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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 22:38

Nostalgie infinie, effroi, douloureuse nécessité de la perte, kénose, transsubstantiation, corps du Christ

Nous avons vu que Pierre qui doit bâtir

l’Église chrétienne ne peut croire que Jésus va se vider de sa divinité ( kénose ) jusquà subir le supplice de la croix réservé aux esclaves. Pourtant, comme le souligne Hegel, il y a « la douloureuse nécessité dune telle profanation du sacré », et « Jésus avait conscience de la nécessité de la perte de son individu ». Mais, pour ses disciples, cest leffroi. Hegel ajoute : « Ô la douloureuse nécessité dune telle profanation du sacré ! Quelle peine immense pour une belle âme, quel mystère le plus incompréhensible pour elle ! [] Léloignement de Dieu est ce quil y a de plus inconcevable pour un cœur noble ». Et Hegel donne lexplication suivante : les disciples « ne pouvaient pas séparer leur être de sa personne; ils nétaient encore que des croyants ». Ils restaient trop attachés à la personne de Jésus qui leur promettait la consolation ( que je définirais comme le fait de « tenir debout la personne qui chancelle » ). Mais les chrétiens sont restés, dune certaine façon, inconsolables, conservant lunion avec le corps du Christ par la transsubstantiation de leucharistie. Il y a là, comme « une nostalgie infinie » ( Hegel, Phénoménologie de lEsprit, IV, la conscience malheureuse ).

Key word

: kénose, douloureuse nécessité de la perte, effroi, mystère incompréhensible de léloignement de Dieu, consolation promise, personne qui chancelle, le corps du Christ, la transsubstantiation de leucharistie, nostalgie infinie.

Key names

: Jésus, Pierre; Hegel.

Key works

: 1) textes religieux : Paul, Épître aux Philippiens, 2, 7-8; Jean, 16, 7-15 ( le Consolateur, le « Paraclet » ).2) textes philosophiques : Phénoménologie de lEsprit, IV, « la conscience malheureuse », lEsprit du Christianisme ( Hegel).

Lîle de notre nostalgie ( 2.4.e ).

Patrice Tardieu

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 20:49

Kénose de

l’Être, Néant, liberté absolue et mort, crucifixion du réel, la Terreur, la Révolution Française.

Je vais présenter une épure de la pensée hégélienne. Mon interprétation suggestive et audacieuse de la Logique de Hegel est la suivante : lÊtre se vide ( « kénose » ) de lui-même et devient Néant. Le Néant engendre la liberté absolue et la mort, crucifixion du réel. Ce qui produit le Devenir, unité dêtre et de néant, de lHistoire. Voyons plus en détail maintenant le raisonnement de Hegel : il faut commencer par lÊtre pur, « immédiat indéterminé, simple », qui ne rentre dans aucune médiation. Cest lÊtre tellement compact de Parménide quil Est dans un parfait équilibre. Mais, pour Hegel, « cet Être pur est labstraction absolue, partant labsolument-négatif [], le Néant ». On voit que cet Être si « plein » chez Parménide subit la « kénose », il se vide de sa « divinité », et devient non-être. Hegel introduit alors « la forme la plus haute du néant [] la liberté [] la négativité ». Et nous entrons alors dans le Devenir historique du Néant et de la liberté qui est spectaculairement décrite par Hegel grâce à une analyse de la Terreur pendant la Révolution Française. Selon lui, après lanéantissement de lAncien Régime et de la distinction du temporel et du spirituel, il ny a plus rien en face de « la volonté universelle » destructrice des révolutionnaires. Il en résulte quelle « ne peut parvenir à aucune œuvre positive ». Il ny a aucune société organique qui pourrait lui résister, aucune division des pouvoirs, aucun contre-pouvoir ( Hegel a lu Montesquieu ); les représentants révolutionnaires ne représentent queux-mêmes. « Lunique œuvre et opération de la liberté universelle est donc la mort, et, plus exactement, une mort qui na aucune portée intérieure, qui naccomplit rien []. Cest ainsi la mort la plus froide et la plus plate, sans plus de signification que de trancher une tête de chou ou dengloutir une gorgée deau ».

