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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 15:48

Comment dissimuler, effacer, supprimer le corps, le visage, les yeux, les formes, l’être de la femme ; le voile devant la face comme un rideau fermé.
Pour l’Islam, tout commence par une injonction coranique : les femmes doivent baisser les yeux et rester chastes ; s’envelopper dans de grandes étoffes ( Coran, Sourate XXIV, verset 31 ; Sourate XXXIII, verset 56 ). Les pays musulmans vont interpréter différemment ces Sourates selon leurs cultures. Le Haïk va entourer complètement le corps des femmes d’Afrique du Nord d’un grand tissu carré dans tout le « Maghreb » [ le « Couchant » ] : Maroc, Algérie, Tunisie. Les femmes à la campagne sont « voilées » d’un « hijab » ( une « étoffe » ) , celles de la ville ne l’étaient plus, surtout les jeunes femmes. En Afghanistan, les « talibans » [ « ceux qui étudient » ( sous-entendu ) « le Coran » ] vont contraindre les femmes, en 1990, de mettre en plus une sorte de grille en tissu devant les yeux ! Ni les femmes ni les hommes ne peuvent se regarder réciproquement dans les yeux ! La très belle étude de Sartre dans L’Être et le Néant, Troisième Partie, le Pour-Autrui, IV, le regard, n’est possible ! A côté de la Burqa afghane, il y a le Tchador iranien interdit par le Shah d’Iran qui se voulait moderne, qui a été renversé par une révolte des jeunes qui ont mis en place l’Ayatollah Khomeiny qui avait longuement habité en France à Neauphle-le-Château dans les Yvelines, sous sa tente arabe, et qui l’a rétabli en 1979. Il y a aussi le Jilbab ( ou Jilbeb ) très flottant d’Arabie Saoudite qui empêche de voir distinctement toute forme corporelle, et le Niqab salafiste accompagné de lunettes noires et de gants, des fois que l’on aperçoive le moindre doigt !
En Indonésie, il y a le costume traditionnel, le sarong en batik qui enserre le corps jusqu’à la poitrine et qui laisse le reste visible ainsi que d’énormes choucroutes sur la tête peu pratiques quand on est en scooter avec un casque ! A Sumatra, à Bali surtout, on pouvait même voir de vieilles femmes seins nus ! Et quelques européennes ou australiennes topless. Les touristes ont payé le prix fort, le 12 octobre 2002, en effet il y eut un attentat terroriste à Kuta Beach qui fit deux cents deux morts et trois cents vingt six blessés, c’est-à-dire tous ces « mécréants » qui « ne respectent pas l’Islam ». Il est significatif que le concours de beauté « Miss Monde » qui devait avoir lieu à Jakarta en 2013, à cause de manifestations de musulmans ( la plus grande communauté au monde ), a été reporté, et qu’il y a eu récemment un attentat sur les Champs-Elysées (en grec il s’agit du séjour des âmes vertueuses, et non du commerce ! ) de cette ville, la Jalan Thamrin où se trouve l’Ambassade de France. Finalement, il a été déporté à Bali, cette petite île soi-disant hindouiste, en réalité animiste ( par terre, il y a toujours des offrandes aux dieux du lieu ). Le concours a eu lieu, malgré la protestation de membres du gouvernement, mais avec l’aide d’une centaine de policiers avec des fusils qui tournaient autour des bâtiments ! Rappelons que les femmes qui veulent devenir des soldats en Indonésie doivent subir un test de virginité !
Venons-en à ce qui agite en matière de costume de bain en ce moment : le Burkini ( ou Burqini ). Il semble être un assemblage linguistique monstrueux de la Burqa afghane des talibans des plus extrémistes et du bikini ! Le bikini est né de l’essai nucléaire américain le premier juillet 1946 sur l’atoll ( minuscule ) Bikini du Pacifique Sud ; le 5 juillet suivant Louis Réard invente à la très célèbre piscine Molitor de Paris, le plus petit maillot de bain du monde, quelque chose d’explosif ! En fait, le bikini n’aura vraiment de succès qu’à partir de 1956 avec le film de Roger Vadim Et Dieu créa la femme ! La polémique actuel commence par le projet de privatisation d’un parc aquatique réservé exclusivement aux femmes musulmanes et de leurs enfants. Il est précisé sur l’affiche que les garçons ne doivent pas avoir plus de dix ans, oubliant la psychanalyse et ses découvertes sur la sexualité infantile ! Les femmes doivent porter un « Burkini ou Jilbeb de bain ». Cette dernière référence ajoute à la Burqa (ou Burka ) afghane, le Jilbeb saoudien ! Pour compliquer les choses notons que le Burkini a été inventé par une libanaise vivant en Australie, et adoubé par le grand moufti, Cheikh Taj Aldin al-Hilali car il donne une armure perceptive au corps de la femme tout en permettant la natation, en deux parties. Le maire de Cannes y voit proclamer une allégeance à une idéologie dangereuse qui a frappé la Promenade des Anglais à Nice le 14 juillet 2016 et en interdit l’accès à la plage, suivi par le maire de Villeneuve-Loubet. Des femmes entièrement couvertes par un Burkini sur la plage de Sisco en Haute Corse le 14 août 2016 sont à l’origine d’une échauffourée ( avec blessés et voitures incendiées ) comme cela était prévisible et écrit par le maire de Cannes ! Cette rixe a débuté par le fait que des touristes ont voulu photographier ces femmes. Même en Burqa-Jilbeb ( ou Burkini ) le corps des femmes ne doit être vu !
Rappelons que Boko Haram, qui a diffusé une video ce 15 août 2016, a enlevé à Chibok au Nigeria en avril 2014 deux cents soixante dix lycéennes ; elles ont été « mariées » de force, et certaines ont des enfants de ces viols ; « Boko » signifie « livre », « éducation occidentale », « Haram » veut dire « Interdit » ( le mot a donné en français « harem », le lieu interdit où sont confinées des femmes qui ne peuvent être que des prises de guerre ou des esclaves ). Elles doivent se soumettre à une éducation coranique et mettre au monde de la chair à canons, les récalcitrantes ( montrées sur video ) sont enterrées vivantes jusqu’au cou et leurs têtes lapidées.
C’est encore la meilleure façon de faire disparaître le corps d’un être féminin.
Key Works : Religion positiviste, socratique, chrétienne, islamique, juive, bouddhiste, klossowskienne, Philo blog 26 août 2007;
Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog, 24 avril 2016 ;
La promenade sanglante d’un camion blanc visant sadiquement la foule du 14 juillet 2016 à Nice, Philo blog 19 juillet 2016.

















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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 18:24

Le pape François et Saint Jacques Hamel de Saint-Etienne-du-Rouvray, égorgé à genoux dans son église par des terroristes.
On se demande si le pape François est bien le pape des chrétiens catholiques. Dans l’avion avec lequel il quitte la Pologne, il déclare que le terrorisme n’a strictement rien à voir avec l’Islam et que dans toutes les religions il y a du « fondamentalisme ». Je crains qu’il n’ait pas bien saisi la signification de l’égorgement d’un prêtre catholique par deux jeunes gens convertis à l’Islam , qui avaient commencé par une prière en arabe. Il a oublié que tout pieux musulman doit égorger ( ou faire égorger ), en suivant un rite précis, un mouton pour l’Aïd El Kebîr ; ce que fait le roi du Maroc ( qui est une théocratie « éclairée » ), devant la télévision.
Dans le Coran, Sourate IX, verset 5, il est dit : « Tuez, capturez, assiégez, piégez » les « associationnistes », c’est-à-dire ceux qui « associent » Dieu à une autre entité, comme Jésus-Christ ; mais aussi la religion pré-islamique où le Dieu Allah est associé à Allât, la Déesse-Mère d’égale force, dont le temple se trouvait à Ta‘if ; à la Déesse ‘Uzza de la beauté et de l’amour, dont la vénération se déroulait à Nakhla ; à Manât, la Déesse sombre et obscure du Destin, qui laisse couler du sable de ses mains ( Coran, IV, 117 ; VII, 180 ; XXXIX, 17 ).
Dans le Coran, Jésus est un prophète et il n’a pas été crucifié et c’est pourquoi il faut maudire trois fois les Juifs qui ont avancé ce mensonge.
Dans le Christianisme, c’est le mystère de la Sainte Trinité qui ne forme qu’un seul Dieu : le Père, le Fils et le Saint Esprit, ou pour parler comme le psychanalyste Jacques Lacan, c’est le solide nœud borroméen qui peut être illustré par l’union encore existante des trois familles, Borromée, Sforza et Visconti ( dont la devise est : « Trinitas, Unitas » ). Notons qu’il y a un Saint Borromée au XVI ème siècle.
Le pape Benoit XVI était un théologien pointu ( il avait déjà abordé, dès le début, la relation entre l’Islam et le Christianisme comme antagoniste ) qui s’est entouré de femmes intellectuelles mais qui a quitté volontairement sa charge jugée trop lourde ; le pape François est un habile politicien, j’apprends qu’il vient de nommer une commission d’étude des femmes diacres.
Key Works : Saint Jacques Hamel de Saint-Etienne-du-Rouveray, égorgé dans son église par des terroristes, Philo blog dimanche 31 juillet 2016 ;
La promenade sanglante d’un camion blanc visant sadiquement la foule du 14 juillet à Nice, Philo blog 19 juillet 2016 ;
Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016 ;
Peut-on associer violence et sacré, religion et sagesse, ferveur et exaltation, dogme et fanatisme ? Philo blog 15 mars 2016.

















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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 11:12

