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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 23:20

Kierkegaard, le séducteur romantique, tourmenté, intellectuel; souffrances et contradictions

Nous nous sommes arrêtés sur la question d’une reprise possible par notre séducteur, Sören Kierkegaard, philosophe danois tourmenté, avec la jeune Régine Olsen. Kierkegaard ne veut pas d’une fausse reprise, une simple répétition où l’on retrouve tout figé dans le « même ». Peut-être la vie « esthétique » dans l’instant pur du présent du désir, du plaisir et de la jouissance est la seule vraie, sans reprise possible. Plus on avance dans la vie, plus on est insatisfait, plus l’écoulement du temps rend la reprise du « stade esthétique » impossible, rien ne peut revenir comme avant, c’est le drame de l’existence. La mélancolie guette notre séducteur en contradiction avec lui-même. Et s’il fait croire à la jeune fille qu’il va se suicider si elle ne veut pas de lui de nouveau et qu’il reste en vie ? Quel imposteur ! Et si elle refuse et se marie avec un autre ? Quelle farce ! Notre philosophe poète et mélancolique peut-il se passer d’amour ? D’un côté, il est lui-même suffisamment imaginatif, et d’un autre côté, il a du mal à s’engager et peut échapper « aux rets de l’amour-passion ». Sa part « féminine » lui permet de déjouer les pièges de la séduction que toute femme sait exercer. Que sait-il d’ailleurs exactement de cette jeune fille ? Il éprouve des remords de l’avoir engagée dans cette relation et de rompre injustement ensuite. Mais quels seraient les bienfaits pour elle de se lier avec un séducteur romantique et mélancolique ? Et n’a-t-il pas, lui, qu’une image « érotique », un fantasme d’elle ? Cependant peut-être que derrière ce séducteur, qui a rompu avec elle, y-a-t-il quelqu’un qui, à la fois, l’aime et veut la rupture ? Contradiction qui fait la lâcheté et le courage des hommes : « On craint de voir des choses terribles, mais on a le courage de les faire ! Vous abandonnez la jeune fille; voilà une chose terrible. Vous en avez le courage; mais la voir pâlir, compter ses larmes, être témoin de sa détresse : vous n’en avez pas le courage ».

Ce n’est pas la moindre des contradictions de ce séducteur amoureux d’envisager de se faire passer pour infidèle afin que sa bien-aimée se détache de lui ! Cela faisait partie d’un plan « machiavélique » ourdi avec la complicité active de son confident qui avait embauché à cet effet une jolie femme ! On voit là des contradictions insurmontables que je qualifierais de pascaliennes et de non-hégéliennes. Il n’y a pas de « sursomption » ( « Aufhebung » ) chez Kierkegaard.

( à suivre )

Patrice Tardieu

Key word

: reprise possible, pas simple répétition du « même », vie esthétique, vivre dans l’instant présent, désir plaisir et jouissance, insatisfaction, écoulement du temps, drame de l’existence, mélancolie, contradiction avec soi-même, imposture, farce, peut-on se passer d’amour ? ,imaginatif, échapper aux rets de l’amour passion, part féminine de l’homme, pièges de la séduction, remords, rupture injuste, séducteur mélancolique, image érotique et fantasmatique de la jeune femme, lâcheté et courage des hommes, séducteur amoureux, plan « machiavélique », contradictions insurmontables pascaliennes non hégéliennes, la sursomption.

Key names

: Sören Kierkegaard, Régine Olsen, Pascal, Hegel.

Key Works : la Reprise

( Kierkegaard ), les Pensées ( Pascal ), Encyclopédie des sciences philosophiques ( Hegel).

Key word ( allemand

) : Aufhebung.

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Published by Patrice TARDIEU - dans séduction
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commentaires

Saint-Songe© 21/11/2011 17:45


Je ne dirai plus qu'un mot : c'est juste, sauf de l'amitié (l'amistat, même , la supériorité de l'amour, qui le spiritualise dans une énergie supérieure, donc de l'esprit au-delà du corps)...
Certes, sur bien des points, je suis d'à-corps....

Patrice TARDIEU 21/11/2011 21:03



IL faudra revenir sur tout ceci !



Jeanne R. 21/11/2011 16:40



Cher Patrice Tardieu, cher Saint-Songe,
Talleyrand disait (lui qui avait un pied bot, soit dit en passant) le beauté cela fait gagner quinze jours (ou quelque chose d'approchant). Que les femmes ne veillent pas s'accoupler avec des
Quasimodo, on veut bien l'admettre, mais Casanova même édenté a toujours trouvé femmes. D'un côté : le premier (Quasimodo) n'avait qu'un grand coeur à
la place de l'esprit ; tandis que le deuxième (Casanova) avait le savoir-faire, l'esprit pour le faire et l'esprit d'à-propos. L'esprit est donc supérieur à tout dans l'amour, non ?
Il est sûr que Napoléon ne pouvait avoir qu'un mauvais point de vue sur l'amour avec les multiples tromperies de sa Joséphine ; et puis, il ne pouvait gagner sur tous les fronts.

