retour du refoulé » sous forme, par exemple, de symptômes hystériques ou de rêves, mais le noyau originaire restant inconscient grâce à une « censure » inconsciente qui ne doit pas être confondue avec des réticences conscientes. Freud emploie cette image : le refoulement se comporte comme une digue contre la poussée (« Drang ») des eaux. « Drang » que l’on retrouve dans « Verdrängung » et l’expression « Sturm und Drang » qui désigne le romantisme allemand : « Tempête et Tourments ». Le concept de refoulement se retrouve, avant Freud, chez Hegel ( l’esclave ou le serviteur a un esprit « refoulé »), chez Schopenhauer expliquant la folie par la répulsion à admettre une réalité trop insupportable, et même chez Nietzsche donnant la clef du mécanisme de l’inhibition morale.

Peut-on parler de refoulement de l’amour Chez Sade et même de refoulement tout court ?

Sade sait exprimer son amour dans toutes les colorations possibles. Prenons la lettre du 6 avril 1763 ( adressée à Laure de Lauris qu’il doit épouser ) : elle commence par des invectives contre l’inconstance supposée de Laure, devenue parjure et ingrate, brisant les attaches éternelles qui devaient les unir, mésinterprétant le départ pour Avignon comme une fuite, un abandon par rapport à elle, jugeant son cœur à lui en fonction des changements de sentiments qu’elle éprouve, perfide qui veut briser le lien avec celui qui l’adorait. Quelle frivolité de vouloir rester à Paris ! Qu’elle trouve un coquin qui la trompera à son tour !

Mais après ce dépit amoureux, Sade crie son amour : Qu’a-t-il dit ! Où son désespoir l’a-t-il conduit ? Qu’elle pardonne à ce pauvre hère qu’il est devenu, qui ne se connaît plus et envisage de se suicider. Il ne peut survivre à cette infortune. Il lui demande de lui écrire, de ne pas l’abandonner, il la supplie de s’expliquer…

Venons-en maintenant aux œuvres du « divin marquis », on peut y affirmer sans exagération qu’il y a là une absence totale de refoulement. Il s’agit même d’une ouverture sur l’abîme du plaisir, de la jouissance et de la cruauté, sans aucun frein, sans aucune « digue ». Il n’y a pas d’inconscient freudien proprement dit ( produit de pulsions refoulées par une instance supérieure ) chez Sade ni de sur-moi.

Patrice Tardieu

Key word

: refoulement, psychanalyse, l’inconscient, pulsions, le retour du refoulé, symptômes hystériques, rêves, refoulement originaire, censure inconsciente, réticences conscientes, le refoulement comme digue contre la poussée des pulsions, le romantisme allemand, tempête et tourments, esprit refoulé de l’esclave ou du serviteur, la folie comme répulsion à admettre une réalité trop insupportable, le mécanisme de l’inhibition, refoulement de l’amour, lettre d’amour, invectives, inconstance, liens éternels brisés, abandon, changements de sentiments, frivolité, dépit amoureux, infortune, absence totale de refoulement, ouverture sur l’abîme du plaisir, de la jouissance et de la cruauté, pas d’inconscient freudien ni de sur-moi.

Key names

: Sade, Freud, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche, Laure de Lauris.

Key works : Métapsychologie

( Freud ), Phénoménologie de l’esprit ( Hegel), le Monde comme Volonté et comme Puissance ( Schopenhauer ), la Généalogie de la Morale ( Nietzsche ), Lettre à Laure de Lauris du 6 avril 1763 ( Sade ).

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Published by Patrice TARDIEU - dans Marquis de Sade
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:52

 

Casanova a-t-il aimé les femmes ? Il prétend en avoir aimé des centaines, dans son Histoire de ma vie, et dit-il, « à la folie ».

Mais qu’entend-il par aimer ? « Me sentant né pour le sexe différent du mien, je l’ai toujours aimé, et je m’en suis fait aimer tant que j’ai pu »; cependant, ajoute-il, « j’ai aimé la bonne table avec transport ». Et il compare les femmes à un bon repas, celles qui sentent bon, même celles qui transpirent, analogues au fumet de certains mets fort épicés !

En quoi consiste donc, pour Casanova, exactement l’amour ? Ce ne sont que tromperies réciproques, car, écrit-il « Quand l’amour s’en mêle, on est ordinairement la dupe de part et d’autre », l’amour est une sorte de folie, de maladie à laquelle il s’est livré toute sa vie. L’amour est le dieu de la nature. « Amertume dont rien n’est plus doux, douceur dont rien n’est plus amer ». La femme nue ne l’intéresse pas, il faut de la coquetterie, de la dissimulation, de l’artifice et du faux, du caprice. Amour est un enfant gâté ! Aimons les femmes sans être curieux de leurs « mystères ».

