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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 21:50

Crimes hébétés de l’insurrection populaire, le machiavélisme, Sade.

Sade possédait dans sa bibliothèque Le Prince de Machiavel. Il accentue le « machiavélisme » de Machiavel car ce dernier affirmait comme conduite raisonnable du prince de « faire le bien s’il peut, mais savoir entrer au mal si cela est nécessaire », et il distinguait la « bonne violence » efficace qui se fait qu’une seule fois, et la mauvaise qui se prolonge. Sade en tire les conclusions suivantes qui sont, selon lui, « les mystères du machiavélisme »: le prince doit savoir abuser de ses forces entre la tyrannie et la férocité car la nature a voulu « que le peuple ne fût, dans les mains du monarque, que la machine de son autorité; qu’il n’est bon qu’à cela; qu’il n’est créé faible et bête que pour cela; et que tout prince qui ne l’enchaîne et ne l’humilie pas » cause sa propre ruine en déchaînant « tous les crimes hébétés de l’insurrection populaire ». Sade répond à l’objection rousseauiste que « le peuple en masse est le seul souverain »: « le pouvoir de tous n’est qu’une chimère; il ne résulte aucun effet d’une multitude de forces discordantes, tout pouvoir disséminé devient nul » et par conséquent « chaque peuple ne doit avoir qu’un maître ». En effet le prince débonnaire perd toute autorité et déclenche tous les malheurs selon Sade (il pense à la Révolution Française). Notons que Machiavel disait qu’il « faut battre la Fortune »[au sens latin des « événements »].

Key word : le machiavélisme, entrer au mal si nécessaire, bonne et mauvaise violence, entre tyrannie et férocité, le peuple machine pour l’autorité, les crimes hébétés de l’insurrection populaire, le peuple souverain, chimère du pouvoir de tous, perte de toute autorité du prince débonnaire, la Révolution Française, il faut battre la Fortune.

Key names : Sade, Machiavel, Rousseau.

Key works : Sade, La Nouvelle Justine, chapitre XI; Machiavel, Le Prince; Rousseau, Du Contrat Social.

Patrice Tardieu

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Published by Patrice TARDIEU - dans Marquis de Sade
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commentaires

Jeanne R. 17/09/2012 00:41


Très cher Patrice Tardieu,
Apparemment Sade aurait beaucoup lu, piochant à droite et à gauche pour peaufiner sa pensée, laquelle devait être torturante. On a le net sentiment que le marquis voulait aller au-delà de ses
propres limites.
A vous lire,
Jeanne

Patrice TARDIEU 17/09/2012 19:08



Très chère Jeanne,


il a beacoup lu, mais il se démarque toujours même quand il emprunte.



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