Saint Jacques Hamel de Saint-Etienne-du-Rouvray, égorgé à genoux dans son église par des terroristes.
C’est ainsi que désormais l’on devrait appeler cet « agneau de Dieu » que deux jeunes gens de dix- neuf ans, à coups de couteaux, l'ont assassiné le mardi 26 juillet 2016, lui coupant la gorge, et criant en sortant leur croyance que « Dieu est Grand » ( « Allah Akbar » ) ! L’un disait son allégeance à ses proches et copains, l’autre la taisait; tous deux ont voulu gagner la Syrie pour y combattre en passant par la Turquie, l’un avec la carte d’identité de son frère puis de son cousin, l’autre a été refoulé. Tous deux avaient une fiche S ( Surveillance ) mais en ce qui concerne le deuxième, la fiche était sans photo, et il y avait eu un avis de recherche à partir d’une photo de lui, sans son nom ! Le premier avait posté sur internet le message suivant reçu par deux cents réseaux sociaux : « Tu prends un couteau, tu vas dans une église, tu fais un carnage », on ne peut pas être plus explicite ! Les deux compères rentre dans ce lieu saint à 9 h.25, le bracelet électronique du premier devrait lancer l’alarme puisqu’il n’a l’autorisation de sortie qu’entre 9 h.30 et 12 h.30 ! Rien ne se déclenche ! L’église est quasi déserte : il y a le prêtre, deux Sœurs et deux fidèles ; elle est située rue Gambetta qui est parallèle au Boulevard Lénine [ créateur du Goulag ! ]. L’hommage au prêtre tué avec préméditation se fera dans le grand parc Youri Gagarine, héros de l’Union Soviétique ( on voit l’orientation politique de cette ville ) ! Une des Sœurs réussit à s’échapper, arrête une voiture et prévient ainsi du meurtre atroce. Un des fidèles est grièvement blessé. Les deux meurtriers sont finalement abattus en sortant de l’église. Le pape François déclare « qu’il y a guerre, cependant il n’y a pas guerre religieuse ». Que lui faut-il ? Il est vrai qu’il est surtout préoccupé par les Journées Mondiales de la Jeunesse ( JMJ ) en Pologne, à Cracovie, où celle-ci est invitée à « danser et faire du bruit », oubliant le vieux prêtre de soixante six ans martyrisé pendant l’eucharistie ( action de grâce qui commémore Jésus : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » ).
J’ai écouté des émissions assez hallucinantes sur les chrétiens face au terrorisme : après l’égorgement du prêtre catholique dans son église par la racaille pratiquant le terrorisme en France, il faut surtout pardonner, n’avoir aucune réaction négative, pratiquer un dialogue bienveillant et fraternel avec les terroristes, pardonner l’impardonnable à des gens qui ne demandaient pas le pardon et surtout ne pas lire le Coran, c’est trop compliqué ! Accepter que la femme doit être voilée, qu’elle doit rester à la maison ( Coran, Sourate XXXIII, 13, « Restez dans vos demeures ; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes avant l’Islam » ) et qu’on ne puisse lui serrer la main car c’est un être impur, et qu’il faut corriger ( Coran, Sourate « An-Nisa‘», sur « les femmes », IV, verset 3 « épousez deux, trois ou quatre femmes » ; verset 34 « les hommes ont autorité sur les femmes, frappez-les »; verset 43, après avoir fait ses besoins ou touché une femme « lavez-vous » ). Conclusion : ces jeunes tueurs sont nos « frères » [ nos « grands frères » ]. Il faut développer le vivre ensemble, financer nous-même la construction des mosquées [ et interdire à tout autre de mettre la main à la poche ] et rémunérer les imams qui, n’en doutons pas, seront bienveillants envers les autres religions ( on perdra la référence au Coran : « Maudis- les » [ en ce qui concerne les juifs ], imprécation répétée trois fois de suite) ; ainsi qu’envisager les cents coups de fouet en public comme punition pour les récalcitrants et celles et ceux qui ont commis le péché de fornication cf. Coran, Sourate XXIV, « An-Nûr », « La Lumière », « Fustigez la fornicatrice et le fornicateur de cent coups de fouet administrés à chacun d’eux […] et qu’un groupe de croyants assiste à leur punition ( verset 2 ). [ La fornication est une relation sexuelle en dehors du mariage ; mais celle-ci est permise avec une esclave, une prise de guerre, vierge ou mariée avant ( Coran, Sourate IV, 24 ). Rappelons que la prière quotidienne qui est le tout début du Coran, Sourate I, « L’ouverture », se termine par les mots suivants : « Ceux qui ont mérité la colère de Dieu [ les juifs ] et ceux qui se sont égarés [ les chrétiens ] ».
Le Cheik Si Boubakeur Hamza a donné une remarquable traduction commentée du Coran en deux volumes, mais il existe de très nombreuses traductions en français, en livre de poche, y compris une libanaise ( éditions Al-Burâq‘,référence au Voyage nocturne, l’Isrâ‘,de Mohamed jusqu’à Jérusalem sur une créature à tête de femme et au corps moitié mule, moitié cheval, Al-Burâq‘ très rapide [ Coran, XVII, I ] qui va le transporter de La Mecque à Jérusalem ). Dalil Boubakeur est son fils et est devenu à son tour le Recteur de la grande mosquée de Paris, Directeur du Conseil Français du Culte Musulman ( CFCM ). Je l’ai entendu, à la suite des événements terribles de Saint-Etienne-du-Rouvray, sur le parvis de l’Élysée, parler de la tolérance de l’Islam. Mais je ferais remarquer que c’est lui qui a intenté un procès à Charlie Hebdo, qu’il a perdu, à propos des caricatures de Mahomet reproduites du quotidien danois Jyllands- Posten, qui, à l’époque, était dirigé par Philippe Val. Je ferais remarquer également que Charlie Hebdo s’appelait avant Hara-Kiri et publiait à chaque numéro des caricatures très violemment anti-chrétiennes sans que ses satiristes ne se fassent assassiner.
Key Works : La promenade sanglante d’un camion blanc visant sadiquement la foule le 14 juillet 2016 à Nice, Philo blog 19 juillet 2016.
Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016.
Peut-on associer violence et sacré, religion et sagesse, ferveur et exaltation, dogme et fanatisme ? Philo blog 15 mars 2015.













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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 20:46

La promenade sanglante d’un camion blanc visant sadiquement la foule du 14 juillet 2016 à Nice.
En ces temps de fanatisme religieux : écraser sur la Promenade des anglais, à Nice, le 14 juillet 2016, à partir de 22 heures 45, hommes, femmes, enfants, avec un camion blanc comme la tunique blanche du « hadjdj » qui a fait le pèlerinage de La Mecque et de Médine, Mohamed Lahouaiej Bouhel, considéré par Daesch comme « Soldat de l’État Islamique » et qui s’est laissé poussé la barbe « en tant que symbole religieux », provoquant un carnage de quatre-vingt quatre morts et de trois cent blessés, nous ramène à l’idée qu’il voulait partir, sans dette ( vidant son compte en banque et vendant sa voiture ) et sans reproche, au paradis, qui s’ouvre pendant le mois de Ramadan ( juin / juillet 2016 ) [ prenons comme exemple l’attentat très meurtrier à Bagdad en Iraq, début juillet 2016, qui avait ce but ]. De plus, il y a l’art de la « Taqiya », « la Dissimulation », parfaitement comprise par ce chauffeur-livreur irascible de Nice, qui festoie au ciel avec des houris [ très belles femmes ] et des éphèbes ( Coran , Sourate 56, « Al Waqi’a », « L’Événement » ) [ étant donnée sa sexualité précédente « terrestre » ].
Key Works : Peut-on associer violence et sacré, religion et sagesse, ferveur et exaltation, dogme et fanatisme ? Philo blog, 15 mars 2015 ;
Attentats suicides, prises d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016 ;
Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury, Philo blog 12 juin 2016 ;
Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes, Philo blog 22 juin 2016 ;
Sade à l’origine de La Prise de la Bastille, criant depuis une des tours qu’on égorgeait les détenus, Philo blog 13 juillet 2016.








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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 10:59

Sade à l’origine de la Prise de la Bastille, criant depuis une des tours qu’on égorgeait les détenus.
Fernando Pessoa n’était qu’un modeste employé de bureau à la vie insignifiante. Ce n’est pas le cas du marquis de Sade né en 1740 qui passe son enfance avec le prince de Condé qui n’a que quatre ans de plus que lui ; il est confié ensuite à l’abbé de Sade près de L’Isle-sur-Sorgue. Il fait ses études à Louis-Le-Grand à Paris, sous la férule des Jésuites. Il participe ensuite à la guerre de Sept ans contre l’Allemagne. Il épouse Renée Pélagie de Montreuil et anime un théâtre. Il n’a que vingt-trois ans qu’il est incarcéré pour « débauche outrée et impiété horrible » et surveillé ensuite par un inspecteur ; ce qui ne l’empêche pas de se lier à des actrices et de donner des fêtes au château de Lacoste. A vingt-six ans, un rapport note que, dans sa petite maison à Arcueil, il n’y a que scandale et débauche. Le 3 avril 1768, c’est « l’affaire Rose Keller » qui porte plainte pour avoir été déshabillée de force puis flagellée. Il est mis en prison puis assigné à résidence. Il commence sa carrière d’écrivain et ne fait plus parti de l’armée. Le 27 juin 1772 éclate le « scandale de Marseille », aphrodisiaques, fouet, sodomie, les « filles » portent plainte à la police. Sade s’enfuit en Italie, avec sa belle-sœur, Anne Prospère de Launay, chanoinesse, dont il est amoureux ! De nouveau une perquisition est faite au château de Lacoste mais Sade se sauve. En 1774, il voyage avec sa femme et engage six adolescents ( cinq filles et un garçon ) qui, de nouveau, participent à des orgies qui pourraient le conduire, selon Sade lui-même, à être écartelé sur la roue par quatre chevaux ! Encore une fois, il part en voyage, et visite Florence, Rome et Naples. De retour, il fait des « boutonnières » avec un canif dans la peau d’une jeune servante locale qu’il prénomme « Justine » ; le père de celle-ci menace, pistolet en main, Sade, qui se fait arrêter à Paris. Il est sous le coup d’une lettre de cachet du roi qui l’emprisonne à Vincennes, le 13 février 1777 ; il a trente sept ans. Sade cherche à annuler, par la cour de cassation d’Aix-en-Provence, la peine encourue, qui commue la condamnation à mort en une forte amende et une admonestation ; oubliant qu’une lettre de cachet qui envoie en prison, elle, n’est pas révocable. Il est repris, s’échappe, et finalement se retrouve dans les donjons de Vincennes. Il y écrit son Dialogue [ philosophique ] entre un prêtre et un moribond, où le libertinage triomphe ! Et commence Les Cent Vingt Journées de Sodome, d’une violence sexuelle jamais dépassée.
A quarante quatre ans, le 29 février 1784, il est transféré à La Bastille, au deuxième étage d’une tour. Il roule le manuscrit des Cent vingt Journées dans un étui qu’il glisse, semble-t-il, dans l’interstice d’un mur. C’est alors que son action est décisive pour l’histoire de la France ! Le témoignage du gouverneur de La Bastille coupe toute indécision et est précis à propos de Sade : « Il s’est mis hier midi à sa fenêtre, et a crié de toutes ses forces et a été entendu de tout le voisinage et des passants, qu’on égorgeait, qu’on assassinait les prisonniers de la Bastille, et qu’il fallait venir à leurs secours. Il a récidivé ses cris et ses plaintes bruyantes ». Cette lettre étant datée du 9 juillet 1789, et adressée au gouvernement, les cris de Sade ont commencé le 8 juillet ( « hier » ) et se sont prolongés ( « récidive » ) le 9, peut-être les 10, 11, 12, ou même le 13 juillet 1789 ! Sade est sans doute à l’origine de La Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 [que nous célébrons tous les ans ! ] et de l’assassinat du gouverneur peu sûr de lui-même et maladroit, qui a parlementé avec la foule ! En tout cas on ne peut affirmer avec Michel Delon que Sade ait été transféré le 2 juillet 1789 puisqu’il a harangué le peuple le 8 et le 9 juillet 1789 du haut de La Bastille. Sans doute, on ne veut pas que Sade soit à l’origine de la prise de La Bastille ! De plus, « libérer La Bastille » avait quelque chose d’absurde car les prisonniers peu nombreux étaient des aristocrates comme le marquis de Sade, mis là par lettre de cachet du roi, avec visites de proches ou de parents ( comme Madame de Sade qui lui apportait des livres et des friandises ) ! Et la Bastille était une prison, elle n’était pas un dépôt d’armes et de poudre ! Mais la tête du gouverneur indécis a fini sur une pique !
Je n’ai rien contre Michel Delon auquel j’avais envoyé mon article « Jouissance inhumaine, Sade, Lacan, Hegel », au moment de la parution du premier volume des Œuvres de Sade dans les éditions La Pléiade, qui a repris, dans le troisième volume ( introduction, p. XIX ), mon expression à propos des Cent vingt journées de Sodome dont il est, selon moi, « difficile de sortir indemne ».
Poursuivons la biographie du « divin marquis ». Il attend encore huit mois en prison l’abolition des lettres de cachet. Il se met en ménage avec une actrice, Marie Constance Quesnet, fréquente Stanislas de Clermont-Tonnerre et le salon de monarchistes constitutionnels, il est modéré et réformiste et veut réussir au théâtre, mais les révolutionnaires, les « bonnets rouges » [ comme les gardes rouges de Mao ] imposent leur « ligne juste », et sabotent la pièce de Sade. Du coup, pour se masquer, Sade fait mine d’être du côté des « bonnets rouges » sur la Place Vendôme devenue Place des « Piques » [ sur lesquelles on enfourche les têtes ] et fait un vibrant hommage à Marat « assassiné », et des « martyrs de la Révolution », le 9 octobre 1793 ! Advient la Terreur, et Sade qui est sur la liste de Fouquier-Tinville le 27 juillet 1794, est condamné à mort, mais il échappe à la « charrette » de ceux qui vont être guillotinés car il est marqué « absent » dans la prison où on le cherche ! Sous le Directoire ( 1795 - 1799 ), il est accusé à tort d’avoir été un de ces aristocrates émigrés revenus de l’étranger ; sous le Consulat ( 1799 - 1804 ) puis sous l’Empire ( 1804 - 1814 ), c’est-à-dire sous le général Bonaparte qui devient ensuite Napoléon Premier, Sade est enfermé, sans passer devant une quelconque instance judiciaire, à la prison de Sainte Pélagie, puis à l’hospice pour aliénés de Bicêtre, enfin à celui de Charenton ! Dernier ouvrage de Sade : Les Journées de Florbelle, œuvre brûlée à la demande de son fils ! Seule consolation pour Sade : il faisait jouer les malades mentaux devant un public venu observer ces « monstres » !
Key Word : Débauche outrée, impiété, scandale, flagellation, aphrodisiaque, orgie, lettre de cachet, donjon, prisons, asile d’aliénés.
Key Names : Fernando Pessoa, Marquis de Sade, le Prince de Condé, l’abbé de Sade, Renée Pélagie de Montreuil, Rose Keller, Anne-Prospère de Launay, la jeune servante Justine, le gouverneur de la Bastille, Marie Constance Quesnet, Stanislas de Clermont-Tonnerre, Fouquier-Tinville, Napoléon-Bonaparte.
Key Works : Patrice Tardieu, Fureur sexuelle, férocité, baisers semblables à des fouets, chair lacérée, érotisme mystique, Pessoa, Philo blog 7 juillet 2016 ; Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes, Philo blog 22 juin 2016 ; Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury, Philo blog 12 juin 2016 ; Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote, Philo blog 26 mai 2016 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016.
Fernando Pessoa, Ode Maritime ; Sade, Justine ou les malheurs de la vertu ; Peter Brook ( film, 1966 ) , L’assassinat de Jean-Paul Marat tel que monté par les patients de l’asile de Charenton sous la direction du marquis de Sade ( d’après la pièce de Théâtre de Peter Weiss, 1963 ).
Patrice Tardieu











