Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 18:10

Monde concret de la réalité humaine, d’être là et d’avoir son point de vue, existence, néant.
En fait, Sartre est très proche de Descartes et de sa deuxième Méditation où ce dernier montre que notre esprit nous est « plus aisé à connaître » que la matière qui nous est étrangère et déceptive. Sartre oppose le monde « abstrait » des sciences physiques ( il cite Newton, Heisenberg, de Broglie, Einstein ) au monde concret de la « réalité-humaine » (cette expression ainsi écrite avec un trait d’union, est la première traduction du mot « Dasein », concept clef de Heidegger, par Henri Corbin, que Sartre rend, en suivant l’étymologie, par « être-là », « sur cette chaise, à cette table, au sommet de cette montagne » ). Il va nous expliquer également ce qu’il entend par la « facticité du pour-soi » qu’il a présentée comme « une nécessité ontologique [celle de « l’être » ] », c’est-à-dire le fait d’être un « pour-soi » ( « un être qui existe pour lui-même » par contraste avec « l’en-soi », la matière ). Cette nécessité repose paradoxalement sur une double contingence : je ne me suis pas créé moi-même, j’aurais pu ne pas être ( première contingence ), je vois tout d’un certain point de vue [ allusion à Leibniz et à sa Monadologie ? ] mais que mon point de vue soit engagé dans celui-ci précisément à l’exclusion de cet autre, celui-là, est aléatoire ( deuxième contingence ). L’être humain est donc un « néant qu’il a à être » (cette double « contingence » [ « néant » ] qui fonde son « être »). Mais alors il est bel et bien responsable de lui-même sans jamais pouvoir totalement se justifier. D’où l’importance de notre corps jeté au monde, par la naissance, où il se situe et qu’il dépasse.
Key Word : l’esprit, la matière, monde abstrait de la science, facticité du pour-soi, nécessité ontologique, pour-soi, en-soi, double contingence, néant que l’être humain a à être.
Key Names : Sartre, Descartes, Heidegger, Leibniz.
Key Works : Patrice Tardieu, Heidegger, le point de départ [ le Dasein ], I, II, III, IV, [ quatre publications ], Philo blog 5 juin 2011 ; Heidegger, l’être-à-la-mort, I, II [ deux publications ], Philo blog 6 juin 2011 ; L’être-au-monde, extase, temporellité, Heidegger, Philo blog 7 juin 2011 ; Angoisse, ennui, le Néant, l’Être, Heidegger, Philo blog 7 juin 2011 ; L’à-venir et le souci, Philo blog 7 juin 2011, La vérité comme dévoilement, non-oubli, la déhiscence, Philo blog 7 juin 2011 ; Primauté ontologique de la question de l’Être, monstration de l’apparaître, Heidegger, Philo blog 18 août 2013 ; Énigme de l’existence, le proche et le lointain, l’inutilisable, temporellité, dévalement, Heidegger, Philo blog 20 août 2013 ; Sombre nuit, secret, effroi intime, monde, finitude, esseulement, l’être-là, Novalis, Heidegger, Philo blog 22 août 2013; Retour sur l’existence première, deuil originaire, essence de la poésie, Hölderlin vu par Heidegger, Philo blog 24 août 2013 ; Secret caché, inquiétante étrangeté du « rentrer chez soi », retour à l’Être, Hegel, Heidegger, Philo blog 26 août 2013 ; Monades toutes nues, Louis XIV et l’Empire Ottoman, Informatique, Leibniz, N. Wiener, Philo blog 21 juin 2015.
Sartre, L’Être et le Néant. Descartes, Méditations. Leibniz, Monadologie. Heidegger, Être et Temps.
Patrice Tardieu.

Partager cet article

Repost 0
Published by Patrice TARDIEU - dans Philosophie
commenter cet article

commentaires

Saint-Songe 15/07/2015 19:28

Merci de votre réponse (un réconfort, tenez ! ), et, je n'oubliais pas que "méditer la mort, c'est méditer la liberté ; .. /.... « Perdre la vie est perdre le seul bien que l'on ne pourra regretter d'avoir perdu puisque l'on ne sera plus là pour s'en rendre compte." ; et, relire Montaigne et Epicure qui, tous deux, vivaient, souffraient de leur similaire "maladie de la pierre" ? Ils prônaient certes "l'art de vivre malade", mais je puis vous certifier que lorsque la torche vive de la douleur embrase tout le corps, la pensée juste n'est plus aussi vivace, d'ailleurs, quasi absente.. Bien à vous, Saint-Songe

Patrice TARDIEU 20/07/2015 21:01

Cher Saint-Songe,
En ce qui concerne Montaigne, je pense qu'il se réfère au Stoïcisme et à la distinction qu'Epictète faisait entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas.
Quant à Epicure, il prône "la quadruple pharmacie" ( "tétrapharmakon" ) suivante : ne pas craindre les dieux, ne pas avoir peur de la mort, chercher les plaisirs naturels et nécessaires, supporter la douleur qui ne peut pas rester extrême tout le temps.
Patrice Tardieu.

Saint-Songe 13/07/2015 20:43

S'il convient de vivre en "étant" et non sur-vivre en "ayant", je viens de faire l'expérience très concrète de ma réalité "d'être là", dans la terrible souffrance d'une torche vive qui brûle la poche biliaire bouchée par des cristaux, les brûlures se propageant dans tout le sternum et région gastrique, à me tordre d'une douleur telle qu'il m'a fallu m'hospitaliser d'urgence, et, sur mon lit d'hôpital, je puis vous dire que j'ai apostrophé L'Epicurien Tetrapharmacon car décidément non, et pour l'avoir vécu, 78 heures consécutives (entendez : sans répit d'une nanoseconde), sous perfusion de mort-fine (morphine) et Tranxène 25 et autres antibiotique, non : la "DOULEUR", elle n'est pas supportable CAR en elle j'étais, là, avec elle, me brûlant abondamment... Quid de mon DASEIN ?...

Patrice TARDIEU 14/07/2015 16:06

Cher Saint-Songe,
la douleur est une terrible épreuve de notre "être-là" et elle nous montre la fragilité de notre existence qui tient à un fil...Mais elle fait partie de la vie même si elle semble insupportable.
Patrice Tardieu.

Articles Récents

Liens