Key word

: kénose de lÊtre, le Néant, la liberté absolue et la mort, crucifixion du réel, le Devenir, la négativité, la Terreur, la Révolution Française, volonté destructrice universelle sans contre-pouvoir, décapitation sans remords.

Key names

: Hegel, Parménide, Montesquieu.

Key works

: Encyclopédie des sciences philosophiques I §§87, 88 et Add.§86, §104; Phénoménologie de lEsprit, VI, III « la liberté absolue et la Terreur »; Écrits théologiques de jeunesse ( Hegel ), De la Nature ( Parménide ), lEsprit des Lois ( Montesquieu ).

Lîle de notre nostalgie ( 2.4.d ).

Patrice Tardieu

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 22:30

Judaïsme, Islam, Christianisme, hégélianisme face à Jésus et Marie.

Comment cela se fait-il que Jésus soit à la fois « Fils

de l’Homme » et en même temps « Fils de Dieu » ( Jean 5, 25-28 ) ? Cela est incompréhensible, ou, comme le dit Jacques Derrida dans son commentaire de Hegel : « lentendement ne lentend pas » ( Glas, p.91 ). Ajoutons que les deux religions dAbraham ( et de Moïse continuellement cité dans le Coran ) non plus. Le Judaïsme ne reconnaît pas Jésus comme le « Messie » attendu, puisquil na pas pu secouer le joug romain, quil sest opposé au respect du « Shabbat » ( le repos du septième jour ) et quil a réduit les 613 Commandements à lamour, cest-à-dire les a « abolis ». Et pour lIslam, Jésus ( « Hissa » ) est un prophète né de la Vierge Marie ( « Maryam » [ou Miryam ], titre de la Sourate XIX ) mais qui na pas été crucifié ( Sourate IV, 157 ). Cependant la philosophie de Hegel propose de franchir cet « abîme infranchissable entre lêtre humain et lêtre divin » car le Père et le Fils sont le même « arbre », tous deux sont des manifestations de lEsprit, et le père, malgré la différence, vit en son fils. Hegel réconcilie et unifie linvisible et le visible.

Key word

: fils de lhomme, fils de Dieu; lentendement ne lentend pas, les deux religions dAbraham et de Moïse, le judaïsme, lislam, labîme infranchissable entre lêtre humain et lêtre divin; le père et le fils même généalogie, manifestations de lEsprit, le père vit en son fils, réconciliation et union de linvisible et du visible.

Key names

:Abraham, Moïse; Jésus ( Hissa ), Marie ( Maryam, Miryam ); Hegel, Derrida.

Key works : 1) textes religieux : Jean 5, 25-28. Coran, IV, 157; XIX « Maryam ». 2) textes philosophiques : lEsprit du Christianisme ( Hegel ), Glas ( Derrida ).

Lîle de notre nostalgie ( 2.4.c ).

Patrice Tardieu

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 21:23

Incarnation, kénose, humiliation, abaissement, Jésus et la vidure du Tout Autre, viduité, isolement.

L’incarnation peut sembler « invraisemblable ». Comment, Dieu, le Tout Autre, peut-il sincarner dans lhistoire et sous la forme humaine ? Cela dépasse lentendement. Comme le dit Hegel dans ses Écrits Théologiques de jeunesse, les contemporains « ne virent en Jésus que lhomme, le Nazaréen, le fils de charpentier dont les frères et la famille vivaient parmi eux ».Deuxième difficulté : à peine a-t-il confié à Pierre de bâtir son Église , quil annonce quil va être mis à mort et Pierre ne peut le croire. Cest tout le problème de la kénose, de labaissement, de subir la punition des esclaves : la croix. Paul écrit : « Jésus possédait la condition divine, mais il na point pourchassé légalité avec Dieu. Au contraire, il sest dépouillé [ « kénose »: « sest vidé » ] lui-même, il a pris la condition desclave, il est devenu semblable aux hommes; il sest incarné dans la condition humaine; il sest humilié lui-même, obéissant jusquà la mort, même jusquà la mort de la croix » ( Épître aux Philippiens, 2, 7-8 ). Ce moment stupéfiant du christianisme est précisément celui qui donne la clef de la philosophie hégélienne : lincarnation qui unit luniversel, lAutre, et, le singulier, le particulier, dans le semblable et la différence.