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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 10:25

Fureur sexuelle, férocité, baisers semblables à des fouets, chair lacérée, érotisme mystique, Pessoa.
Il existe un extraordinaire poème de Fernando Pessoa, sous le pseudonyme [ « faux nom » qui dissimule l’identité d’un auteur ] ou plutôt sous l’hétéronyme [ « autre nom » , dans le cas de Pessoa qui en créa un certain nombre ] , d’Alvaro de Campos [ « Aubéron des champs », un Pessoa sensuel et inquiétant ] , poème de mille vers dont je ne commenterai qu’une cinquantaine, écrit en 1915, intitulé Ode Maritime, qui est le cri des victimes, mais cette fois-ci consentantes ! Donc qui ne se situe pas dans le « champ » ( étendue de chair labourable ! ) de Sade, mais dans celui de Sacher-Masoch. C’est une invocation aux barbares des mers [ toute la vie professionnelle de Pessoa consista à traduire des textes de commerce maritime ! ] s’attaquant à des femmes ! Le poète se met dans le corps de « la femme-toutes-les-femmes » [contrairement à la femme « pas toute » de Lacan ] qui vont être agressées, abusées, pénétrées, offensées, fragmentées. Il s’introduit entièrement en elles, s’identifie à elles, totalement femelle, propre à la fécondation, jusqu’au frisson de la moelle épinière. Il évoque l’attente des femmes, dans les ports, des marins, à la fois haïs et aimés. Ce ne sont pas des « bien-aimés ». Il n’y a pas de tendresse avec eux, même dans les rêves. Le poète prétend s’introduire dans l’âme des femmes par sa féminité propre, mais aussi dans celle, féroce, des barbares des mers, qui ne peut se rattacher qu’à un Dieu à l’envers ; dieux monstrueux de l’antiquité panthéiste pleins de sang, démoniaques. Il est à la fois les veines tailladées et le couteau ; le corps des femmes et la fureur sexuelle des barbares des mers. Il est cet ensemble de nerfs hystériques féminins, et cette absurde violence. Comment définir les barbares des mers ? Ils sont ce qui est contraire à la loi, le sauvage, le sanguinaire et le cruel, la férocité incarnée. Dans un appel masochiste, le poète s’identifie aux victimes, il demande à être humilié et battu, soumis comme un objet, esclave volontaire et il en est fier, car tel est son attachement explicite aux plaisirs sensuels de l’obéissance. Que la cruauté de ces barbares des mers s’effondre sur lui comme de grands créneaux de châteaux forts ! Que ces hommes inhumains venus du fond des âges anciens le mettent en lambeaux, lui donnent des coups qui fassent plaie ! Puis qu’ils cousent sa peau lacérée de sang ; que leurs baisers soient des fouets, des hachettes d’assaut, avec emportement, qui scellent son appartenance physique dans une frayeur voluptueuse de son désir du plaisir dans la douleur. Donation de son corps à l’emportement sans limite de cette violence déchaînée, devenu simple objet sans volonté mais capable de sentir la férocité de tout dévorer de ces dominants, de ces maîtres, de ces seigneurs des mers, de ces fiers et grands chevaux de bataille dans toute leur animalité. Le poète les somme de le soumettre à la torture, de le mettre en pièces, de l’écarteler, de lui arracher les membres, de le faire tomber à la renverse sur le pont du navire, de répandre son corps dans les profondeurs océaniques ou sur le sable brûlant d’îles perdues.
Finalement le poète nous donne la clef de son texte : c’est une aspiration mystique de prendre sur soi toutes les douleurs du monde, de se soumettre au sacrifice religieux comme le Christ en proie à toutes les humiliations, qui fait exemple. L’érotisme rencontre ici le mysticisme comme cela sera le cas avec Pauline Réage [ hétéronyme de l’écrivaine Dominique Aury ; voir mon article : Amour fou au point de perdre la propriété de son corps, érotisme d’ordre mystique, Pauline Réage, Philo blog du 30 octobre 2015 ] qui a publié à la fois une Anthologie de la poésie religieuse et Histoire d’O.
Key Words : poème, pseudonyme, hétéronyme, cri des victimes, poète sensuel et inquiétant, le champ de la chair, la femme martyrisée, les nerfs hystériques, les barbares des mers, absurde violence, le sanguinaire et le cruel, torture, corps jetés dans les grandes profondeurs ou sur le sable brûlant.
Key Names : Fernando Pessoa [ ce nom portugais « Pessoa », prédestiné, signifie « personne » au sens qu’il n’y a personne, à rapprocher du latin « persona », « masque » ; Alvaro de Campos, un des hétéronymes de l’écrivain ; le marquis de Sade [ dont la famille remonte à la Laure chantée par Pétrarque ] ; Sacher-Masoch ; Jacques Lacan ; Pauline Réage.
Key Works : Patrice Tardieu, Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes, Philo blog 22 juin 2016 ; Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury, Philo blog 12 juin 2016 ; Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote, Philo blog 26 mai 2016 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016 ; Orgasme le plus intense, but sexuel secret atteint, tribadisme, flirt, baisers, trouble, Sapho, Sartre, Philo blog 23 mars 2016 ; Femme passionnée, ardente, orgasme supérieur à celui de l’homme, androgynie, Böhme, Polyclès, Philo blog 23 février 2016 ; La femme soi-disant frigide, tomber amoureux, l’errance, l’inaccompli et l’individu, W.Stekel, Philo blog 29 janvier 2016 ; Mourir à la place de l’autre, rejoindre l’autre dans la mort, revenir à la vie sans l’autre, Verdi, Gluck, Philo blog 29 décembre 2015 ; Séduction érotique, biblique, politique, Judith et Holopherne, Artemisia Gentileschi, Lacan, Philo blog 28 novembre 2015 ; Excitation érotique liée au rêve éveillé masochiste, goût du malheur de femmes, Reik, Hélène Deutsch, Philo blog 4 octobre 2015 ; Masochisme, satisfaction dans la souffrance, honte, humiliation, le Yin, le Yang, Théodore Reik, Freud, Philo blog 16 septembre 2015 ; Voir c’est déflorer, viol par la vue, le voyeur, la pudeur, Actéon dévoré par ses désirs, Klossowski, Philo blog 2 septembre 2015 ; Jalousie, rapport au monde, mourir à l’être comme aimer à la folie jusqu’à la déraison, Lévinas, Sartre, Philo blog 12 août 2015 ; Projet individuel, originel, unique, l’élan du sujet vers l’être, rapport à soi, au monde et à l’Autre, Philo blog 3 août 2015 ; Présence de notre corps visible, surgissement de ce que nous avons à être, comment s’orienter ? Sartre, Philo blog 20 juillet 2015 ; Ce qui fait qu’un être est lui-même, la sensation pure rêverie, l’œil qui se retourne révulsé, Comte, Philo blog 15 juillet 2015 ; Monde concret de la réalité humaine, d’être là et d’avoir son point de vue, existence, néant, Philo blog 10 juillet 2015 ; Toucher et être touché, mon corps objet dans le regard d’autrui, la vision renversée, Sartre, Philo blog 7 juillet 2015 ; Notre corps subjectif, l’effort et ce qui résiste, le moi, l’existence, la liberté, Maine de Biran, Philo blog 4 juillet 2015 ; Mon corps tel qu’il est pour moi, mon corps tel qu’il est pour les autres, mon être, Sartre, Philo blog, 29 juin 2015 ; Explication physiologique cérébrale qui échoue à expliquer le pourquoi, le comment, des passions, Philo blog 13 juin 2015 ; Libre arbitre absolu ou degrés de liberté, de l’indifférence à la poursuite du pire ? Descartes, Philo blog 29 mai 2015 ; Joie, jouissance de l’âme, se donner au désir, à l’amour, éviter la haine, prudence d’Aristote, Philo blog 23 mai 2015 ; Dissimuler ou déclarer sa flamme, passion ardente, langueur, pâmoison, appâts, Charles Le Brun, Philo blog 17 mai 2015 ; Amours passionnées, chercher sa moitié, monogamie, polygamie, tragédie, catharsis, Philo blog 9 mai 2015 ; Cœur supplicié, volé, Rimbaud pendant la Commune de Paris, aventures abracadabrantesques, Philo blog 2 mai 2015, Faire l’amour avec ou sans consentement, concupiscence, impulsion, aversion, Descartes, Philo blog 25 avril 2015 ; Descartes, Casanova, la princesse palatine, la reine Christine, passions de l’âme, sang, nerf, cerveau, Philo blog 19 avril 2015 ; Passions, plaisir, anamnèse du désir brûlant et du délire d’amour, Éros et l’enthousiasme hors de soi, Philo blog 12 avril 2015; L’amour, l’ennui, le cœur et la raison, les passions, Dieu, Pascal, Heidegger, le chevalier de Méré, Philo blog 5 avril 2015 ; Fellation, rite sacré, jouissance et accès à l’au-delà, Isis, approche psychanalytique, Riviere, Klein, Philo blog 22 mars 2015 ; Nostalgie du sein nourricier maternel, objet petit a du fantasme qui prime tout, Freud, Jacques Lacan, Philo blog 1 mars 2015 ; Imago du sein maternel, pleine satisfaction du désir humain, fusion orale comblée, étreinte, Dali, Philo blog 22 février 2015 ; Aragon, chantre des organes de répression, Soljénitsyne poète et écrivain, Philo blog 19 février 2015 ; La famille première unité sociale, la femme médiatrice, Lacan, de Bonald, Comte, Maurras, Philo blog 18 février 2015 ; Lacan et la question du déclin de l’imago paternelle, la haine du père et de Dieu, Philo blog 13 février 2015 ; La flagellation qui provoque la honte en public comparée à l’exhibitionnisme, Havelock Ellis, Philo blog 29 janvier 2015 ; L’enlèvement d’Europe par un taureau, Léda amoureuse d’un cygne, la flûte de Pan, Philo blog 23 janvier 2015 ; Excitation voluptueuse de regarder l’accouplement des chevaux, Alexandre VI et Lucrèce Borgia, Philo blog 19 janvier 2015 ; Picasso, Suzanne surprise au bain par deux vieillards, le livre de Daniel, Philo blog 18 janvier 2015 ; L’être qui vit dans la passion ne peut raisonner, il n’a ni vice ni vertu, Aristote monté et bridé, Philo blog 21 décembre 2014 ; Ce qui se passe quand la femme a le rôle actif, nymphes incarnant les plaisirs érotiques divins, Philo blog 14 décembre 2014 ; Cavalière chevauchant son partenaire qui la prend sur son dos comme un cheval, equus eroticus, Philo blog 7 décembre 2014 ; Luxure de l’attouchement et pudeur du pied érotique, Dieu et sa déesse, son Ashérah, Philo blog 30 novembre 2014 ; Scènes lascives avec les tout petits pieds des chinoises, supérieures aux aphrodisiaques, Philo blog 23 novembre 2014 ; L’anti-Justine de Restif de la Bretonne face à la Justine ou les malheurs de la vertu de Sade, Philo blog 16 novembre 2014 ; Intensité du désir, l’être de la femme tout entier sexuel comme celui des hommes féminins, Philo blog 23 août 2014 ; La porte, les montants et la clef du sexe féminin, la métaphore de la rose pour les amants, les poètes, Philo blog 9 juin 2014 ; Question du déchaînement de la pleine jouissance sexuelle, mais avec qui ? Théories de Freud, Proust, Philo blog 14 mai 2014 ; D’où vient l’éclat de la beauté des femmes ? Pourquoi la splendeur du sensible est-elle illuminée ? Philo blog 27 octobre 2014 ; Secrets d’alcôve, lit conjugal, question de quantité, d’attention ou don des dieux ? Philo blog 7 avril 2014 ; Beauté du sexe féminin chantée par Saint-John Perse, attachement amoureux de la femme, Philo blog 29 janvier 2014.
Fernando Pessoa, Ode maritime ; Sade, Justine ou les malheurs de la vertu ; Sacher-Masoch, La Vénus à la fourrure ; Lacan, Écrits, Séminaires ; Pauline Réage, Histoire d’O.
Patrice Tardieu









