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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 18:04

Casanova, désir mimétique, médiation double, René Girard

Casanova explique que les parents d’une jeune fille sont plus rassurés si elle est accompagnée par une amie qui l’empêchera de « faire des bêtises ». Selon Casanova, ils ont tort : « J’ai su de bonne heure qu’une fille se laisse difficilement séduire, faute de courage; tandis que lorsqu’elle est avec une amie, elle se rend avec assez de facilité; les faiblesses de l’une causent la chute de l’autre. Les pères et mères croient le contraire ». Et il conclut ironiquement que lui, Casanova, le séducteur, mérite l’estime des parents pour cet avertissement !

Mais je vais expliquer l’apparent paradoxe que soutient ici Casanova par la théorie du désir mimétique de René Girard ! La jeune fille seule résistera facilement en face du garçon si elle n’éprouve pas de sentiments pour lui. Cependant, si elle est avec une amie, cette dernière apparaîtra rapidement, peut-être à tort, comme une rivale possible. La médiation double est enclenchée ! Chacune des filles va croire que l’autre éprouve du désir pour ce garçon, il faut donc être la première à répondre au désir supposé du garçon. D’une situation banale où peut-être le désir était absent, naît le désir mimétique fantasmé et la double médiation où chaque sujet est un médiateur pour l’autre sans le savoir dans ce triangle du désir. Cette thèse de René Girard permet d’expliquer la naissance du désir alors qu’il n’y avait pas forcément désir au départ.

Patrice Tardieu

Key word

: séduction, désir mimétique, rôle de l’amie, rôle des parents, rivalité, médiation double, désir mimétique fantasmé, double médiation où chaque sujet est un médiateur pour l’autre, triangle du désir, naissance du désir qui n’était pas là.

Key names

: Casanova, René Girard.

Key works : Mensonge romantique et vérité romanesque

( René Girard ), Histoire de ma vie ( Casanova ).

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Published by Patrice TARDIEU - dans séduction
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commentaires

Jeanne R. 18/11/2011 19:21


Voyez "le manque" est partout parce que vous nous avez manqués, cher Patrice Tardieu !
Bien à vous,
Jeanne

Patrice TARDIEU 20/11/2011 00:33



Merci encore, chère Jeanne



Jeanne R. 16/11/2011 22:32



PS : Vous avez dû rectifier par vous-même ma phrase : "Peut-on le prendre en référence ? Cela est moins sûr !" 



Patrice TARDIEU 18/11/2011 19:11



Pas de problème.



Jeanne R. 16/11/2011 20:40



Cher Patrice Tardieu,
Je vous rejoins tout à fait, dans le cas cité par Casanova par rapport au désir des jeunes filles, et Dieu sait qu'il en connaissait bien les ressorts puisque les jeunes demoiselles ont toujours
eu sa préférence, donc le séducteur qu'il fut a parfaitement raison de mettre en garde les parents... ; et puis, dans ce domaine, ce qui était valable hier, l'est également aujourd'hui.
Du côté des jeunes filles, il y comme une surenchère du désir, l'une envers l'autre, un peu comme si l'objet du désir n'existait pas vraiment. Les coquettes veulent plaire à tout prix, c'est une
bataille de séduction qui commence, l'homme devenant alors leur objet ou leur cible (les rôles sont inversés !). Aussi ce genre de "désir" ne va pas très loin vu qu'il ne débouche que sur
l'immédiateté, celle d'une concurrence ludique. Peut-on le prendre en référence ? Cela est moi sûr ! Parce que dans l'absolu, il y a désir et désir.  L'esprit des jeunes filles étant
plutôt calculateur, de fait, selon moi, il s'agit là d'un simple problème de séduction et non du vrai désir désirant.
A vous lire !
Jeanne



Patrice TARDIEU 18/11/2011 19:03



C'est bien vu . Je vais revenir sur la séduction, chère Jeanne.



Saint-Songe© 16/11/2011 14:55



chère ma d'âme, le "négatif" n'est qu'une forme travestie du positif refoulé, de sorte que je préfèrerais , en tant que sensuel casanoviste, la pureté du réel au flou artistique du vir tu el
(l'homme qui tue son sens sacré), je déteste la froideur du virtuel, quand bien même il est le fleuron moderne, à un sein vu de près sur l'écran je le lui préferai le vrai tenu à pleine dextre,
et d'honorer ainsi la louange à l'aveu de l'aimer plus que tout autre sur internet ! Ma d'âme, en mon royaume, je n'entends que du beau, et sachez qu'à bien finir, le lien virtuel qui nous lie
ici est , quoi que plaisant et doux, un charmant petit lot de lettres de fortune à déposer au compte du Sieur de notre hôte qui en permet l'échange , ô ma d'âme, dussé-je ne jamais nous voir en
réel, j'emporterai au ciel votre nom virtuel, mais qu'en serai-je bien du réel état de votre âme, du bel éclat de votre teint, et de ce petit tétin-là du savoir que le cerveau nous touche à
con-naître : rien ?... Je dirai face à dieu : je n'en ai su que peu, un feu de virtuel sur un bûcher savant... Elle se nomme Jeanne, et que sais-je de plus ?... On se cache facilement derrière
tous les masques  du Virtuel, jamais dedans la profondeur d'un doux et beau regard de femme, ma d'âme... Là, on y tremble de vérité pure, ici comme ailleurs, on n'y est qu'aveuglé, et sourd
(sauf d'une petite sonnerie, qui vous prévient d'un mail, et sonnerie que je n'ai point , hélas, voyez : j'ai la précarité casanoviste, aussi... Ah triste monde !... Allons danser gaiment...)



Patrice TARDIEU 18/11/2011 19:00



Belle réponse aussi !



Jeanne R. 16/11/2011 13:32



Holà, cher Saint-Songe, je vous trouve bien négatif dans votre approche du virtuel, d'autant que vous devriez savoir que cet outil peut faire accoucher de bien belles choses comme nous permettre
de très belles rencontres, aussi vraies que je suis blonde, aussi vraies que je suis une femme. Rassurez-moi, vous ne doutez pas que j'existe comme vous n'avez pas besoin de me serrer la main
pour savoir que je suis réelle ? Alors, il en va de même pour l'internet, c'est du réel virtuel moderne, ni plus ni moins !


Pour rebondir sur le désir, puisque vous le mettait en avant en l'associant avec le manque, l'un n'allant pas sans l'autre nous sommes bien d'accord, j'ajouterais que le désir est toujours
inatteignable ! Est-ce là sa force ou sa forme, je ne sais ?
Bien à vous, cher ami,
Jeanne



Patrice TARDIEU 18/11/2011 18:57



Belle réponse !



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