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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 22:51

Puissance, volupté indestructible de la vie, refus de l’extinction, de l’anéantissement bouddhique.

Nietzsche va énoncer toute sa théorie esthétique et existentielle: « La consolation métaphysique que nous laisse toute tragédie vraie, ce sentiment que la vie, si l’on va au fond des choses, malgré la variété des apparences, est d’une puissance et d’une volupté indestructibles ». Nietzsche, extrêmement fin et subtil dans la sensibilité à la souffrance et qui observe « le terrible processus destructeur de l’histoire universelle », ainsi que les « cruautés de la nature », refuse « d’aspirer à l’anéantissement bouddhique du vouloir ». Comment? Par l’art qui le sauve et lui permet de retrouver la vie.

Ici, Nietzsche utilise et se démarque de Schopenhauer. Rappelons que pour ce dernier, « la vie oscille, comme un pendule, de la souffrance à l’ennui », la souffrance qui provient du manque que structure tout désir, puis l’ennui une fois ce désir satisfait, et ce, jusqu’à la mort. Mais il existe un moyen pour échapper à cette terrible oscillation, c’est l’art qui nous fait considérer les choses sous un angle purement esthétique et désintéressé (Schopenhauer a lu Kant). Enfin l’anéantissement bouddhique, encore plus radical: la négation absolue du vouloir-vivre.

Le « nirvana » que certains occidentaux traduisent en pensée de manière fallacieuse par « bonheur » vient du verbe sanscrit « nirva » qui signifie « éteindre » et, dans la croyance bouddhiste, « éteindre toute velléité de réincarnation » afin de ne plus se réincarner en montant ou en descendant dans l’échelle des vivants en fonction de notre « karma », racine « kr » notre « faire » dans cette vie-ci. Nietzsche, lui, ne veut rien éteindre.

Key word

: consolation métaphysique, tragédie vraie, puissance et volupté indestructible de la vie, refus de l’extinction, de l’anéantissement bouddhique du vouloir, rôle de l’art.

Key names

: Nietzsche, Schopenhauer, Kant, le Bouddha.

Key works

: Le Bouddha, les Stances de la Loi, §153: « Naître et renaître, voilà le malheur ». Schopenhauer, le Monde comme Volonté et comme Représentation, livre IV, §57. Kant, Critique du Jugement. Nietzsche, la Naissance de la Tragédie.

Patrice Tardieu

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 22:57

Paradoxe du lied, poésie lyrique, chuchotement de la tendresse, hurlement de la folie, Nietzsche, Schopenhauer.

Il y a pourtant un paradoxe du lied, pour Nietzsche, c’est qu’il associe poésie et musique, or « le langage, organe et symbole des phénomènes, n’arrive jamais à traduire l’être intime de la musique ». Le langage poétique se met alors à imiter la musique. « Le poète lyrique a besoin de tous les mouvements de la passion, depuis le chuchotement de la tendresse jusqu’au hurlement de la folie »; c’est à travers le prisme de la musique qu’il exprime sa volonté, son désir, ses soupirs. « Le poète, génie apollinien, interprète la musique à l’aide du symbole de la volonté, tandis que lui-même, entièrement détaché de l’avidité du vouloir, n’est qu’un œil solaire limpide et sans ombre ». On voit que Nietzsche ne s’est pas beaucoup éloigné de l’opposition fondamentale de Schopenhauer: d’un côté la représentation et ses images, de l’autre le fonds des choses, cette force souterraine sans image que la musique manifeste.

Key word

: paradoxe du lied, poésie et musique, chuchotement de la tendresse, hurlement de la folie, volonté, désir, soupir, le poète génie apollinien œil solaire limpide, la musique sans image force souterraine.

Key names

: Nietzsche, Schopenhauer; Apollon.

Key works

: Nietzsche, la Naissance de la tragédie. Schopenhauer, le Monde comme Volonté et comme Représentation.