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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 11:15

Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes.
Après le souhait impossible de Madame d’Esterval de déranger le cours des astres et son impuissance à outrager la Nature, Sade réfléchit sur la mort apparente et les convulsions des « cadavres », et se lance dans une scène scatologique lubrique, tout en ressuscitant la petite Cécile pourtant déjà assassinée. Il continue à faire l’éloge de Justine : « il n’est pas dans la société une plus belle fille, une plus douce, une plus vertueuse que celle-là », mais il lui fait dire : « Oh juste ciel ! Je serai donc toujours un objet de douleur et de scandale. Hâte-toi de trancher mes jours, Être suprême ; j’aime cent fois mieux la mort que l’horrible vie que je mène ». Cela me rappelle ce que l’on appelait dans l’antiquité grecque « la sagesse du Silène » : mieux vaut « ne pas être né, n’être pas, n’être rien, et mourir bientôt » ; c’est le « mè phunaï » ( « ne pas naître » ) d’Œdipe dans Sophocle où le chœur chante « mieux vaut cent fois n’être pas né » ( Œdipe à Colone , quatrième épisode, vers 1224 ). Il est question aussi de « contrat » signé, et « d’éducation » ( par des « instituteurs » scélérats ), ce qui n’est pas sans évoquer Rousseau ( en négatif ) et son Émile ou De l’éducation ; il s’agit « d’automatiser les âmes » ( allusion aux automates créés par Vaucanson en particulier « le joueur de flûte » ). Suit alors une scène que l’on pourrait qualifier de « surréaliste » où l’imagerie sadique se déploie : on fait mettre à une femme un « bonnet singulier » ; elle est séparée de son mari que par « la plus mince cloison » pour qu’il se délecte de ses hurlements ! Le crâne de la malheureuse est affublé « d’un casque à tuyau, organisé de manière que les cris que lui faisaient jeter les douleurs dont on l’accablait ressemblaient aux mugissements d’un boeuf ». Le mari demande : « Que diable lui font-ils donc, pour la faire beugler ainsi ? » alors qu’il est le commanditaire de ce supplice et qu’il avoue qu’en laissant tout deviner, sans rien voir, à son imagination, celle-ci est beaucoup plus forte que la perception de la scène en question ! On pourrait rapprocher cette torture de celle de Phalaris qui enfermait ses victimes dans un taureau d’airain, sculpté par Périllos, surchauffé. Rappelons que Phalaris était ce tyran d’Agrigente, de 569 à 549 avant J.C., qui se délectait précisément de ces gémissements aussi « suaves » pour lui que la plus belle mélodie !
Roland Barthes s’est intéressé à ce passage de Sade ( dans Sade, Fourier, Loyola ; Sade II, le casque ) qu’il commente de la manière suivante : « sans rien lui ôter de son pouvoir signalétique [ c’est le « jargon » linguistique habituel de Barthes dont il abuse ], le casque dénature le cri, le frappe d’une étrangeté animale, transformant « la femme pâle, mélancolique et distinguée » en masse bovine ; […] le cri est un fétiche [ ici Barthes veut dire que c’est un symbole des victimes ] ». Mais je vais me référer plutôt à la problématique posée par Joseph de Maistre ( dans Les Soirées de Saint-Pétersbourg, Premier entretien ) sur « le bonheur des méchants et le malheur des justes » : « Vous croyez donc que les méchants ne sont pas heureux ? Je voudrais le croire aussi ; cependant j’entends dire chaque jour que tout leur réussit ». Revenons à Phalaris, tyran pendant seize ans, qui prenait beaucoup de plaisirs aux hurlements de ses suppliciés, sans utiliser des exemples plus récents de despotes sanguinaires ou de chefs totalitaires ( comme Lénine, créateur du Goulag, Staline, d’abord bandit de grands chemins, Hitler ou Mao et sa révolution [ anti-]culturelle, anti-civilisation, bilan : 15 millions de morts juste pour cette période, sans parler du Lao Gai, le Goulag chinois, etc.). Pensons aux victimes et à leurs cris…
Conclusion générale [ que j’avais écrite pour mon article du 20 au 24 février 2006 que j’ai publié donc en trois parties, à savoir, 1/ Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote, publié le 26 mai 2016 sur mon Philo blog ; 2/ Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury, publié le 12 juin 2016 ; 3/ cet article-ci : Le cri des victimes, douleur et scandale, bonheur des injustes, Sade, Joseph de Maistre, Barthes, publié le 22 juin 2016 ]: Les nombreux bonheurs que nous avons énumérés [ dans la toute première introduction ] semblent éphémères et ne rentrent que dans la catégorie aristotélicienne de « l’eutukhia » [ la « bonne chance » ], un bonheur protensif de courte durée. Seul Barbey d’Aurevilly dans Les Diaboliques, soutiendra que le bonheur dans le crime peut durer toute une vie, être un bonheur « eudaimonia ». Quant au caractère intensif du bonheur, le guerrier au moment de tuer, le bourreau au moment de châtier, le fanatique au moment de l’explosion violente, doivent certainement éprouver une très forte intensité. Le philosophe devant toute cette variété de bonheurs, peut-il, comme dans l’épigraphe citée de Lucrèce, au tout début, les regarder depuis la « makaria » philosophique [ la « félicité bienheureuse », comme un être humain peut la vivre, utilisant la meilleure partie de lui-même, le « noûs », « l’intellect » ( Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 11, 1101, 20 et X, 7, 1177 b 30 )]?
Key Word : outrager la Nature, la mort apparente, les convulsions, scatologie lubrique, persécution des filles belles, douces, vertueuses, mieux vaut n’être pas né, n’être pas, mourir, automatiser les âmes, imagerie sadique, cris d’un être humain semblables à ceux d’un bœuf, beuglement, l’imagination plus forte que la perception, le taureau d’airain de Phalaris, le bonheur des méchants et le malheur des justes.
Key Names : Sade, Sophocle, Rousseau, Vaucanson, Phalaris, Périllos, Roland Barthes, Joseph de Maistre, Barbey d’Aurevilly, Hobbes, Shaftesbury, Aristote.
Key Works : Patrice Tardieu, Dialectique, taoïste, machiavélique, érotique, phénoménologique et psychanalytique, de la charcuterie, Philo blog 8 février 2007 ; Nietzsche contre Marx, Philo blog 21 février 2007 ; Soleils de l’amour, miroirs de la mort, Philo blog 20 mars 2007 ; Sein, sperme, scybale, objet abject, Philo blog 13 juin 2007 ; Religion positiviste, socratique, chrétienne, islamique, juive, bouddhiste, klossowskienne, Philo blog 26 août 2007[ en deux parties ] ; Seins, l’idole et l’icône (1), Philo blog 26 août 2007, (2) Philo blog ( 6 janvier 2009 ) [schémas des trois idoles] ; Obscénité et violence à l’origine du monde, Philo blog du 12 février 2008 au 4 avril 2008 [ en dix parties ] ; Jouissance inhumaine, Sade, Lacan, Hegel, Philo blog 30 septembre 2008 ; Le marquis de Sade et Diderot, Philo blog 27 avril 2011 ; Isolisme, Sade, Philo blog 4 septembre 2011 ; La philosophie dans le boudoir, Sade, Philo blog 5 septembre 2011 ; Sade, la peine de mort, Philo blog 6 septembre 2011 ; Contradictions de Sade ? Philo blog 7 septembre 2011; Sade et les femmes, Philo blog 8 septembre 2011 ; Klossowski, Bataille, Sade, 10 septembre 2011 ; Maurice Blanchot, Sade, Philo blog 11 septembre 2011 ; L’esprit de négation, Sade, 17 septembre 2011 ; La vie rêvée de Sade, 17 septembre 2011 ; Sade et la religion, Philo blog 18 septembre 2011 ; La féminité de Sade, Philo blog 23 septembre 2011 ; Sade, le hasard et la providence, Philo blog 23 septembre 2011 ; Sade et la pulsion de mort, Philo blog 24 septembre 2011 ; L’Être suprême en méchanceté, Philo blog 25 septembre 2011 ; Le divin marquis et l’isolisme ; Nietzsche, Sade, Aristote et le fouet, Philo blog 1 octobre 2011 ; La Justine du marquis de Sade, Philo blog 5 octobre 2011 ; La jouissance et l’amour selon Sade et Lacan, 6 octobre 2011 ; Transgression des normes sexuelles, morales, sociales et religieuses, Philo blog 8 octobre 2011 ; Sade avec Platon, Philo blog 13 octobre 2011 ; Sensualité, érotisme, pornographie et le divin marquis, Philo blog 13 octobre 2011 ; Lacan, le crime sadique des sœurs Papin, Philo blog 18 octobre 2011 ; Désirs, jouissance et négation, Platon, Hegel, Sade, Lacan, Philo blog 22 octobre 2011 ; Le pénis, le phallus, Freud, Lacan, Sade, Philo blog 24 octobre 2011 ; Sentiments et passion chez Sade et Racine, Philo blog 26 octobre 2011 ; Masochisme et sadisme de Rousseau, Philo blog 29 octobre 2011 ; Sade contre Freud, Philo blog 5 novembre 2011 ; Sade, l’apathie et le stoïcisme, Philo blog 8 novembre 2011 ; Joseph de Maistre, le bourreau Khmer rouge et la profondeur abyssale du mal, Philo blog 9 novembre 2011 ; La séduction du bourreau, cruauté sadique au Rwanda, Philo blog 12 novembre 2011 ; Lucrèce avec Sade, noirceur lucrétienne et apathie sadienne, Philo blog 29 novembre 2011 ; Désir de dévoration, amours anthropophages, Proust, Sade, Dali, Sagawa, Philo blog 5 février 2012 ; Sade, Saint-John Perse, sexe féminin, bisexualité originaire, Philo blog 31 août 2012 ; Vengeance contre l’amour, jouissance refroidie par la jouissance même, Philo blog 1 septembre 2012 ; Simulacre, désir, fantasme, Sade, Klossowski, Aron, la monnaie vivante, Philo blog 3 septembre 2012 ; Sade sur la philosophie, la vérité comme dévoilement et non-consolation, Philo blog 5 septembre 2012 ; Jouissance physique, jouissance intellectuelle, jougs, relation à autrui, Sade, Philo blog 6 septembre 2012 ; Jouissance et crime, état de nature, Sade contre Hobbes, Philo blog 10 septembre 2012 ; Véritable Esprit du libertinage, principes sûrs, immoraux, le bizarre, Sade, Philo blog 12 septembre 2012 ; Crimes hébétés de l’insurrection populaire, le machiavélisme, Sade, Philo blog 12 septembre 2012 ; Chaînes d’or du mal, Plotin, Sade, Éros, Psyché, Saint-Fond, Moloch, Philo blog 16 septembre 2012 ; Jouissance des larmes chez Racine et Sade, Néron, Junie, Bérénice, Titus, Philo blog 5 octobre 2012 ; Aristote, Lacan, Platon, Sade, art, recherche, action, délibération réfléchie, Philo blog 18 novembre 2012 ; Œdipe, douleurs excessives, décombres, terrifiantes prémisses, Sade, Sophocle, Derrida, Nietzsche, Philo blog 18 février 2013 ; Frasques sanguinaires de la divinité, Prométhée enchaîné, âpre orgueil, Joseph de Maistre, Cioran, Philo blog 2 mars 2013 ; Sade blasé de la vie épicurienne, le désir illusion de l’imagination scélérate, lassitude, Philo blog 1 septembre 2013 ; Libertin sadien au milieu de la tempête, être la bouche de l’enfer, force vorace de la nature, Philo blog 3 septembre 2013 ; Taquinerie, sadisme, force, ruse, crédulité, imbécillité, Sade, Racine, Machiavel, Philo blog 5 septembre 2013 ; Luxure et cruauté, utilité du mal, équilibre naturel écologique, Marquis de Sade, Leibniz, Philo blog 7 septembre 2013 ; Avoir les mêmes passions assassines, roses sur les chaînes du mariage, solidité du couple, Sade, Philo blog 9 septembre 2013 ; Contrainte par opinion et non par force, chaînes morales, le mal engendré par le bien, Sade, Homère, Philo blog 11 septembre 2013 ; Expirer en jouissant, volupté excessive, picotement des nerfs, combat des Parques et de Vénus, Sade, Philo blog 13 septembre 2013 ; Elargire incroyablement la sphère des sensations, stimulation des nerfs pour obtenir le plaisir, Sade, Philo blog 15 septembre 2013 ; Rien n’offense la nature aveugle et destructrice elle-même, préjugés de l’enfance, Sade, Hobbes, Philo blog 17 septembre 2013 ; Particularité anatomique intime de certaines femmes qui les assimilent à des hommes, Sade, Philo blog 19 septembre 2013 ; Jouissance de la saignée, ivresse de phlébotomiser passions bizarres jusqu’à l’épilepsie, Sade, Philo blog 21 septembre 2013 ; Rencontre d’un frelon impur et d’un ange, d’un bourdon et d’une orchidée, Proust, Sade, Philo blog 23 septembre 2013 ; Plaisir de la table et luxure, donner des esclaves aux murènes, Apollinaire, Adam Smith, Sade, Philo blog 25 septembre 2013 ; Décadence romaine, dégradation et folie humaine, intempérance, Jules Janin, Nietzsche, Sade, Philo blog 27 septembre 2013 ; Souveraineté de personnages voluptueux, plaisir, angoisse, ne pas édulcorer Sade, Georges Bataille, Philo blog 29 septembre 2013 ; Horreurs sacrificielles, rites religieux, conscience de soi, sadisme, Georges Bataille, Sade, Philo blog 1 octobre 2013 ; Sade donne sa voix à la violence sans se plier aux exigences de la violence, paradoxe de G. Bataille, Philo blog 9 octobre 2013 ; Donner la parole à la violence, c’est l’abuser, la prendre au piège, se jouer d’elle, G. Bataille, Philo blog 11octobre 2013 ; Le grand coït spatial, Madame d’Esterval, déranger le cours de la Nature, Sade, Bataille, Philo blog 14 octobre 2013 ; Éclat insoutenable de l’œuvre de Sade par dérèglement, comme celui du soleil, Philo blog 18 octobre 2013 ; Absolu insupportable de la conscience de soi chez Sade qui l’aveugle, Hegel, Georges Bataille, Philo blog 19 octobre 2013 ; Buste du bourreau, supplice des mille morceaux, Mirbeau, de Maistre, Bataille, Freud, Philo blog 24 septembre 2014 ; L’anti-Justine de Restif de la Bretonne face à la Justine ou les malheurs de la vertu de Sade, Philo blog 16 novembre 2014 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016.
Sade, Justine ou les malheurs de la vertu, La Nouvelle Justine. Roland Barthes, Sade, Fourier, Loyola. Joseph de Maistre, Les soirées de Saint-Pétersbourg. Sophocle, Œdipe à Colone. Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques, le bonheur dans le crime. Soljénitsyne, L’archipel du Goulag. Robert Conquest, La grande Terreur. Simon Leys, Les habits neufs du Président Mao. Jean Pasqualini, Prisonnier de Mao, sept ans dans un camp de travail en Chine. Dai Hsiao-Ai, Mémoires d’un garde rouge. Pierre Illiez, Chine rouge page blanche.