L’amour est lié à la passion et à la jalousie; l’amour ne consulte pas la raison ni au début ni à la fin. Pour bien raisonner mieux vaut être ni amoureux ni en colère.

Casanova amoureux ? En tout cas, il se considère comme « libertin ». Le « bonheur » n’est que dans le plaisir de l’instant ( Casanova reprend ici la thèse d’Aristippe de Cyrène ), la jouissance physique, comme celle que procure aux femmes « M. six coups », ou que met en œuvre Casanova, dans sa « longue carrière libertine », utilisant tous les moyens de la séduction. Cependant il est inconstant, curieux de connaître la diversité des femmes, quittant même une femme avec laquelle il est bien. Pourquoi ? « On ne désire pas ce que l’on possède »; sur ce point, il est d’accord avec le Platon du Banquet ! Mais ne condamnons pas trop vite Casanova, il peut éprouver de la tendresse pour une maîtresse qu’il retrouve, sans vains discours, « fausses attaques » où l’un et l’autre se mentent.

Patrice Tardieu

Key word

: aimer à la folie, aimer les femmes, aimer la bonne table, amour, tromperies réciproques, duperies, folie, maladie, amertume dont rien n’est plus doux, douceur dont rien n’est plus amer, femme nue, coquetterie, dissimulation, artifice, faux, mystères, caprices, enfant gâté, passion, jalousie, colère, opposition à la raison, amoureux, libertin, plaisir présent, longue carrière libertine, tous les moyens de la séduction, inconstance, diversité des femmes, on ne désire pas ce qu’on possède, tendresse.

Key names

: Casanova, Aristippe de Cyrène, Platon.

Key works : Histoire de ma vie

( Casanova ), Les Présocratiques [les Cyrénaïques], Banquet (Platon ), Le libertinage et le divin marquis ( Patrice Tardieu, Philo Blog 08/10/2011 ) où je reprends toute la longue histoire du mot « libertin ».

 

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Published by Patrice TARDIEU - dans séduction
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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 23:57

« Il n’y a pas de rapport sexuel », amour et séparation des sexes encore et encore, Lacan, Freud, Saint Paul.

Le Séminaire XX de Lacan s’intitule Encore. Dans la leçon II ( appelé « complément » à la leçon I dans l’édition « établie » ( ré-écrite ) par Jacques-Alain Miller ), il ironise sur sa « bêtise » : Encore Lacan, encore à donner ses « leçons » qui durent encore, encore cette bêtise de la psychanalyse qui sépare tellement l’homme de la femme ( par la phase phallique unique pour la fille comme pour le garçon chez Freud, « en avoir ou pas », « être ou ne pas être un garçon », «  être ou ne pas être une fille ») et par le fait que, selon Lacan, « il n’y a pas de rapport sexuel » ( c’est l’incompréhension mutuelle de l’homme et de la femme ), ce qui n’empêche nullement la reproduction sexuée. Cette « bêtise » encore et encore, selon Lacan, se trouve déjà chez Saint Paul.

En effet, Paul écrit, dans sa Première Épître aux Corinthiens, XI, : « Si une femme n’est pas voilée, qu’elle se rase la tête,[…]la femme doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend.[…]En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme ».

Et pourtant, un peu plus loin, il écrit ce texte que toute jeune mariée veut entendre : « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. Et quand j’aurai le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien.[…]L’amour excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout ».

On se rappelle aussi ce commandement étonnant de Saint Augustin : « Aime et fais ce que tu veux ».

Notons toutefois que Paul n’emploie pas le mot « éros », il s’agit « d’agapè », l’amour oblatif qui donne, qui se donne.

Patrice Tardieu

Key word

: il n’y a pas de rapport sexuel, séparation des sexes, la phase phallique, en avoir ou pas, être ou ne pas être un garçon, être ou ne pas être une fille, incompréhension mutuelle entre homme et femme, reproduction sexuée, le voile, cacher les cheveux de la femme, qu’elle se rase la tête sinon, si je n’ai pas l’amour je ne suis rien, l’amour excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout, Aime et fais ce que tu veux, éros, agapè, l’amour oblatif qui donne, se donne.

Key names

: Lacan, Freud, Saint Paul, Saint Augustin.

Key works : Encore

( Lacan ), Trois essais sur la théorie de la sexualité ( Freud ), Première épître aux Corinthiens ( Saint Paul ), Traités sur la première épître de Saint Jean ( Saint Augustin ).

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Published by Patrice TARDIEU - dans Psychanalyse
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