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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:52

 

Casanova a-t-il aimé les femmes ? Il prétend en avoir aimé des centaines, dans son Histoire de ma vie, et dit-il, « à la folie ».

Mais qu’entend-il par aimer ? « Me sentant né pour le sexe différent du mien, je l’ai toujours aimé, et je m’en suis fait aimer tant que j’ai pu »; cependant, ajoute-il, « j’ai aimé la bonne table avec transport ». Et il compare les femmes à un bon repas, celles qui sentent bon, même celles qui transpirent, analogues au fumet de certains mets fort épicés !

En quoi consiste donc, pour Casanova, exactement l’amour ? Ce ne sont que tromperies réciproques, car, écrit-il « Quand l’amour s’en mêle, on est ordinairement la dupe de part et d’autre », l’amour est une sorte de folie, de maladie à laquelle il s’est livré toute sa vie. L’amour est le dieu de la nature. « Amertume dont rien n’est plus doux, douceur dont rien n’est plus amer ». La femme nue ne l’intéresse pas, il faut de la coquetterie, de la dissimulation, de l’artifice et du faux, du caprice. Amour est un enfant gâté ! Aimons les femmes sans être curieux de leurs « mystères ».

L’amour est lié à la passion et à la jalousie; l’amour ne consulte pas la raison ni au début ni à la fin. Pour bien raisonner mieux vaut être ni amoureux ni en colère.

Casanova amoureux ? En tout cas, il se considère comme « libertin ». Le « bonheur » n’est que dans le plaisir de l’instant ( Casanova reprend ici la thèse d’Aristippe de Cyrène ), la jouissance physique, comme celle que procure aux femmes « M. six coups », ou que met en œuvre Casanova, dans sa « longue carrière libertine », utilisant tous les moyens de la séduction. Cependant il est inconstant, curieux de connaître la diversité des femmes, quittant même une femme avec laquelle il est bien. Pourquoi ? « On ne désire pas ce que l’on possède »; sur ce point, il est d’accord avec le Platon du Banquet ! Mais ne condamnons pas trop vite Casanova, il peut éprouver de la tendresse pour une maîtresse qu’il retrouve, sans vains discours, « fausses attaques » où l’un et l’autre se mentent.

Patrice Tardieu

Key word

: aimer à la folie, aimer les femmes, aimer la bonne table, amour, tromperies réciproques, duperies, folie, maladie, amertume dont rien n’est plus doux, douceur dont rien n’est plus amer, femme nue, coquetterie, dissimulation, artifice, faux, mystères, caprices, enfant gâté, passion, jalousie, colère, opposition à la raison, amoureux, libertin, plaisir présent, longue carrière libertine, tous les moyens de la séduction, inconstance, diversité des femmes, on ne désire pas ce qu’on possède, tendresse.

Key names

: Casanova, Aristippe de Cyrène, Platon.

Key works : Histoire de ma vie

( Casanova ), Les Présocratiques [les Cyrénaïques], Banquet (Platon ), Le libertinage et le divin marquis ( Patrice Tardieu, Philo Blog 08/10/2011 ) où je reprends toute la longue histoire du mot « libertin ».

 

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Published by Patrice TARDIEU - dans séduction
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commentaires

Jeanne R. 04/11/2011 00:50



Revenir sur CASANOVA, oui, plaisir assuré !



Patrice TARDIEU 05/11/2011 01:08



Bientôt !



Jeanne R. 03/11/2011 20:15



PS : Il est bien vrai que l'on ne peut désirer comme il se devrait ce que l'on possède déjà. C'est de la pure logique !



Patrice TARDIEU 04/11/2011 00:42



Effectivement !



Jeanne R. 03/11/2011 19:52



Cher Patrice Tardieu,


N’oublions pas non plus que Casanova était un homme qui toujours  aimait mettre en scène,
un homme de théâtre, en somme ; il devait ce penchant à sa mère, une comédienne. Il allait donc pareillement pour ses plaisirs de bouche mêlaient à ceux de la chair. C’est un conquérant, une
légende vivante, un collectionneur qui, ni plus ni moins, se lançait des défis et le faisait savoir. Oui, un homme de spectacle, très avant-gardiste !


Si l’on considère qu’il n’a jamais vraiment « aimer » dans le sens le plus nobles du terme, on pourrait dire qu’il
s’est fait la dupe de lui-même simplement en jouissance des mots, des mots  pour le dire, à défaut de jouir pleinement du corps d’une femme… oui, là
serait sa réelle jouissance : dans la mémoire des femmes dont il fait l’inventaire via l’écriture. D’autant, qu’il ne demeurait jamais assez longtemps avec une femme pour savoir exactement
ce qu’est le plaisir de la jouissance vraie. De là à dire qu’il préférait observer le beau-sexe plutôt que de l’aimer pour de vrai il n’y a qu’un pas ? Rappelez-vous également sont attirance
pour les très jeunes filles. Je dirais que Casanova ne voulait pas être grand ni adulte mais performant. Non ?


De plus, aurait-il craint - en tombant vraiment en amour - de perdre le contrôle de lui-même, ce qui sied mal à un homme aussi en vue
avec, par surcroît, une réputation des plus sulfureuses qui le précédait ?


A vous lire !


Jeanne R.


 



Patrice TARDIEU 04/11/2011 00:41



Je crois qu'il va me falloir revenir sur Casanova !



Saint-Songe© 03/11/2011 12:02



Que(ue) nenni ! Aimer "cent femmes" (ou autre quota), c'est n'en aimer aucune.


Peut-on tenir agréable conversation avec "sa" femme jusqu'à l'infini du bout de la vieillesse ? question à se poser lors du contrat de mariage stipule l'humain trop humain de qui vous savez...


L'amour est si étrange qu'il est sentiment irrepérable (quand une femme se dit amoureuse, il lui faut contrôler ses désirs, ses envies, car elle se sent, plus que l'homme, engagée dans du
sérieux.... ; c'est du moins le bilan de mes petites sexe-périences....) Bien à vous.



Patrice TARDIEU 04/11/2011 00:30



Bonne réflexion



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