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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 10:56

Bonheur du fanatique et bonheur de décapiter, rage religieuse, enthousiasme, Hobbes, Shaftesbury.
Je continue la publication de l’article que j’avais écrit du 20 au 24 février 2006 par la partie qui concerne le bonheur du fanatique et où j’anticipais sans le savoir sur les événements du 7 janvier 2015 par le propos suivant : « quant à l’humour, il est à craindre que le fanatique en possède peu et même que toute caricature risque d’augmenter sa fureur »…Et, dès la deuxième phrase, je parlais de décapitation par rage religieuse, autre sujet devenu très actuel ! Le voici :
Hobbes consacre la moitié de son énorme ouvrage, Le Léviathan [ monstre qui représente la société ], à la religion. C’est qu’il a fui la guerre civile anglaise pleine de fureurs religieuses et de fanatiques dont les « prophéties » sont souvent la cause des événements, comme la décapitation du roi Charles Premier. « Il serait bien nécessaire d’être très circonspect et attentif avant d’obéir à la voix d’un homme qui, se prétendant prophète, réclame que nous obéissions à Dieu en suivant la voie qu’il nous dit, au nom de Dieu, être celle du bonheur. En effet, celui qui prétend enseigner aux hommes la voie d’une si grande félicité prétend les gouverner : en d’autres termes, les diriger et régner sur eux ; ce qui est une chose que tous les hommes désirent par nature : il sera donc à bon droit soupçonné d’ambition et d’imposture » ( Léviathan, III, 36, éditions Sirey p. 457- 458 [sur 780 pages] ). Mais il y a plus : « L’orgueil rend l’homme sujet à la colère, dont l’excès est une folie qu’on appelle rage et fureur […]. De là vient […] que la trop haute opinion qu’un homme a de lui-même […] sous le rapport de l’inspiration divine […] devient égarement et vertige […], que l’opinion qui professe avec véhémence la vérité d’une chose devient aussi de la rage, si elle est contredite par d’autres » ( Léviathan, I, 8, éditions Sirey, p.70 ). Et il ajoute : « quand l’idée qu’ils sont inspirés s’est emparée des gens, encore que l’effet de cette déraison ne se manifeste pas toujours, chez un individu isolé, par quelque action fantasque issue de cette passion, cependant quand beaucoup d’entre eux s’associent, la rage de la foule entière est manifeste. Quelle marque de folie plus éclatante peut-il y avoir, que de poursuivre ses meilleurs amis avec des vociférations, des coups et des pierres ? Et cependant, de tels actes restent en deçà de ce que fera une foule de cette sorte » ( Léviathan I, 8, éditions Sirey, p.71 ).
Shaftesbury fera le même constat, soixante ans plus tard, dans sa Lettre sur l’enthousiasme : « La panique peut gagner, le témoignage des sens se perdre comme dans un rêve, et l’imagination s’embraser, au point de réduire en cendres, en un instant, chaque parcelle de jugement et de raison. Les matières combustibles sont déjà disposées au-dedans, prêtes à prendre feu à la moindre étincelle, surtout lorsque la multitude est saisie par cet esprit » ( Lettre sur l’enthousiasme, section VI ). « Enthousiasme » est pris ici dans son sens étymologique, il signifie que la personne ou la foule se croit « remplie de Dieu » ( du grec « en Theos », d’où « en-thou-siasme » ). Mais alors quelle antidote appliquer ? Shaftesbury propose d’abord le ridicule comme épreuve de vérité, ce qui permettra de distinguer les vrais des faux prophètes au caractère mélancolique, et comme remède finalement l’humour. Nous pensons que cela ne saurait suffire : le ridicule ne peut provenir que d’un point de vue autre que, précisément, le fanatique ne partage pas. D’autre part la raillerie est-elle un bon critère de vérité ? Les moqueries et les plaisanteries court-circuitent toute réflexion sérieuse…S’il s’agit, maintenant, d’opposer un caractère enjoué et léger à un caractère mélancolique et sombre, un caractère n’est ni vrai ni faux, il est. Quant à l’humour, il est à craindre que le fanatique en possède peu et même que toute caricature risque d’augmenter sa fureur…Le bonheur du fanatique est dans l’opprobre qu’il endure et qui l’encourage à aller jusqu’au martyre…
Key Word : fanatisme, décapitation, fureur, rage religieuse, guerre civile, vociférations, lapidation, foule, enthousiasme, martyre.
Key Names : Hobbes, Shaftesbury.
Key Works : Patrice Tardieu, Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote, Philo blog 26 mai 2016 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016 ; Mourir à la place de l’autre, rejoindre l’autre dans la mort, revenir à la vie sans l’autre, Verdi, Gluck, Philo blog 29 décembre 2015 ; Séduction érotique, biblique, politique, Judith et Holopherne, Artemisia Gentileschi, Lacan, Philo blog 28 novembre 2015 ; Jouissance du projet pour soi, agitation vaine du meneur de peuples, Sartre, Freud, Adler, Marx, Philo blog 21 août 2015 ; Monades toutes nues, Louis XIV et l’Empire ottoman, Informatique, N.Wiener, Philo blog 21 juin 2015 ; Libre arbitre absolu ou degrés de liberté, de l’indifférence à la poursuite du pire ? Descartes, Philo blog 29 mai 2015 ; Cœur supplicié, volé, Rimbaud pendant la Commune de Paris, aventures abracadabrantesques, Philo blog 2 mai 2015 ; Peut-on associer violence et sacré, religion et sagesse, ferveur et exaltation, dogme et fanatisme ? Philo blog 15 mars 2015 ; Aragon chantre des Organes de répression, Soljénitsyne poète et écrivain, Philo blog 19 février 2015 ; Prestige, pouvoir, richesse, comment obtenir les trois biens rares par nature, Jean Baechler, Mauss, Philo blog 24 avril 2013 ; Mariage, don et contre-don de femmes, alliance fondatrice, sinon guerre, esclavage, cannibalisme, Mauss, Montaigne, Philo blog 14 avril 2013 ; Échange avec les dieux, sacrifice d’esclaves, d’animaux, de biens précieux, potlatch, Moïse, Philo blog 10 avril 2013 ; Don et contre-don agonistique des sociétés idylliques premières, Marcel Mauss, la dette, Philo blog 8 avril 2013 ; Négation, nuit de l’esprit, néant vide, effroyable, regarder dans les yeux de l’autre, Hegel, Philo blog 16 décembre 2012 ; Crimes hébétés de l’insurrection populaire, le machiavélisme, Sade, Philo blog 14 septembre 2012 ; Jouissance et crime, état de nature, Sade contre Hobbes, Philo blog 10 septembre 2012 ; Kénose de l’Être, Néant, liberté absolue et mort, crucifixion du réel, la Terreur, la Révolution, Philo blog 4 juin 2012 ; Obéissance aveugle, sacrifice religieux, Abraham et son fils, immolation, angoisse, Sébastien Castellion, Le Caravage, Philo blog 2 avril 2012 ; Impossibilité de connaître une personne, méthode utraquistique, ombre, l’un et l’autre, Philo blog, 8 mars 2012 ; La politique ou l’art d’entretenir les troupeaux, Platon, Philo blog 4 décembre 2011 ; L’homme est un loup pour l’homme, l’état de nature, l’état social, Hobbes, Spinoza, Rousseau, Philo blog 15 novembre 2011 ; Casanova, le peuple et la démocratie, Philo blog 8 novembre 2011 ; Lacan, le crime sadique des sœurs Papin, Philo blog 18 octobre 2011.
Thomas Hobbes, Léviathan. Shaftesbury, Lettre sur l’enthousiasme.