Patrice Tardieu

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 20:27

Le lied; l’existence et le monde justifiés comme phénomène esthétique; Schopenhauer, Schubert, Nietzsche.

Le « lied » est un mot allemand qui signifie « mélodie », il plonge ses racines dans le Moyen-Âge comme notre « lai », mais les lieder les plus connus sont ceux de Schubert, en particulier son « Erlkönig »( « le Roi des aulnes ») qui est une transfiguration poétique et musicale sur l’existence et le voyage vers la mort; l’aulne étant cet arbre qui pousse au bord de l’eau, symbole du courant de la vie auquel nul n’échappera, pas même l’enfant peut-être, selon mon interprétation.

Nietzsche va s’opposer à Schopenhauer à propos du lied. Dans le Monde comme Volonté et comme Représentation, livre III,§51, Schopenhauer soutient que le lied est un mélange de pure contemplation calme de l’âme et de volonté trouble subjective soit libre soit entravée provoquant les émotions, souffrances, états passionnels de joie ou de tristesse personnelles. Dans le lied, il y a donc à la fois « la tête et le coeur », l’identité miraculeuse de la connaissance et de la volonté.

Pour Nietzsche, le lied ne saurait être ce mélange car tout artiste est en fusion avec l’univers. Le lied ne peut être cet art imparfait, « mêlé et divisé », « bondissant au hasard » à cause du vouloir individuel. Le monde de l’art s’impose à l’artiste dans sa vision esthétique. Et « l’existence et le monde ne sont éternellement justifiés que dans la mesure où ils sont un phénomène esthétique » affirme Nietzsche.

Key word

: le lied, un lai, pure contemplation, volonté trouble, émotions, souffrances, états passionnels, la tête et le cœur, fusion avec l’univers, l’existence et le monde justifiés comme phénomène esthétique.

Key names

: Schopenhauer, Nietzsche, Schubert.

Key works

: Patrice Tardieu, compositeur: musique et textes; musicien; Dix lieder pour récitante, voix de contralto, piano et saxophone ténor, créés en concert en 1981. Schopenhauer, le Monde comme Volonté et comme Représentation, livre III,§51. Nietzsche, la Naissance de la tragédie. Schubert, le Roi des aulnes.

Patrice Tardieu

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 22:38

Dithyrambes dramatiques dans la douleur originelle du tréfonds des choses, Dionysos, Euripide, Aristote, Nietzsche.

Nous avons vu combien la tragédie d’Euripide est violente, très loin de la représentation aimable que les peintres ont faite des bacchanales, tragédie qui se rapproche, au contraire, selon moi, de la « thèriotès », de la « sauvagerie », de la « brutalité » dont parle Aristote dans son Éthique à Nicomaque, livre VII.

Nietzsche revient sur le problème du « je » dans l’art. Il faut distinguer selon lui le « je » de l’homme éveillé, réel et empirique, le « je » que nous sommes dans la vie ordinaire, « fouillis de passions et de volitions vers un objet qui nous paraît réel », et le « je » du génie dionysiaque qui plonge « son regard dans le tréfonds des choses », dans la « douleur originel ». C’est ce que montre la tragédie, même si elle est touchée du laurier d’Apollon qui produit « des étincelles imagées » sur ses dithyrambes dramatiques, terribles et sanglants.

Key word

: bacchanales violentes, thèriotès, sauvagerie, brutalité, le « je » empirique, le « je » ordinaire fouillis de passions et de volitions, le « je » du génie dionysiaque, regard dans le tréfonds des choses, dans la douleur originelle, la tragédie, le laurier d’Apollon, dithyrambes dramatiques.

Key names

: Euripide, Aristote, Nietzsche; Dionysos, Apollon.

Key works

: Aristote, Éthique à Nicomaque, livre VII. Euripide, les Bacchantes. Nietzsche, la Naissance de la Tragédie.