Key word

: le Tout Autre dans lhistoire sous forme humaine, lentendement, lhomme-Jésus, kénose, abaissement, la punition des esclaves, condition divine, humaine, desclave, la mort sur la croix, lincarnation comme union de luniversel et du particulier. N.B.: je prends « viduité » dans son sens étymologique de « vide », latin « viduus », veuf, vide.

Key names

:Hegel; Jésus, Pierre, Paul.

Key works

: lEsprit du Christianisme ( Hegel ), Épître aux Philippiens, 2, 7-8 ( Paul ), Matthieu, 16, 18-22.

Lîle de notre nostalgie ( 2.4.b ).

Patrice Tardieu

 

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 22:47

Platon, Aristote, Sénèque, Paul de Tarse,

l’esclavage, le féminin, Jean-Pierre Faye.

Jean-Pierre Faye soutient que pas un texte de lantiquité gréco-romaine ne souffle mot de lesclavage et quil ny a que Paul de Tarse qui en parle et qui affirmerait, de plus, légalité du masculin et du féminin. Cette thèse de Jean-Pierre Faye, comme toujours, est excessive. On ne peut dire que Platon ne se soucie pas de lesclave puisque Socrate enseigne à un jeune esclave la géométrie, propédeutique à la philosophie, dans le Ménon, 82b-85b. Aristote affirme que rien nest commun entre le maître et lesclave quand ce dernier est réduit à être « un instrument vivant » mais en tant quhomme il peut y avoir avec lui amitié (« philia » ), Éthique à Nicomaque, livre VIII. Surtout, Sénèque dans sa lettre 47 à Lucilius soutient que les esclaves sont semblables à nous et que seul le mérite compte. De plus Épictète, le grand maître du stoïcisme, était lui-même un esclave. Quant à Paul, dans son Épître aux Galates, 3,28, certes il écrit : « il ny a ni juif ni grec; ni esclave, ni homme libre; ni mâle ni femelle; car vous ne faites quun dans le Christ Jésus ». Mais aussi : « Femmes soyez soumises à vos maris [] Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres » ( Épître aux Colossiens, 3, 18-22 ).

Key word

: esclavage, enseignement de Socrate à un jeune esclave, on ne peut avoir damitié réciproque avec une machine mais on le peut avec un esclave, les esclaves nos semblables dans la philosophie de Sénèque, Épictète lui-même un esclave, ambiguïté des écrits de Paul sur lesclavage et la femme.

Key names

: Jean-Pierre Faye; Platon, Aristote, Sénèque, Épictète; Paul de Tarse.

Key works

: Ménon, 82b-85b ( Platon ), Éthique à Nicomaque, livre VIII ( Aristote ), Manuel, Entretiens ( Épictète ), Épître aux Galates, 3, 28, Épître aux Colossiens, 3, 18-22 ( Paul ).

Lîle de notre nostalgie ( 2.4.a ).

Patrice Tardieu

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 22:59

Trois Marie, deux Lacan, un Freud; Matthieu, Marc, Luc, Jean, Philippe, Grégoire le Grand, les mormons.