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Published by Patrice TARDIEU - dans politique et religion
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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 10:47

Bonheur de la racaille prolétarienne et de la canaille révolutionnaire, Marx, Baechler, Aristote.
J’avais écrit du 20 au 24 février 2006 un texte sur le bonheur de la délinquance plus ou moins ordinaire. J’abordais le problème d’abord par la réflexion d’Aristote sur le lanceur de pierre et son intention, ensuite par celle de Marx sur ce qu’il appelle « la racaille prolétarienne », enfin sur celle de Jean Baechler sur « la canaille révolutionnaire ». Dix ans plus tard, cet article me semble finalement de la plus grande actualité, tout en restant philosophiquement sans concession mais non sans humour parfois. Le voici avec son épigraphe :
« Il est doux de contempler du rivage les flots soulevés par la tempête, et le péril d’un malheureux qui lutte contre la mort. Il est doux encore, à l’abri du danger, de promener ses regards sur deux grandes armées rangées dans la plaine. Mais rien n’est plus doux que d’abaisser ses regards du temple serein élevé par la philosophie, de voir les mortels épars s’égarer à la poursuite du bonheur ». Lucrèce, De la nature des choses, livre II, « Suave mari magno ».
Bonheur de la racaille de brûler des voitures, bonheur de poignarder pour un regard et puis de jeter une canette sur l’agonisant, bonheur de tuer, devant sa femme et sa fille, celui qui a refusé de céder son appareil photographique, bonheur d’assassiner l’amant qui vous écrivait des poèmes puis de faire croire à un incendie accidentel dans lequel il aurait péri, bonheur dans le crime du couple diabolique qui fait tuer l’enfant par l’autre, bonheur du bourreau de couper les têtes, bonheur du guerrier sur le champ de bataille, bonheur de l’inquisiteur qui torture, bonheur du fanatique qui, en se faisant exploser au milieu de la foule, monte directement au ciel, bonheur de comparer l’extermination des uns avec l’esclavage des autres en créant la haine, bonheur du chef totalitaire de faire condamner dans des procès truqués ses collaborateurs les plus proches et d’envoyer par millions ses concitoyens dans le goulag, bonheur ethnique de massacrer l’autre ethnie la plus proche, bonheur des quinze mille enfants-soldats du Burundi qui ont sauvagement assassiné des adultes et utilisé subsidiairement les filles qu’ils ont violées pour porter leurs affaires et leur faire laver…
Reste au philosophe de conceptualiser tous ces bonheurs. Un certain nombre semble pouvoir se ranger sous le titre générique de « Bonheur de la racaille ». Nous nous demanderons si le mot de « racaille » peut être un concept philosophique ou s’il désigne un fait contingent ou encore s’il s’agit d’un phénomène structurel de la société. D’autres de ces bonheurs paraissent relever d’un autre cas : l’extraordinaire mission de supprimer son prochain…Enfin, subsiste un troisième cas : l’appel religieux au bonheur dans l’au-delà. Il nous faudra établir une typologie conceptuelle du bonheur en fonction du temps en nous appuyant sur les distinctions aristotéliciennes et pouvoir ensuite nous pencher sur la « racaille » avec Marx et son éventuelle pérennité. Puis sur la « canaille révolutionnaire » avec Jean Baechler.
D’abord il faut distinguer hasard, cause vaine et bonheur. Écoutons Aristote : « Le hasard, pour s’en rapporter à son nom même, existe quand la cause se produit par elle-même en vain. La chute d’une pierre n’a pas lieu en vue de frapper quelqu’un ; donc la pierre est tombée par effet de hasard, car autrement elle serait tombée du fait de quelqu’un et pour frapper » ( Aristote, Physique, II, 6, 197b, 25- 30 ) [comme le fait le lanceur de pavé ! ]. Ici on voit que lancer des pierres n’est pas un simple effet de hasard sans intention, sans cause finale ; l’objet ne tombe pas « de lui-même ». Mais il peut y avoir des actions finalisées qui n’aboutissent à rien et qui sont des causes vaines : « Par exemple, on se promène en vue d’obtenir une défécation [ « lapaxis » qui vient du verbe « lapassô » qui signifie « vider, évacuer, rendre le ventre vide »] ; si, après la promenade, elle ne se produit pas, nous disons qu’on s’est promené en vain, et que la promenade a été vaine ; on entend par vain ce qui, étant de sa nature en vue d’une autre chose, ne produit pas cette chose en vue de laquelle elle existait par nature ; car, si l’on s’est baigné en vain, sur ce prétexte que le soleil ne s’est pas ensuite éclipsé, on serait ridicule, cela n’étant pas en vue de ceci ». Se baigner n’a pas pour cause finale de provoquer une éclipse de soleil ; il y a inadéquation et disproportion entre la cause et l’effet supposé à produire [ comme incendier une voiture de police ne supprimera pas la police, au contraire ! ]. La cause vaine est donc une cause qui aurait pu produire un effet mais sans réussite véritable comme se vider le ventre après avoir couru ou s’être promené. Le hasard n’est donc pas une cause vaine qui visait un but sans l’atteindre.
Mais le hasard n’est pas non plus le bonheur, « l’eutukhia ». En grec, l’étymologie est la même qu’en français : « eu » signifie « bon » et « tukhè », « heur » qui vient du latin « augurium », augure, présage, prédiction par observation et interprétation des signes, chance, sort, destinée. « Tukhè » a aussi pour sens, fortune, destin, événement, circonstances. « On parle de bon-heur ( eu-tukhia ) quand un bien arrive [par bonne chance], de mal-heur ( dys-tukhia) quand c’est un mal [ par malchance] » (Aristote, Physique, II, 5, 197a, 25- 30 ). Mais parmi les événements comment distinguer ceux qui ont l’heur [chance ] de nous plaire ? Tout ce qui arrive n’est pas bon-heur ou mal-heur, comme ce qui se produit toujours de la même façon ou simplement fréquemment : « il est évident que l’heur ( tukhè [ la chance] ) n’est dit la cause ni des uns ni des autres et que les effets de l’heur [la chance ] ne sont ni parmi les faits nécessaires constants, ni parmi les faits qui se produisent la plupart du temps » ( Aristote, Physique,II, 5, 196b, 10- 15 ). Il s’agit donc d’événements contingents et exceptionnels, « accidentels ». « Que l’homme soit blanc, c’est un accident [ ce n’est pas nécessaire ], car il ne l’est pas toujours, ni le plus souvent ; mais qu’il soit animal, ce n’est pas par accident [ cela le caractérise, il fait partie des êtres animés comme tous les animaux ] » (Aristote, Métaphysique, E, 2, 1026b, 35 ) . Cependant n’oublions pas que l’heur [ la chance ] ne peut proprement concerner qu’un être susceptible de détermination téléologique [ qui peut viser un but ] mais qui précisément ne la cherchait pas à ce moment là : un homme tout à coup tombe sur un autre qui lui devait de l’argent au moment même où ce dernier touche une certaine somme, voilà l’heur. « Au contraire, s’il est allé par choix et en vue de cette fin, soit qu’il y fréquente constamment, soit qu’il y recouvre son argent la plupart du temps, ce n’est pas effet de l’heur [ la chance ] ». Le dealer qui recouvre son argent en tombant sur celui qui lui devait une certaine somme, sans l’avoir cherché, voilà l’heur. L’heur est donc une activité pratique réussie mais de façon inattendue par un être susceptible de concevoir l’aboutissement de cette activité comme s’il en avait eu l’intention. « D’où résulte qu’aucun être inanimé, aucune bête, aucun enfant en bas âge n’est l’agent d’heur parce qu’il n’a pas la faculté de choisir [ l’objet n’a pas le choix, l’instinct gouverne l’animal principalement, le petit enfant tète par réflexe ] ; ils ne sont pas non plus susceptibles de bon-heur ni de mal-heur, tant qu’il n’a pas la faculté intellectuelle de choisir ; ils ne sont pas non plus susceptibles de bon-heur ni de mal-heur, si ce n’est par métaphore ». Des pierres foulées aux pieds ne sont pas mal-heureuses et d’autres, honorées parce que faisant partie de l’autel consacré par une religion, ne sont pas bien-heureuses. Par contre la pierre lancée peut faire le bon-heur de celui qui lance et le mal-heur de celui qui la reçoit. Mais un siège à trois pieds projeté en l’air sans intention, s’il retombe sur ses pieds, il n’y a ni bon-heur ni mal-heur , c’est hasard que l’on puisse s’asseoir dessus ( Aristote, Physique, II, 197b 15) ; s’il retombe sur la tête d’une personne visée, c’est une autre histoire…Il n’y a pas heur [ chance ] non plus quand la semence produit ou bien un olivier ou bien un homme, c’est un fait de la nature [ de la reproduction naturelle ] à moins de croire avec Empédocle que « de la terre poussaient de nombreuses têtes, mais sans cou, et erraient des bras nus et dépourvus d’épaules, et des yeux flottaient non amarrés au front » ( Empédocle, Fragment 57 ) qui s’assemblent par « tukhè » [ « chance » ]. Par contre les yeux peuvent se retrouver dans l’escalier, séparés de la tête ( cf. Patrice Tardieu, Lacan, le crime sadique des sœurs Papin, Philo blog, 18 octobre 2011 ).
Cependant il y a bonheur [ sentiment de contentement ] et bon-heur [ ce qui arrive de bon ] : « le bonheur (eudaimonia) est regardé comme identique ou presque au bon-heur (eutukhia ) », mais il faut faire la différence. Eutukhia, c’est une seule hirondelle, elle ne fait pas le printemps ( Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 6, 1098a, 15 ). Le printemps c’est eudaimonia qui vous submerge dans la durée. Et il y a là quatre sortes de vie possible : la vie simplement végétative, le « bonheur » de la plante que certains humains connaissent dans le sommeil ; la vie animale active qui est celle de la foule qui confond plaisir et bonheur ; la vie politique à la recherche des honneurs ; la vie de l’homme qui ne se soucie que de richesses qui ne sont pourtant que des moyens ( Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 3,1095b, 15- 1096a). Enfin, au-dessus de l’eutukhia et de l’eudaimonia, il y a la makaria, la félicité philosophique, non pas dans la mort, mais vivant bienheureux comme des hommes peuvent l’être, utilisant la meilleure partie d’eux-mêmes, le « noûs », l’intellect (Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 11, 1101a, 20 et X, 7, 1177b, 30 ).