Patrice Tardieu

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 23:11

Tragédie, thiase, thyrse, délire bachique, Dionysos, Penthée désemparé, Nietzsche, Euripide.

La tragédie est enclenchée: « Penthée » vient de « penthéô » qui signifie en grec « pleurer, déplorer, être en deuil »; il a un nom prédestiné, ce que lui fait remarquer Dionysos! Sa mère, comme toutes les femmes, est devenue une bacchante partie dans le bois des alentours, formant le thiase bruyant, dansant, chantant, criant, en l’honneur de Bacchus, lui dont le culte est sanglant puisqu’il s’agit de boire le sang et de manger crue la chair d’un bouc que l’on identifie à Bacchus lui-même, c’est-à-dire à Dionysos, dont c’est la « passion » en quelque sorte, si je puis dire. Penthée s’est laissé trompé par le dieu lui-même en se déguisant en femme pour les observer. Mais celles-ci l’ont repéré et « le malheureux reste immobile, désemparé, abandonné », d’autant plus que sa propre mère l’attaque. Il lui dit: « C’est moi, mère, je suis ton fils, Penthée, que tu as mis au monde[…]. Aie pitié de moi, mère[…] ne tue pas ton fils ». Mais celle-ci, dans son délire bachique n’entend rien, et avec ses sœurs, possédées elles aussi, le démembre, pour finalement planter elle-même sur son thyrse la tête de son fils Penthée qu’elle ramènera triomphante en ville! Ce n’est que progressivement que son ivresse se dissipera et qu’elle prendra conscience de toute l’horreur tragique de son action.

Je vois dans ce culte dionysiaque une préfiguration de l’eucharistie chrétienne ( le vin et le pain, le sang et le corps de Jésus )! Et peut-être une clef à « l’opposition » nietzschéenne entre « Dionysos » et « le Crucifié » dans leur homologie profonde. Nietzsche, en 1889, signait indifféremment « Dionysos » ou « Le Crucifié » auxquels il s’identifiait!

Key word

: tragédie, bacchante, le thiase, la passion; immobile, désemparé, abandonné; pitié, délire bachique, les possédées, le thyrse, ivresse, horreur tragique, eucharistie, homologie dans l’opposition.

Key names

: Nietzsche, Euripide; Penthée, Bacchus, Dionysos.

Key works

: Euripide, les Bacchantes. Nietzsche, la Naissance de la tragédie, Ecce Homo, l’Antéchrist.

Patrice Tardieu

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 22:51

Bacchanales, hystérie, désordre, dithyrambe, divinité de l’amant, Dionysos deux fois né.

Nous n’avons pas encore parlé de Dionysos-Bacchus dans la tragédie d’Euripide les Bacchantes. Bacchus a pour épithète « dithurambos »(« dithyrambe ») qui signifie en grec « deux fois né ». C’est toute la tragédie dithyrambique qui se déploie à partir de cela. En effet Dionysos est le fruit d’une mortelle, Sémélè, et de Zeus, le roi des dieux. Mais Sémélè a des doutes sur la divinité de son amant et lui demande d’apparaître « dans toute sa gloire ». Lorsque Zeus s’exécute, Sémélè est calcinée par le foudre de Zeus( Jupiter). Zeus a tout juste le temps de coudre son fils dans sa cuisse en attendant la gestation définitive et la naissance (d’où l’expression « sortir de la cuisse de Jupiter »). Et justement c’est ce que Penthée, roi de Thèbes, conteste: ce soi-disant « nouveau dieu » ne fait qu’apporter désordre dans sa ville qu’il a vidé de toutes ses femmes pour les envoyer dans les bois danser des « bacchanales »; cette « hystérie » des femmes diagnostiquée par Hippocrate, contemporain d’Euripide.

Key word

: dithyrambe, deux fois né, tragédie dithyrambique en l’honneur de Bacchus, divinité de l’amant, apparaître dans toute sa gloire, le foudre de Zeus, nouveau dieu, désordre, bacchanales, hystérie.