Le frère cadet de Jacques Lacan, Marc-Marie Lacan se fit moine et devint Marc-François Lacan en

l’abbaye de Hautecombe. Or les moines de Hautecombe dans leur Missel soutiennent, semble-t-il, une sorte de synthèse « hégélienne » de Marie « de Béthanie », de Marie « de Magdala », témoin de la résurrection de Jésus qui lui dit « Ne me touche pas » ( « Noli me tangere » ), et de la femme « pécheresse » souvent surnommée « Marie-Madeleine »: « Toutes trois parfument, en divers occasions, le corps du Christ. La liturgie romaine voit en elles une seule femme, femme perdue si pleinement purifiée par lamour de Jésus quelle est devenue lamie privilégiée de son sauveur ». Peut-être reprennent-ils ces trois images de la femme que déjà Grégoire le Grand superposait, ou lÉvangile apocryphe et gnostique de Philippe où il est dit que « le Sauveur aimait Marie plus que tous les disciples et lembrassait souvent sur la bouche » déclenchant la jalousie des disciples. Est-il vraiment scandaleux que Jésus ait pu avoir une épouse ? Ses disciples ( dans Jean, 11, 8 ) lappellent « Rabbi » et Marie de Magdala, « Rabbinou », diminutif plein daffection; or il nest nullement interdit à un rabbin de se marier, au contraire. Paul, dans son Épître à Timothée, 3, 2, recommande seulement aux évêques dêtre monogame. Précepte qui ne fut pas observé par les mormons jusquen 1890. Limage de ces trois Marie me fait irrésistiblement penser à un texte de Freud qui remarque que la femme apparaît à lhomme dans la littérature, la mythologie, les contes et dans les rêves sous trois figures : la mère qui lui donne vie, lépouse, « la silencieuse déesse de la mort qui le prendra dans ses bras ». Jajouterais que cest ce que dit Jésus : « En répandant ce parfum sur mon corps, elle la fait pour ma sépulture » ( Matthieu, 26, 12; Marc, 14, 8 ).

Key word

: synthèse hégélienne, une seule femme, Jésus lembrassait sur la bouche, monogamie recommandée, les trois images de la femme, la fille, la mère, la mort.

Key names

: Jacques Lacan, Marc-Marie Lacan, Freud; Marie de Béthanie, Marie de Magdala, Marie-Madeleine, Jésus, Grégoire le Grand, Paul, Matthieu, Marc.

Key works

: 1) textes religieux: Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc, Jean; Philippe; Épître de Paul à Timothée; le Livre de Mormon ( 1830 ).2) texte psychanalytique: le Motif du choix des coffrets ( 1913, Freud ).3) arts: la Madeleine enlaçant Jésus crucifié ( sculpture dAuguste Rodin ), le Christ avec Marie et Marthe ( peinture dAlessandro Allori, 1605 ), le Christ dans la maison de Simon ( peinture de Girolamo di Romano ).

Lîle de notre nostalgie ( 2.3.z ).

Patrice Tardieu

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 21:33

Festin de l’amour, fusion mystique, jouissance de la substance, Hegel, Arnauld et Nicole, Couperin.

Nous avons vu un certain « sensualisme » du christianisme avec Marie-Madeleine qui inonde de ses larmes les pieds de Jésus, les essuie avec ses cheveux, les baise de sa bouche et loint dhuile parfumée. Hegel insiste sur le « festin de lamour » ( « Feier eines Mahls der Liebe » ) quest la Cène. Lamour y est « présent » ( « vorhanden », « sous la main »; expression très utilisée ensuite par Heidegger ) et surtout une fusion « mystique » ( qui nest pas encore la « religion » selon Hegel ) autour du corps du Christ. Cependant elle nest pas aussi complète que celle de lantiquité : « quand des amants font un sacrifice devant lautel de la déesse de lamour et quand, dans leur prière, leffusion de leur sentiment en exalte au plus haut point la flamme, la déesse en personne est entrée dans leurs cœurs, mais limage de pierre se tient toujours devant eux ». Lidentité de lidentité ( la déesse Aphrodite en personne ) et de la différence (le marbre qui la représente ) saccomplit donc dans le paganisme et sélève au religieux, puisque la pierre nest pas poussière, en dépassant la mystique selon Hegel. Alors que lorsque Jésus, après avoir rompu le pain, dit : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous » ( « Touto esti to sôma "mou" [ génitif de egô, « moi » en grec ] », Luc, XXII, 19, Hegel commente : « quelque chose de divin avait été promis et il sest dissous dans la bouche ». Toutefois Antoine Arnauld et Pierre Nicole expliquent de la façon suivante lhostie de leucharistie : « nous ny voyons que les espèces et les apparences du pain qui demeurent, quoique la substance ny soit plus » ( puisque cest celle de Jésus qui sy trouve que nous devons goûter, et dont la jouissance sera exulté en musique par François Couperin).