Mais qu’en est-il du mot racaille ? Peut-il faire partie des concepts philosophiques ? Il existe un auteur qui l’utilise, c’est Marx ! En effet on trouve chez lui l’expression « Lumpenproletariat », or , en allemand, on utilise « lumpen » pour qualifier des gens, une partie de la population, et la traduction exacte est « racaille » ! On pourrait donc plus justement qu’on ne l’a fait jusqu’à présent traduire « Lumpenproletariat » par « prolétariat-racaille » ou encore « racaille prolétarienne ». D’ailleurs, l’expression apparaît dès l’Idéologie allemande et concerne Rome : « Les plébéiens, placés entre les hommes libres et les esclaves, ne parvinrent jamais à s’élever au-dessus de la condition du Lumpenproletariat » ( l’Idéologie allemande ,texte complet, éditions sociales, p.100). Il s’agit donc de la racaille prolétarienne qui n’est capable que de réclamer « panem et circenses », « du pain et des jeux » ( [ les jeux- réalité cruels du cirque romain cf. Juvénal, Satires, X, 81 ]). On la retrouve à l’époque de Napoléon III car c’est grâce à elle, selon Marx, qu’il a été d’abord élu le 10 décembre 1848, puis plébiscité deux fois et enfin proclamé Empereur des Français. « Ce Bonaparte, qui s’institue le chef de la racaille [ Lumpenproletariat ], qui retrouve là seulement, sous forme multipliée, les intérêts qu’il poursuit personnellement, qui, dans ce rebut, ce déchet, cette écume de toutes les classes de la société, reconnaît la seule classe sur laquelle il puisse s’appuyer sans réserve, c’est le vrai Bonaparte, le Bonaparte sans phrase. Vieux roué retors, il considère la vie des peuples, leur activité et celles de l’État comme une comédie au sens le plus vulgaire du mot, comme une mascarade où les grands costumes, les grands mots et les grandes poses ne servent qu’à masquer les canailleries les plus mesquines. […] Dans sa société du 10 Décembre, il rassemble 10.000 gueux, chargés de représenter le peuple. […] Derrière lui, [ c’est] la société secrète des escrocs et des voleurs, la société du désordre, de la prostitution et du vol ». La description que Marx fait de la racaille est particulièrement pittoresque : « A côté de roués ruinés, aux moyens d’existence douteux, et d’origine également douteuse, d’aventuriers et de déchets corrompus de la bourgeoisie, on y trouvait des vagabonds, des soldats licenciés, des forçats sortis du bagne, des galériens en rupture de ban, des filous, des charlatans, des lazzaroni, des pickpockets, des escamoteurs, des joueurs, des souteneurs, des tenanciers de maisons closes, des portefaix, des écrivassiers, des joueurs d’orgues de rue, des chiffonniers, des rémouleurs, des rétameurs, des mendiants, bref, toute cette masse confuse, décomposée, flottante » ( Marx, le 18 brumaire de Louis Bonaparte, éditions sociales, p. 62- 64. ). On voit à quel point la traduction par « racaille » de « Lumpenproletariat » correspond bien au texte même de Marx : « racaille » vient du verbe « rasquer » qui signifie « racler » et qui a donné « raclure » avec l’idée de rebut, d’hommes de rien, de vauriens, de canailles, de « chienlit » ( « qui chie au lit », la « lapaxis » aristotélicienne ! ). D’ailleurs les raclures sont les déchets qui ont été grattés ou ébarbés et qui sont tombés grâce à un racloire, c’est-à-dire un décrottoir en fer ou encore une rasette, outil agricole destiné à couper les mauvaises herbes. On a vu que Marx utilise les termes de « rebut », « déchet », « écume de toutes les classes », « canailleries »…
Ayant établi le concept marxiste de racaille, il nous reste à envisager s’il s’agit d’une couche sociale particulière à une époque donnée ou bien d’une structure générale de la société. Remarquons que, pour Marx, la racaille se trouve aussi bien à Rome dans l’antiquité qu’au XIXème siècle en France, formant une sorte de « racaillocratie » souterraine de la société. Elle est évoquée également par La Fontaine dans Le combat des rats et des belettes , en plein XVIIème siècle :
« La racaille, dans des trous
Trouvant sa retraite prête,
Se sauva sans grand travail ».
(La Fontaine, Fables, livre IV, 6 ).
Notons que cette révolte de la racaille vient du fabuliste grec Ésope qui vécut au VIIème- VIème siècle avant J.C.! Nous pourrions évoquer également « la racaille du Mont Saint Martin » du poète Eustache Deschamps ( 1340 -1407 ).
Et, pourquoi pas, remonter aux Évangiles ( Mathieu, V, 22 ) où l’on trouve le mot grec insultant de « racos » qui signifie « guenille » et qui est une des significations également de l’allemand « lumpen » ( les traducteurs de L’Idéologie Allemande suggèrent « prolétariat en haillons » pour « Lumpenproletariat », d’autres « sous-prolétariat »). On fera simplement la remarque que l’habillement de la racaille peut aller du vêtement en loques ( parfois déchiré avec soin ) au sportswear à la pointe de la mode, ou même sweat à capuche, cagoule, casquette dernier cri, foulard dissimulant le visage…
Toutes ces références semblent faire pencher la balance du côté d’un phénomène structurel social universel dans le temps. Reste à en établir la théorie. C’est justement ce qu’a fait Jean Baechler, historien, sociologue et philosophe, pratiquant la méthode historique comparative et la staéologie (du grec « stasis », le fait de « se dresser contre »). Il distingue trois grandes catégories sociales : l’élite, le peuple et la canaille. Il utilise le mot « canaille » qui vient du latin « canis », « chien », et qui désigne la couche la plus basse de la société, la populace, le bas peuple, une « troupe de chiens ». Mais nous préférons « racaille » à « canaille » car ce dernier terme est employé, de nos jours, pour gronder affectueusement un petit enfant polisson ou un adulte un peu fripon ( « vieille canaille » ). Voici ce qu’écrit Jean Baechler : « Toute hiérarchie sociale se définit en fonction du rapport au pouvoir, aux richesses et au prestige [ les trois biens rares par essence, puisque si tout le monde peut commander à tout le monde, il n’y a plus de pouvoir. Si tout le monde a la même chose, l’idée même de richesse s’évanouit, mais les êtres humains aiment se distinguer les uns des autres. Et si tout le monde peut courir le cent mètres comme tout le monde, par exemple, il n’y plus de prestige ( ici sportif ) ]. Un système social quelconque se fonde donc toujours sur la distinction et l’opposition entre ceux qui accaparent une proportion plus grande de ces biens rares et ceux qui se partagent le reste. Convenons d’appeler élite la première catégorie et peuple la deuxième. L’expérience historique la plus constante impose d’introduire une troisième catégorie, qui regroupe tous ceux qui sont, à quelques égards, exclus du système et dont la proportion varie selon les sociétés et les époques. Nous proposons de nommer cette catégorie la canaille. […] La canaille est composée de tous les exclus du système social, non pas exclus absolument, mais rejetés à la périphérie. Ce sont les clochards, les chômeurs permanents, les bas-fonds, les esclaves…[…] Le système social ainsi défini se retrouve dans toutes les sociétés issues de la mutation néolithique. […] Cela veut dire que, quelles que soient les perturbations introduites par le devenir des sociétés, ce système se retrouve ». Et il ajoute : « La révolution est toujours le fait de l’élite ; c’est en son sein que se fait la décision et c’est d’elle que sort le nouvel ordre. Selon le déroulement, elle est seule à intervenir ou bien le peuple, puis la canaille apparaissent sur la scène ». « Cette catégorie est en permanence hors la loi ou à la lisière de la légalité. De ce fait, ils n’occupent aucune place stratégique dans le système social. Par conséquent à supposer que, par extraordinaire, ils aient des visées politiques consistantes, leurs tentatives sont toujours vouées à l’échec » ( Jean Baechler, Les Phénomènes Révolutionnaires, éditions P.U.F.).
Nous en arrivons à la conclusion sur le bonheur de la racaille. Il ne peut être qu’éphémère, c’est donc un bonheur « eutukhia » [ de courte durée ] selon la typologie d’Aristote. Cependant ces exclus involontaires ou volontaires du système sont une constante à travers l’histoire des sociétés comme nous l’avons vu. Et, par conséquent les « nettoyer », même avec un appareil à haute pression, est une tâche impossible ; on ne peut décaper ce qui est pérenne [ je fais ici allusion à la demande d’une dame du haut de son balcon de banlieue, adressée au premier responsable de l’État ].
Key Word : bonheur de la délinquance, de la racaille, de la canaille, les trois biens rares, pouvoir, richesses, prestige.
Key Names : Aristote, Marx, Jean Baechler, Lucrèce, La Fontaine, Ésope, Eustache Deschamps, Juvénal.
Key Works : Patrice Tardieu, Transgression des normes sexuelles, morales, sociales et religieuses, Philo blog, 8 octobre 2011 ; Lacan, le crime sadique des sœurs Papin, Philo blog 18 octobre 2011 ; Casanova, le peuple et la démocratie, Philo blog 8 novembre 2011 ; L’inhumanité dans l’humain, la banalité du mal, portrait du bourreau, les Khmers rouges, Philo blog 11 novembre 2011 ; La séduction du bourreau, cruauté sadique au Rwanda, Philo blog 12 novembre 2011 ; Lucrèce et Sade, noirceur lucrétienne et apathie sadienne, Philo blog 29 novembre 2011 ; La politique ou l’art d’entretenir les troupeaux, Platon, Philo blog 4 décembre 2011 ; Baudelaire, l’insatisfaction du spleen, des esclaves chargés d’approfondir sa douleur, Philo blog 13 décembre 2011 ; La dialectique du maître et de l’esclave n’existe pas, la Phénoménologie de l’Esprit, Hegel, Proust et les vestiges du jour, Philo blog 1 mars 2012 ; Sade sur la philosophie, la vérité comme dévoilement et non-consolation, Philo blog 5 septembre 2012 ; Crimes hébétés de l’insurrection populaire, le machiavélisme, Sade, Philo blog 14 septembre 2012 ; Plongeon dans la passion, dans la mort, Phèdre, Racine, Aristote, Sénèque, sarcophage de Paestum, Philo blog 7 septembre 2012 ; Aristote, Lacan, Platon, Sade, art, recherche, action, délibération réfléchie, Philo blog 18 novembre 2012 ; L’être qui vit dans la passion ne peut raisonner, il n’a ni vice ni vertu, Aristote monté et bridé, Philo blog 21 décembre 2014 ; Karl Marx et la question juive après l’attentat de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, Philo blog 19 janvier 2015 ; Aragon, Chantre des Organes de répression, Soljénitsyne poète et écrivain, Philo blog 19 février 2015 ; Peut-on associer violence et sacré, religion et sagesse, ferveur et exaltation, dogme et fanatisme ? Philo blog 15 mars 2015 ; Cœur supplicié, volé, Rimbaud pendant la Commune de Paris, aventures abracadabrantesques, Philo blog 2 mai 2015 ; Joie, jouissance de l’âme, se donner au désir, à l’amour, éviter la haine, prudence d’Aristote, Philo blog 23 mai 2015 ; Jouissance du projet pour soi, agitation vaine du meneur de peuples, Sartre, Freud, Adler, Marx, Philo blog 21 août 2015 ; Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse, Philo blog 24 avril 2016.
Aristote, Physique, Éthique à Nicomaque, Métaphysique. Marx, L’Idéologie allemande, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, La question juive. Jean Baechler, Politique de Trotsky, Les Phénomènes révolutionnaires, Les origines du capitalisme, Les suicides, Qu’est-ce que l’idéologie ? , Le pouvoir pur.