Key names

: Euripide, Dionysos, Bacchus, les Bacchantes, Sémélè, Zeus, Jupiter, Penthée, Hippocrate.

Key works

: Patrice Tardieu, réflexion sur l’hystérie, articles sur Philo blog du 21/10/2012 au 09/01/2013. Euripide, les Bacchantes. Pierre Grimal, La Mythologie et les dieux.

Patrice Tardieu

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 22:58

Bacchantes, blessure, sang, serpent, stupeur, thyrse, Théramène, Euripide, Descartes, Racine.

Nous avons vu les actions des bacchantes d’Euripide, voici maintenant comment elles sont décrites: « tout ce qu’elles mettent sur leurs épaules y reste suspendu sans y être attaché, sans tomber[…]même l’airain et le fer. Dans leurs cheveux elles portent du feu: il ne les brûlent pas. Les habitants, de colère, se jettent sur leurs armes en se voyant dépouillés par les bacchantes[…]. Le fer de leurs traits ne fait pas de blessure; mais elles, avec leurs thyrses qu’elles lancent blessent leurs adversaires[…]. Elles lavent le sang qui les couvre; et les gouttes qui coulent le long de leurs joues, avec leur langue les serpents les lèchent ». On voit que même « l’inoffensif » thyrse, bâton entouré de lierre et de pampre avec une pomme de pin au sommet, peut devenir une arme redoutable. Nous verrons qu’il sera même l’instrument de la tragédie d’Euripide qui n’hésite pas à susciter la stupeur et l’étonnement (que l’on retrouvera comme première dans les Passions de l’âme de Descartes) et dont Racine s’inspirera dans Phèdre, en particulier le récit de Théramène (acte V, scène 6), qui a pour modèle l’Hippolyte d’Euripide.

Key word

: bacchantes, blessure, thyrses, sang, serpents, stupeur, étonnement.

Key names

: Euripide, Descartes, Racine; Théramène, Hippolyte.

Key works

: Euripide, les Bacchantes, Hippolyte. Descartes, les Passions de l’âme. Racine, Phèdre.

Patrice tardieu

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 19:07

Mystères de Bacchus, chant du bouc, naissance de la tragédie, les Bacchantes, Euripide, Nietzsche.

Dans la Naissance de la Tragédie Nietzsche cite les Bacchantes d’Euripide. Rappelons que le mot « tragédie » vient du grec « tragôdia » qui signifie « chant du bouc » c’est-à-dire le chant religieux qui accompagnait le sacrifice d’un bouc aux fêtes de Bacchos (Bacchus), autrement dit Dionysos, et que « bachè » qui a donné « bacchante » est une prêtresse de Bacchos, une femme inspirée par Dionysos qui célèbre les fêtes ou mystères de Bacchos, caractérisés par le délire, la fureur, l’ivresse. Voici une description d’un de leurs agissements par Euripide: « elles fondent sur les bœufs[…]l’une tient sous ses ongles une génisse mugissante aux mamelles gonflées. D’autres déchirent en lambeaux de jeunes vaches. On peut voir des côtes, des sabots fourchus lancés en tout sens. Des membres pendent aux sapins; les branches dégouttent de sang. Des taureaux furieux et qui, dans leur rage, les attaquent de leurs cornes sont renversés à terre[…].Il leur faut moins de temps pour déchirer et dépecer l’enveloppe de leur chair qu’à toi pour fermer tes paupières ». Sur deux villes « elles s’abattent comme des ennemis et saccagent tout de fond en comble. Elles enlèvent les enfants des maisons ». On voit l’effet terrifiant et tragique des bacchantes d’Euripide.

Key word

: tragédie, tragôdia, chant du bouc, bacchante, délire, fureur, ivresse, déchirer, dépecer, saccage.

