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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 00:07

La postérité a retenu de lui surtout ses portraits (qu’il faisait à contrecoeur) et l’audace des ses nus féminins et pourtant il est l’auteur de grandes compositions religieuses, historiques ou mythologiques. Il fut président de l’Ecole des Beaux-Arts et logé à l’Institut, mais détesta les jugements des autorités artistiques au point de ne plus exposer au Salon (la vitrine de l’art au XIXème siècle) après 1834 et de demander l’exil à Rome. Son apprentissage dans l’atelier de David et ses prix de dessin font de lui un anatomiste hors pair, mais il préfère suivre une courbe esthétique, rajouter des vertèbres incongrues, faire une « jambe sans nom, toute maigre, sans muscles, sans formes, et sans pli au jarret »6. Enfin, il est considéré comme peintre néoclassique à la précision extrême (particulièrement dans le rendu des tissus, des plissés, des turbans, des étoffes, des draps et des tentures), et néanmoins, avec raison, comme maniériste néogothique. Si quelqu’un fut « utraquistique », l’un et l’autre, l’autre et l’un, ce fut bien Ingres, « ce peintre chinois [sic! ] égaré dans les ruines d’Athènes » comme le caractérise un critique. Notons toutefois que la « faute » n’en revient pas à Ingres. Prenons le grand statuaire grec classique du Vème siècle av. J.C. qui délivra la sculpture de sa raideur et pesanteur égyptienne : « Polyclète recompose définitivement dans l’abstrait le mécanisme et les formes corporelles. [...] Le type classique est essentiellement inactuel. [...] En réalité, attitude et rythme sont inventés, purement artificiels »7.

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Published by Patrice TARDIEU - dans forme corporelle
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