Key word

: sensualisme du christianisme, la Cène festin damour, fusion mystique, corps du Christ, ceci est ( moi ) mon corps, hostie de leucharistie, apparence du pain, jouissance de la substance, exaltation.

Key names

: Marie-Madeleine, Jésus, Luc; Hegel, Heidegger, Arnauld et Nicole; François Couperin.

Key works

: lEsprit du Christianisme ( Hegel ); Luc, XXII, 19; Logique de Port Royal, partie IV, 12 ( Arnaud et Nicole ); motet « Venite exultemus Domino » pour deux sopranos ( François Couperin ).

Lîle de notre nostalgie ( 2.3.y ).

Patrice Tardieu

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:37

Identité dans la différence de la religion polythéiste et monothéiste; « Noé » biblique, mythologique grec antique, mésopotamien, Deucalion et Pyrrha, Gilgamesh et Outa-napishtim.

Revenons également à Hegel et à ses Écrits théologiques de jeunesse. Il oppose la solution d’Abraham et de Noé qui consiste à séparer totalement Dieu de l’univers, puisque la Nature avec le déluge est devenue hostile à l’homme, à la solution grecque antique de réconciliation avec le Monde. Mais Hegel ne montre pas la grande identité dans la différence des deux religions : Zeus en colère contre les exactions de l’homme ( tout comme Dieu en colère contre le crime fratricide de Caïn commis sur son frère Abel ) provoque un déluge. Sur les conseils de Prométhée, Deucalion et son épouse Pyrrha montent dans une barque qui échoue sur le Parnasse et ils repeuplent le monde en jetant une pierre dans leur dos, celle-ci jetée par Deucalion devient un homme, par Pyrrha une femme. Et il y a un autre « Noé », pas seulement dans la mythologie grecque, comme nous venons de le voir, mais aussi mésopotamienne, l’épopée de Gilgamesh, avec le personnage de Outa-napishtim qui a l’ordre de construire un vaisseau avant le déluge pour « y mettre la semence de tous les êtres vivants ». On croirait lire la Genèse, VI, 19.

Key word

: le déluge, la nature hostile à l’homme, l’identité dans la différence de la religion polythéiste et monothéiste, colère de Dieu contre l’homme, le « Noé » biblique, le « Noé » de la mythologie grecque, le « Noé » de l’épopée mésopotamienne.

Key names

: Hegel; Abraham, Noé, Abel, Caïn; Zeus, Prométhée, Deucalion, Pyrrha; Gilgamesh, Outa-napishtim.

Key works

: L’Esprit du Christianisme ( Hegel ), Glas ( Derrida ), Genèse, VI, 19.

L’île de notre nostalgie ( 2.3.x ).

Patrice Tardieu

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 23:00

Baiser impossible, baiser défendu, baiser sur la bouche à une divinité qu’il ne faut pas embrasser, Dieu l’Un, Zeus, Athamas et Prixos.