Key names

: Nietzsche, Euripide; les Bacchantes, Bacchos, Bacchus, Dionysos.

Key works

: Euripide, les Bacchantes. Nietzsche, la Naissance de la tragédie.

Patrice Tardieu

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 22:38

Archiloque satiriste sauvage, amour frénétique, vertige orgiaque, Marguerite Yourcenar, Nietzsche.

Voici comment Nietzsche présente Archiloque: « le moi du poète lyrique élève la voix du fond de l’abîme de l’être ». En effet cet artiste « subjectif », dans la « pure imagination », rejoint cependant les profondeurs de l’être, Dionysos et les Ménades; même « lorsque Archiloque, le premier des lyriques grecs, exprime son amour frénétique et en même temps son mépris aux filles de Lycambe ». Marguerite Yourcenar a commenté cet épisode: « c’est à Thasos qu’on place l’histoire du riche Lycambe qui lui refusa une de ses filles, et, harcelé par les vers insultants du poète, finit par se pendre avec celles-ci. Cet anecdote a fait à Archiloque une réputation de satiriste sauvage ». Selon Nietzsche, Archiloque est au-delà de sa propre passion, il est dans le « vertige orgiaque », ivre de Dionysos, « plongé dans le sommeil des hauts pâturages en plein soleil de midi ». Cette dernière notation me fait immanquablement penser à la fin de la première partie de Ainsi parlait Zarathoustra sur le grand Midi et le surhumain, et aussi au chapitre intitulé « Midi » de la quatrième partie où il est question de l’Éternel Retour.

Key word

: moi du poète lyrique, voix du fond de l’abîme de l’être, pure imagination, profondeurs, amour frénétique, mépris, satiriste sauvage, vertige orgiaque, le grand Midi, le surhumain, l’éternel retour.

Key names

: Archiloque, Marguerite Yourcenar, Nietzsche, Lycambe; Dionysos, les Ménades; Thasos.

Key works

: Marguerite Yourcenar, la Couronne et la Lyre, présentation critique et traductions d’un choix de poètes grecs. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, la Naissance de la Tragédie. Archiloque, Iambes.

Patrice Tardieu

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 22:35

Métaphysique esthétique de Nietzsche, Archiloque artiste subjectif dionysiaque, objectivité homérique.

Nietzsche veut nous introduire dans « la connaissance du génie dionyso-apollinien[…], à l’intelligence divinatoire de cette mystérieuse union ». Les deux noms-clefs sont Homère et Archiloque qui débutent ce « torrent de feu »; le premier apollinien, le second dionysiaque, belliqueux, violent et mordant, plein de haine, de mépris et d’invectives, concupiscent, sarcastique, sans doute l’ancêtre de l’artiste « subjectif » à côté de la solennelle objectivité homérique. Pourtant, selon Nietzsche, il est préférable de se délivrer du Moi, du Je. Voici donc, selon sa propre « métaphysique esthétique », l’explication nietzschéenne de cette conjonction: l’artiste dionysiaque s’identifie à l’Unité primitive( identification pleine de douleur et de contradiction comme nous l’avons vue), mais non sans émotion musicale qui tombe alors dans le rêve symbolique apollinien, reflet de la douleur originelle mais aussi rédemption de cette douleur dans l’apparence. En effet la douleur se mélange alors avec le plaisir musical de la poésie.

Key word

: génie dionyso-apollinien, torrent de feu, l’artiste subjectif, l’objectivité homérique, le Moi, le Je, métaphysique esthétique, Unité primitive, émotion musicale, rêve symbolique apollinien, douleur originelle, rédemption par l’apparence, douleur et plaisir mélangés.

Key names

: Nietzsche, Homère, Archiloque; Apollon, Dionysos.

Key works

: Archiloque, Iambes. Homère, Iliade, Odyssée. Nietzsche, la Naissance de la Tragédie.

Patrice Tardieu

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