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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 11:26

Les indiens farouches des États- Unis qui ont reçu à la fois l’oppression et les lumières occidentales, Tocqueville. 
Je poursuis la problématique de Tocqueville sur De la démocratie en Amérique. Voici le témoignage direct de Tocqueville qui rencontre une indienne et une femme noire : « Je me souviens que, parcourant les forêts qui couvrent l’État d’Alabama […] vint une indienne […] (du territoire occupé par la nation des Creeks ) […]. Il régnait dans le costume de l’indienne une sorte de luxe barbare : des anneaux de métal étaient suspendus à ses narines et à ses oreilles ; ses cheveux, mêlés de grains de verre, tombaient librement sur ses épaules. [ Une femme noire ] était revêtue d’habillements européens presque en lambeaux. [ Une ] petite créole montrait dans ses moindres mouvements un sentiment de supériorité ». La femme noire avait un attachement presque maternel pour cette enfant blanche, mêlé d’une crainte servile ; l’indienne « un air libre, fier et presque farouche ». Remarque de Tocqueville : « un lien d’affection réunissait ici les opprimés aux oppresseurs, et la nature, en s’efforçant de les rapprocher, rendait plus frappant encore l’espace immense qu’avaient mis entre eux les préjugés et les lois » ( De la Démocratie en Amérique I, deuxième partie, chapitre X ).
Deuxième récit de Tocqueville : « Me trouvant dans l’été 1831 derrière le lac Michigan, dans un lieu nommé Green-Bay, qui sert d’extrême frontière aux États- Unis du côté des Indiens du Nord-Ouest, je fis connaissance avec un officier américain […] qui, un jour après m’avoir parlé de l’inflexibilité du caractère indien, me raconta le fait suivant : « J’ai connu autrefois […] un jeune indien qui avait été élevé dans un collège [ au sens anglais d’ école militaire ] de la Nouvelle Angleterre. Il y avait obtenu de grands succès, et y avait pris tout l’aspect d’un homme civilisé. Lorsque la guerre éclata entre nous [ les patriotes américains ] et les anglais en 1810, je revis ce jeune homme, il servait alors dans notre armée, à la tête des guerriers de sa tribu. Les Américains n’avaient admis les Indiens dans leurs rangs qu’à la condition qu’ils s’abstiendraient de l’horrible usage de scalper les vaincus. […] Le soir [ après la bataille, ce jeune indien ] finit par entrouvrir son habit, [ il y avait ] entre son corps et sa chemise, la chevelure d’un Anglais encore toute dégouttante de sang ». [ Je ferais remarquer que c’est autre chose que le voile ou la perruque, c’est la chevelure comme trophée ! ].
Maintenant donnons l’explication de Tocqueville sur l’« état actuel et avenir probable des tribus indiennes » : « Toutes les tribus indiennes [ qui habitaient le Nord-Est des États -Unis comme les Mohicans…] ne vivent plus que dans le souvenir […]. J’ai rencontré les derniers iroquois : ils demandent l’aumône » […] « les sauvages n’ont pas seulement reculé, ils sont détruits. A mesure que les indigènes s’éloignent et meurent, à leur place vient et grandit sans cesse un peuple immense. On n’avait jamais vu parmi les nations un développement si prodigieux, ni une destruction si rapide » […] « Lorsque les Indiens habitaient seul le désert dont on les exile aujourd’hui, leurs besoins étaient en petit nombre ; ils fabriquaient eux-mêmes leurs armes, l’eau des fleuves était leur boisson, et ils avaient pour vêtement la dépouille des animaux dont la chair servait à les nourrir ».  « Les Européens ont introduit parmi les indigènes de l’Amérique du Nord, les armes à feu, le fer et l’eau-de-vie ».
Réflexion de Tocqueville : « le malheur des Indiens est d’entrer en contact avec le peuple le plus civilisé et j’ajouterais le plus avide du globe, alors qu’ils sont encore eux-mêmes à moitié barbares ; de trouver dans leurs instituteurs, des maîtres, et de recevoir, à la fois, l’oppression et la lumière ».
Key Word : luxe barbare de l’indienne des États -Unis, air libre et fier ; habillement européen en lambeaux de la femme noire servile ; l’enfant blanche créole avec un air de supériorité ; réunion des opprimés et des oppresseurs, les préjugés et les lois ; la coutume indienne de scalper les vaincus, la chevelure sanguinolente ; développement et destruction rapides, armes à feu, fer, eau-de-vie ; peuple très cultivé et oppressif à la fois.
Key Names : Tocqueville, les Creeks, les Mohicans, les Iroquois.
Key Works : Patrice Tardieu, Candaulisme, Nyssia callicysthe [ belle en sexe et en chevelure ] Philo blog 16 janvier 2009 ; Baisers, larmes, cheveux, parfum, Marie-Madeleine et Jésus, Hegel, chrême, Philo blog 10 avril 2012 ; Candaulisme, Nyssia callicysthe, Saint-John Perse, James Pradier, Lucien Clergue, Philo blog 24 juillet 2012 ; Lier, attacher, nouer, entrelacer, l’obligation de rendre et l’assujettissement, Philo blog 12 avril 2013 ; Comment dissimuler, effacer, supprimer le corps, le visage, les yeux, les formes, l’être de la femme, le voile devant la face comme un rideau fermé, Philo blog 16 août 2016 ; Atours, parure érotique, voile ou tête rase ? Le jeu de la séduction, les filles de Sion, de Babylone, Rebecca et Isaac, le Cantique des Cantiques, Philo blog 30 août 2016 ; Onanisme, prostitution, perruque, eaux d’amertume, pudeur et impudeur féminines, Philo blog 8 septembre 2016 ; Le Droit au milieu de la force renversé par les sauvageons, mouvement historique chaotique, Tocqueville, Philo blog 7 octobre 2016.      
 

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Published by Patrice TARDIEU - dans civilisations
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