J’ai trouvé un autre « baiser impossible »…dans le Premier livre des Rois, XIX, 18, de l’Ancien Testament ! Il s’agit, en fait, d’un baiser défendu : le baiser sur la bouche à une divinité païenne que Dieu ( « Yahvé » ) condamne. On est un peu surpris de voir le Dieu unique en lutte avec une divinité qu’il ne faut pas embrasser. On connaît la fameuse affirmation qui fait de Dieu, l’Un ( Deutéronome, VI, 4). En fait, le credo monothéiste s’est d’abord nourri d’un très long passé polythéiste. Je renvoie aux leçons très érudites et très complètes faites par Thomas Römer sur ce sujet : Le Dieu Yhwh [ Yahvé ], ses origines, ses cultes, sa transformation en Dieu unique. Pour ma part, je reviens sur le sacrifice d’Abraham qui est en résonance avec une très vieille légende grecque, celle d’Athamas et de son fils Prixos. Faisant suite à un oracle de Delphes, Athamas va le sacrifier au sommet d’une montagne [ comme Abraham ]. Surgit alors un bélier, envoyé sans doute par Zeus, qui l’enlève. Celui-ci, reconnaissant, l’offre en sacrifice à Zeus ( notons que le nom « Dieu » vient de « Dios », génitif du mot « Zeus » ).

Key works

: baiser impossible, baiser défendu, baiser sur la bouche à une divinité qu’il ne faut pas embrasser, Dieu l’Un, credo monothéiste au long passé polythéiste, vieille légende grecque, étymologie du mot « Dieu ».

Key names

: Yhwh, Yahvé, Dieu; Abraham; Baal divinité locale; Athamas et son fils Prixos; Zeus, Dios; Thomas Römer.

Key works

: Bible ( traduction de Louis Segond ) I Rois, XIX, 18 : « …dont la bouche ne l’a point baisé »; Deutéronome, VI, 4. Le Dieu Yhwh, ses origines, ses cultes, sa transformation en Dieu unique, cours du Collège de France, 2012 ( Thomas Römer ).

L’île de notre nostalgie ( 2.3.w ).

Patrice Tardieu

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 22:00

Impossibilité du baiser, goûter l’autre, les multiples visages, la monade, Leibniz, Proust, Shakti Devi.

Proust va nous faire la démonstration de l’impossibilité du baiser ! Il part du point de vue perspectiviste qu’une même personne peut être perçue de cent manières différentes, toutes légitimes. Il avait lui-même, depuis la plage de Balbec jusqu’à maintenant, observé de multiples Albertine et donc une multiplicité d’individualités de celle-ci. Il ne va pas jusqu’à dire, comme Leibniz, que chaque monade contient de son point de vue l’univers tout entier et est en relation avec lui. Il s’en tient, pour l’heure, à la simple approche pour donner un baiser. Mais justement au fur et à mesure qu’il se rapproche, « en accélérant prodigieusement la rapidité des changements de perspective et des changements de coloration que nous offre une personne dans nos diverses rencontres avec elle », cela recrée « expérimentalement le phénomène qui diversifie l’individualité d’un être » comme s’il tirait « toutes les possibilités qu’il renferme ». Albertine est alors « une déesse à plusieurs têtes » ( comme par exemple, dans l’hindouisme, Shakti Devi ), dont les visages se succèdent en quelques secondes. Il est maintenant sur le point de l’embrasser. « Mais hélas ! car, pour le baiser, nos narines et nos yeux sont aussi mal placés que nos lèvres, mal faites, tout d’un coup, mes yeux cessèrent de voir, à son tour mon nez, s’écrasant, ne perçut plus aucune odeur [ il sentait, juste avant, « un léger parfum » qui venait d’elle ], et sans connaître pour cela davantage le goût du rose désiré », il se rend compte «  à ces détestables signes » qu’il est en train de l’embrasser !

Key word

: l’impossible baiser, perspectivisme, multiplicité d’individualités, la monade leibnizienne, les possibilités que renferment un être, les différents visages, le goût désiré.

Key names

: Leibniz; Proust, Albertine; Shakti Devi.

Key works

: la Monadologie ( Leibniz ), le Côté de Guermantes ( Proust ).

L’île de notre nostalgie ( 2.3.v ).

Patrice Tardieu

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