Moi, je dirais que l'amitié et bien plus difficile à définir que l'amour.

"Les contradictions qui font la lâcheté et le courage des hommes" et des femmes.
Il est vrai aussi, qu'un philosophe poète mélancolique ne peut se passer de l'amour comme il ne peut s'empêcher d'y réfléchir, et de l'organiser dans sa pensée.
A vous lire !
Jeanne

Patrice TARDIEU 21/11/2011 21:00



Encore beaucoup de choses intéressantes ! J'essayerais de répondre.



Saint-Songe© 21/11/2011 14:15


chère d'âme Jeanne, elle est de Madame de Staël votre citation, à quoi Napoléon Bonaparte ajouta la sottise (l'amour c'est la sottise faite à deux) ;


qui sème l'amour pourtant devrait récolter la vie à deux, en partage, non pas en séparation : toi tu as ta douleur, moi la mienne , ou voici mon bonheur d'être avec toi, où est le tien ?...
L'amour se lit sur les lèvres des amants, il change sur celles des mariés, pourquoi ?... Qu'aime-t-on en l'autre déjà ? et pourquoi lui (ou elle) et pas un (une) autre ? Si un laideron édenté
très intelligent s'amourache d'une belle qui s'est imaginé un bellâtre, voire un dandy, à leur rencontre réelle, c'est la fuite, la cavalcade ou l'athanor brûlant des désirs réactivé ?..Rien ne
définit l'amour, c'est comme dieu : qu'est-ce qu'on met derrière ?... L'amitié, elle, on sait la définir, mais l'amour ?... Us et coutumes des ébats amoureux changent déjà dans tous les pays de
la planète , c'est dire !... Simule-t-on l'amour comme le plaisir, de la tendresse au coït accompli ?...  Le mariage légitime les relations sexuelles, mais la passion folle ?... Proust : "on
a tort de parler en amour de mauvais choix, puisque dès qu'il y a choix, il ne peut être que mauvais " Les Amants Précieux sont rares, nous apprend Phèdre, aussi... L'amour, madame, L'amour :
ah.... On passe Carmen , ce soir sur ARTE...!

Patrice TARDIEU 21/11/2011 20:50



J'apprécie cette "bataille" de citations et de réflexions !



Jeanne R. 21/11/2011 01:36


Cher Patrice Tardieu et Cher Saint-Songe,
Je vous lis Saint-Songe... Moi, je ne crois pas trop au Paradis, un couple se forme avec deux personnes, une histoire d'amour se vit avec deux personnes, et idem pour un acte d'amour, cela
sous-entend qu'il n'y en a pas un plus responsable que l'autre, les risques ou les torts doivent se partager même dans le désamour ; alors, par principe je partage en deux,
toujours. Est-ce là mon erreur ?
Suivant votre cas, peut-être que cette femme aimante a tout simplement peur que son poète-philosophe la déçoive en prenant corps, vu qu'elle l'a idéalisé, vu qu'elle a vu en lui un esprit ;
l'homme lui, ne s'attache pas à cela ; pourquoi ? là est la question ? Cet homme a peur de souffrir par la femme et non de l'éventuelle déception en la rencontrant.
Je résume : la femme craint la déception venu de l'autre tandis que l'homme craint la souffrance venant de l'autre ; ils ont donc deux approches différentes pour un même sentiment.


Tiens, qui a dit que : l'amour c'est deux égoïsmes qui se rencontrent ?!


Je dirais que plus on approche de la vérité de l'amour, plus cela se complique ; c'est-à-dire que croyant l'approcher voire en saisir l'essence, on s'éloigne du sens de l'amour.
Bien à vous deux,
Jeanne

Patrice TARDIEU 21/11/2011 20:45



Bonne réponse aussi !



Saint-Songe© 21/11/2011 00:44


Grande tristesse et souffrance d'avoir aimé....un poète-philosophe pourrait dire cette femme...., ajoutant : - si je n'avais aimé que le poète, je me serais contentée de sa philosophie, il
s'agissait bien sûr de l'homme poète qu'un tel amour pouvait occasionner , mais en rejetant la goujaterie (?) ou la sincérité (?) de l'homme , la femme peut-elle continuer d'en aimer le
poète-philosophe ?... Et si une femme aime un poète-philosophe, elle pourrait fortement être déçue d'en rencontrer l'homme , alors c'est sans fin cercle vicieux de la douleur et le grand dilemne
: aimer ou non, s'abandonner à la rencontre ou non, souffrir d'aimer ou refuser d'aimer pour ne pas souffrir... Point d'amour sans crainte d'en souffrir, la jalousie se cache dans l'ombre du
couple le plus heureux, et parfois d'une jalousie totalement infondée, d'une ignorance crasse sur un tel désaveu... Du feydeau ou du Guitry, ce n'est plus réjouissant dans l'(in)fidélité...depuis
Eve et Adam , mais si c'était Adam qui aurait commis le "péché" de faiblesse, ainsi tous les hommes sont faibles à cause de lui, non ?...C Q F D........ Bonne nuit....

Patrice TARDIEU 21/11/2011 20:40



Réflexion fort intéressante.



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