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Published by Patrice TARDIEU - dans Révolution
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 19:27

Attentats suicides, prise d’otages, bombes humaines, pirates de l’air, imagination perverse.
Les événements du 7 janvier 2015 ( tuerie des caricaturistes de Charlie Hebdo ), du 13 novembre 2015 ( assassinat des spectateurs du Bataclan et de consommateurs aux terrasses de café ), du 22 mars 2016 ( explosions à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles ) ont horrifié les français et une partie du monde. Pourtant ces attentats politico-religieux ne sont pas nouveaux. Le 25 juillet 1995, dans le métro à Paris, explosait une bouteille de gaz avec des clous ; le 7 février 1984 sont assassinées, sur les Champs-Élysées, deux personnalités opposées au régime iranien. En octobre 2001, cinq universitaires mathématiciens sont arrêtés pour leur projet contre le stade de France pendant le match de football France/ Algérie. La Belgique, depuis les années 1990, sert de plaque tournante et de base arrière ; le « groupe des Bruxellois », constitué de jeunes délinquants idéologisés, est arrêté en février 2003. Au Maroc, à Casablanca, les 15 et 16 mai 2003 se produisent cinq attentats-suicides faisant quarante quatre morts et une centaine de blessés dans des restaurants, perpétrés par des jeunes gens sexuellement frustrés ( ils devaient se contenter de sodomiser des petits garçons déguisés en filles ) rêvant du paradis promis où ils obtiendraient des femmes à la peau blanche ; venus, en face de la voie rapide, du bidonville. En Russie, ce sont les tchétchènes qui frappent. Le 24 août 2004, des femmes avec une ceinture d’explosifs, passent sans problème les détecteurs de l’aéroport et se font exploser en plein vol avec les passagers et l’équipage. D’autres femmes voilées, ceinturées de pains de plastique explosif, prennent en otage sept cent cinquante spectateurs du théâtre de la Doubrovska, le 23 octobre 2002, avec un commando armé qui fait mourir cent vingt neuf personnes par inhalation d’un gaz toxique ! Mais déjà le 14 juin 1995, il y avait eu la prise d’otages de l’hôpital de Boudennovsk, soit mille cinq cent personnes, le personnel médical et les malades ! Et le cauchemar recommence le premier et deuxième septembre 2004, avec cette fois une école primaire à Beslan, la majorité des enfants n’ont pas quatorze ans ! En Espagne, le 11 mars 2004, sont commis dix attentats simultanés qui visent quatre trains de voyageurs à Madrid, mais ce n’est pas le fait des séparatistes basques ! Bilan, deux cents morts et mille cinq cent blessés. En Grande Bretagne, qui est d’une indulgence insigne envers les prédicateurs, le 7 juillet 2005, à l’heure de pointe, trois « bombes humaines » se font exploser dans trois rames de métro de Londres et, une heure plus tard, cela recommence dans un bus à deux étages. Aux Pays-Bas, Théo van Gogh est assassiné, le 2 novembre 2004, pour avoir diffusé un court-métrage à la télévision, protestant contre la condition des femmes soumises aux prescriptions du Coran, en particulier la Sourate quatre, « An-Nisa‘ » ( « Les Femmes » ). Un des lieux remarquables de l’amusement international ( plage, piscines, restaurants, boîtes de nuit ) est sans doute Bali, petite île qui fait partie de l’Indonésie, dite « l’île aux seins nus » ( en réalité, on ne voyait que ceux de rares et très vieilles balinaises, si on les apercevait, car c’était plutôt les femmes venues d’Europe ou d’Australie qui osaient les montrer ). C’est dans ce lieu « paradisiaque » que se produisit le 12 octobre 2002 une explosion contre une discothèque de Kuta Beach qui creusa un cratère d’un mètre cinquante de profondeur, soufflant les vitres dans un rayon de plus de deux kilomètres, tuant deux cent deux personnes et en blessant trois cent vingt six. Cette agression est ce qu’on appelle un « attentat à double détente » : une bombe produit un mouvement de panique qui dirige la foule vers le lieu d’une autre, retardée de quelques secondes et couplée à des bonbonnes de gaz ; avec, en plus, une camionnette « en panne » qui bloque la rue ( la « Jalan Legian » bien connue des touristes), ce qui demande beaucoup de repérage, de planification, de technologie et d’expertise informatique. Rappelons enfin que quinze des dix-neuf pirates de l’air du 11 septembre 2001 étaient saoudiens, de famille très aisée, entrés en Amérique avec des visas en règle ; il n’y avait qu’un seul franco-marocain à s’être fait arrêté un mois avant, son visa étant périmé ( sic !), et qui s’entraînait sur des simulateurs de vol de Boeing 747, ne voulant apprendre qu’à décoller, couper la pressurisation des passagers et arrêter ce qui permet de géolocaliser l’appareil ! Parmi tous ceux qui ont conçu, financé, préparé et agi dans cette opération, il est le seul à avoir été inculpé dans un procès et condamné à la prison. L’embrasement puis l’écroulement des deux tours jumelles du World Trade Center de New York et autres dommages, ont fait deux mille neuf cent quatre vingt morts par la volonté humaine destructrice ( passagers des quatre avions détournés ; employés, visiteurs ; pompiers, policiers ; civils, militaires ), sans compter tous ceux qui ont inhalé le millier de tonnes d’amiante ( qui enveloppait les tuyaux des bâtiments ).
Quelle conclusion tirer de tout cela ? Chercher à endiguer une force passionnelle politico-religieuse, c’est l’exacerber ; la laisser se développer, c’est l’encourager et créer des vocations et des complicités.
Key Word : politique, religion, passion, volonté, imagination, destruction.
Key Names : Charlie Hebdo, Bataclan, Bruxelles, Belgique, France, les Champs-Élysées, stade de France, Maroc, Casablanca, Russie, théâtre Doubrovska, hôpital de Boudennovsk, école primaire de Beslan, Espagne, Madrid, Grande Bretagne, Londres, Pays-Bas, Indonésie, Bali, Kuta Beach, Jalan Legian, Amérique, World Trade Center.
Key Works : Patrice Tardieu, Religion positiviste, socratique, chrétienne, islamique, juive, bouddhiste, klossowskienne, Philo blog 26 août 2007 ; Obscénité et violence à l’origine du monde, Philo blog du 12 février 2008 au 4 avril 2008 ; La guérison du démoniaque, Bourdon, Philo blog du 30 septembre 2008 au 10 octobre 2008 ; La jouissance inhumaine, Sade, Lacan, Hegel, Philo blog 12 et 13 janvier 2009 ; Candaulisme, Nyssia callicysthe, Philo blog du 16 janvier 2009 au 7 mars 2009 [ histoire de Gygès le lydien ] ; Fantasme, mythe, exil, Philo blog du 13 mars 2009 au 23 mars 2009 ; Guerre et sexe, Philo blog 22 février 2011 ; War and Sex, contrivance and might, trickery and deception, Philo blog 9 march 2011 ; Judaïsme, Islam, christianisme, hégélianisme face à Jésus et Marie, Philo blog 2 juin 2012 ; Lumière éclatante sur les rapports sexuels, mariage, le « champ » de la femme, Mauss, Malinowski, Philo blog 16 avril 2013 ; Scènes lascives avec les tout petits pieds des chinoises, supérieures aux aphrodisiaques, Philo blog 23 novembre 2014 ; Luxure de l’attouchement et pudeur du pied érotique, Dieu et son Ashérah, Philo blog 30 novembre 2014 ; Karl Marx et la question juive après l’attentat de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, Philo blog 19 janvier 2015 ; La flagellation qui provoque la honte en public comparée à l’exhibitionnisme, Havelock Ellis, Philo blog 29 janvier 2015 ; Peut-on associer violence et sacré, religion et sagesse, ferveur et exaltation, dogme et fanatisme ? Philo blog 15 mars 2015 ; L’amour, l’ennui, le cœur et la raison, les passions, Dieu, Pascal, Heidegger, le chevalier de Méré, Philo blog 5 avril 2015 ; Amours passionnées, chercher sa moitié, monogamie, polygamie, tragédie, catharsis, Philo blog 9 mai 2015 ; Monades toutes nues, Louis XIV et l’Empire ottoman, Informatique, Leibniz, N.Wiener , Philo blog 21 juin 2015 ; Mourir à la place de l’autre, rejoindre l’autre dans la mort, revenir à la vie sans l’autre, Verdi, Gluck, Philo blog 29 décembre 2015.

Platon, La République, II, 359 b - 360 d [ histoire de Gygès le lydien, problème du juste et de l’injuste : si on est « invisible », alors on peut tout commettre impunément ! ] ; Descartes, Les passions de l’âme [ ce qui « remue » l’âme ] ; Hegel, Phénoménologie de l’esprit [ la dialectique des civilisations ; la terreur et « la furie de la destruction » ].







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Published by Patrice TARDIEU - dans politique et religion
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